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Annulation du Congrès 2020 du GREPFA-France

Annulation des journées de formation du GREPFA-France de juin 2020

La situation sanitaire que nous avons traversé nous a contraint à devoir annuler les journées de formation des 11 et 12 juin 2020 à Paris.

Sans possibilité de trouver des dates satisfaisantes de report avant la fin de cette année, le comité d'organisation a définitivement entériné l'annulation de ces journées.

Nous vous informerons de la suite de nos activités dès que nous le pourrons.

D'ici là, vous pouvez continuer à consulter les actes des précédentes journées compilés sur notre site (colonne de gauche). Celui-ci avait rencontré des soucis d'accès, nous empêchant de l'actualiser pendant plusieurs mois: c'est finalement rétabli ! Veuillez nous excuser de ce silence bien involontaire et de ce désagrément.

Nous vous adressons plein d'énergie et d'enthousiasme pour la poursuite/reprise de vos activités auprès des personnes accueillies, des accueillants et assistants familiaux, ainsi que de l'ensemble des professionnels (soignants ou non) de l'Accueil Familial.

Bien amicalement.

L'équipe du GREPFA-France

Congrès Paris 2018

Actes des 13èmes Journées de Formation du GREPFA France

CLIQUER dans Actes des Congrès (à gauche ;)) sur Congrès 2018 à Paris

qui se sont tenues les Jeudi 7 et vendredi 8 juin 2018 à Paris

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Si le lien ne fonctionne pas, contactez le webmestre pour l'en informer.

Déplier Fermer  Congrès 2008 à PARIS

8èmes Journées de Formation 

GREPFA-France 

PLACEMENTS D’ANTAN, ACCUEILS D’AUJOURD’HUI 

 L’INDICATION D’AFT EN QUESTION 

Grand Amphithéâtre CMME - Hôpital Sainte-Anne 

PARIS 

29 et 30 mai 2008 

COMITE D’ORGANISATION 

M. BERNARD, F. BESSON, J.C.CEBULA, S. CHEREF, 

B. GADEYNE, P. GALISSON, J.-M. GENTIZON, D. GORANS, 

R. GOUREVITCH, V. ISTRIA, S. LECOIN, B. MELIARENNE, 

M. RANJCHAPEL-GRANAT, M. REVEILLAUD, C.ROCHE, 

J.J. VAUCHEL, A. VELASCO, D. TRIQUENAUX 

CORRESPONDANCE : 

GREPFA Congrès 2008    http://grepfa.free.fr 

Mme Blanche MELIARENNE 

CMP - 39, avenue de la République 

75011 PARIS - FRANCE 

Tél : (+33) 01.43.57.52.64 – Fax : (+33) 01.43.57.10.33 

e.mail : blanche0808@wanadoo.fr ou sylvain.lecoin@neuf.fr 

CH Sainte-Anne : 

Mme Dominique TRIQUENAUX et Dr Alberto VELASCO 

Centre Hospitalier Sainte-Anne 

Direction des Patients, des Affaires Juridiques et du Secteur Médico-Social 

1 rue Cabanis - 75674 PARIS Cedex 14 - FRANCE 

Tél : (+33) 01 45 65 74 12 

e-mail : d.triquenaux@ch-sainte-anne.fr ou 

  alberto.velasco@wanadoo.fr 

Avec le soutien institutionnel du Laboratoire Lilly, 

et des Laboratoires Bristol-Myers Squibb et Otsuka Pharmaceutical France SAS. 

     

Groupe de Recherche Européen en Placement Familial 

8èmes Journées de Formation 

PLACEMENTS D’ANTAN, 

ACCUEILS D’AUJOURD’HUI 

L’INDICATION D’AFT EN QUESTION 

Jeudi 29 et vendredi 30 mai 2008 

Grand Amphithéâtre CMME - Hôpital Sainte-Anne 

PARIS 

Depuis les colonies familiales et les déplacements de patients vers les campagnes pour vider les 

hôpitaux psychiatriques, l’accueil familial thérapeutique a bien évolué, encadré par un 

ensemble de textes réglementaires. D’instrument de relégation il est devenu une des modalités 

de prise en charge des patients dans l’éventail du dispositif thérapeutique. 

Quelle incidence cette évolution a-t-elle sur l’indication d’accueil familial ? Peut-on seulement 

considérer que l’on est passé d’indication « par défaut » à des indications « positives », 

médicalement élaborées et accompagnées ? 

Désormais partenaires reconnus, quel regard  les familles portent-elles sur les indications 

d’AFT portées par les équipes de soin ? Quelles sont les différences avec les attentes liées aux 

accueils sociaux et avec les placements d’autrefois

En quoi l’émergence de nouveaux modes d’expression pathologique nous incite-t-elle à 

repenser l’offre et  les modalités d’accueil familial ? Comment l’AFT reste-t-il un élément du 

dispositif de soin ? Pour quelles indications ? Les réponses proposées par les accueils 

séquentiels ou à temps partiel sont-elles amenées à se développer voire à se généraliser ? 

Dans un contexte global de réorganisation du système de santé, dans un souci de rationalisation 

des coûts, dans un moment d’encombrement des services de psychiatrie, comment comprendre 

la remise en question dans de nombreux hôpitaux des unités d’accueil familial ? L’AFT reste-t- 

il une «indication rentable » pour les institutions ? 

ASSOCIATION REGIE PAR LA LOI DU 1er Juillet 1901 – Statuts déposés le 23/01/1992 

SIEGE SOCIAL : 39, avenue de la République – 75011 PARIS 

Tél : (+33) 01.43.57.52.64 – Fax : (+33) 01.43.57.10.33 – http://grepfa.free.fr 

N° de Formation Continue : 1175 25 55 675 – N° SIRET : 414204974 – CODE  APE : 913 

JEUDI 29 MAI 2008 

13 heures : ACCUEIL DES PARTICIPANTS 

14 heures : OUVERTURE DU CONGRES 

14 h 30 – 17 h 30 : SEANCES PLENIERES 

14 h 30 : M. Jean GARRABE (Paris) 

 Réponses à l'isolement familial des malades dans l'histoire de la psychiatrie 

 française aux XIXème et XXème siècles. 

15 h 15 : Dr Jean-Michel GENTIZON (Paris) 

 Années 1970 : la fin des colonies familiales. 

16 h : PAUSE 

16 h 30 : M. Fabrice LAURAIN (Amiens) 

 Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil 

en lieu de vie : éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à 

l’action institutionnelle et territoriale

17 h 30 : ASSEMBLEE GENERALE DU GREPFA –France 

VENDREDI 30 MAI 2008 

9 h – 12 h 30 : ATELIERS (Voir détails page de droite) 

12 h 30 – 14 h : DEJEUNER 

14 h 00 – 17h00 : SEANCE PLENIERE 

14 h 00 : Dr Daniel GORANS (Nantes) : « L’étrange place à trois temps. » 

14 h 20 : SYNTHESE DES ATELIERS - DISCUSSIONS 

15h 30 : PAUSE 

15 h 45 : M. Gianfranco ALUFFI (Turin) : 10 ans d’AFT en Italie. 

16h 15 : M. Jean-Claude CEBULA (Nantes) : Histoires et actualités de placements 

              et de déplacements : des indicateurs pour les indications en AFT. 

16 h 45 – 17 h 00 : CONCLUSION DU CONGRES 

DETAIL DES ATELIERS 

Vendredi 30 Mai 2008 

9 h 00 à 12 h 30 

(Pause de 10 h 15 à 10 h 45) 

ATELIER N° 1 : FAMILLE D’ORIGINE ET INDICATION D’AFT 

 

 C. Martin, F. Renard et P. Henin (CMP Yerres) : Quel soin possible pour un patient 

accueilli pris dans la rivalité famille d’accueil – famille d’origine ? 

 

 R. Bocquet, B. Chrzanowski, S. Pereira lopez, P. Favre taillaz, A. Mirdjalali, C. Perrot, 

Dr Velasco (Secteur 3, CH Ste-Anne, Paris) : Famille de naissance. Renaissance en famille. 

ATELIER N° 2 : L’INDICATION POSITIVE D’AFT 

 

 Dr Rochet et J. Jung (CHS Le Vinatier, Lyon) : Vers une spécificité de l’indication d’AFT. 

 

 Dr Pavelka et Mme Guiader (UAFT Essonne) : De l’indication de soin en A.F.T. enfant ; 

 

 Dr Rousset, A. Garcia, Dr Cheref (Secteur 13, CH Ste-Anne, Paris) :L’AFT, outil de soins, 

outil institutionnel : Vignette clinique 

ATELIER N° 3 : REGARDS DES FAMILLES D’ACCUEIL ET DES 

PATIENTS SUR LES INDICATIONS D’AFT 

 

 Dr Gadeyne et l’équipe du Secteur 18 du CH Ste Anne (Secteur 18 CH Ste-Anne, Paris) 

Mots de familles d’accueil sur maux de patients

 

 A. Ausset, E. Léger, G. Loiseau, B. Méliarenne (A.F.T. Secteur G08 CH Esquirol, Paris) : 

Paroles autour du quotidien. 

ATELIER N° 4 : EVOLUTION DES PATHOLOGIES ET DES 

INDICATIONS EN AFT 

 

 Dr Squillante, Dr Bazire, Mme Le Maître (Equipe AFT CHU de Brest) : Placement familial 

thérapeutique un et pluriel 

 

 Dr. Reveillaud et l’équipe AFT du CH Mazurelle (La Roche sur Yon) : Papa, Maman 

A"F"Tachez-moi pour mieux me détacher 

ATELIER N° 5 : PAROLES DE FAMILLES D’ACCUEIL 

 

 Y. Latourte, J-J. Vauchel (AFTA, Le Havre) : Parcours de Françoise après 13 années de 

psychiatrie ; ses progrès depuis son accueil au Lieu de Vie Les Grands Ifs jusqu'au rêve d'un 

appartement 

 

 M. Benzidane (Roissy en Brie) : Profession : accueillante familiale. 


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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 1 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 1 

Dr Daniel GORANS, 

Psychiatre, Nantes 

« L’étrange place à trois temps » 

Je ne sais si l'histoire qui suit relève de ma folie ou de celle de 

toutes les personnes de bonne volonté qui ont voulu m'en extraire. 

J'espère que les sages appelés à la lire ou à l’entendre pourront 

m’aider à y voir plus clair. 

Pour faire court, je suis né il y a un peu moins de trois siècles sans 

pour autant paraître mon âge. Qui plus est, je n'habite pas 

aujourd'hui dans le pays de ma naissance mais n'ai aucun souvenir 

d'avoir voyagé par la route, les mers ou les airs. 

Je réponds au prénom de Robin et puis me remémorer ce qu'il 

advint de moi dès l'âge de quatre ans. À l'époque, mes parent de 

naissance étaient fort occupés à servir de la bière à leurs nombreux 

clients dans le modeste estaminet situé non loin des docks de 

« Three Cranes », près de la berge nord de la Tamise, au cœur de 

Londres. 

À ce que m'a conté mon père, lorsque, devenu plus grand, j'allais le 

visiter à la prison de Newgate, je fus le quatrième enfant à naître à 

la maison. Par chance ou par malchance, les trois aînés, un garçon et 

deux filles, décédèrent peu après leur naissance. De ce fait, ma 

naissance était davantage redoutée que souhaitée. Je fus donc laissé 

à moi-même dès mes premiers jours d’existence dans un petit réduit 

sombre, juste au-dessus de la salle principale de l’estaminet. Une 

servante venait de temps en temps, lorsque ses nombreuses tâches le 

lui permettaient, me donner un sein dont je me dépêchais de tirer le 

maximum vu le peu de temps qu'elle me consacrait. Il paraît d'ailleurs 

que je me faisais facilement oublier, ayant peu recours aux cris et 

pleurs pour attirer l'attention. Je crois que j'avais déjà compris que 

cela n'était pas d'un grand usage : le vacarme qui régnait dans 

l’estaminet n'aurait permis à personne de s'en apercevoir. Ma mère 

ne prenait point soin de moi, préférant trinquer fort tard avec les 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 2 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 2 

derniers clients puis compter l'argent amassé dans la journée. 

Toujours d'après ce que mon père m'a conté, le seul moment où je 

recevais des soins d’elle était le matin lorsqu'elle changeait mon lange 

et faisait le plus vite possible ma toilette.  

Mes parents se querellaient souvent, surtout lorsqu'ils étaient pris 

de boisson. Il leur arrivait de se disputer à mon propos. Mon père m'a 

affirmé qu'il exprimait le souhait de voir ma mère s'occuper 

davantage de moi. J’étais en effet le seul héritier de leur lignée. Il 

espérait aussi que cela éloignerait sa femme des hommes parfois trop 

entreprenants et bien faits de leur personne avec qui elle aimait 

trinquer. Un soir, il y eut une querelle de trop et dans la bousculade, 

ma mère chut en arrière. Sa tête heurta violemment une table. C'est 

ainsi qu'elle mourut et que mon père fut condamné à être emprisonné 

à Newgate. 

Au moment de prononcer le jugement, le Coroner s’émut de mon 

sort. Il demanda à l'un de ses amis, le docteur Whiteless, réputé 

pour les soins qu'il apportait aux enfants, de se préoccuper de mon 

devenir. C'est ainsi que je fus confié, un beau jour de juin 1719, alors 

que j'étais dans ma quatrième année, à la famille Burton1. J’y restai 

jusqu’à l’âge de onze ans. 

À mon arrivée, Mme Burton m'a raconté que je ne pipais mot et que 

j’évitais son regard. Elle fut très surprise de ne jamais m'entendre 

pleurer. J'étais chétif et elle dut suivre attentivement les 

recommandations du docteur Whiteless sur la manière de me nourrir. 

Il paraît aussi que je  dormais fort peu la nuit et lorsqu'elle se levait 

pour me voir, la lueur de la bougie qu'elle tenait à la main lui révélait 

que j'avais le plus souvent les yeux grands ouverts, tournés vers le 

plafond ou bien que je me balançais assis sans bruit. Elle était fort 

désemparée et interrogeait le plus souvent possible le Docteur 

Whiteless à mon propos. Non qu’elle fut inexpérimentée dans 

l’élevage des enfants (elle était mère de trois garçons dont le plus 

jeune avait dix ans et avait accueilli juste avant moi un garçon de huit 

ans), mais rien dans mon comportement ne lui permettait de s'ajuster 

                                                   

1 

 Cf. « Lettres inédites du fils de Gulliver » 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 3 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 3 

à mes besoins. Le docteur Whiteless lui prodiguait ses 

encouragements et son soutien. Il lui conseilla de me parler comme si 

elle imaginait que je puisse comprendre. Elle devait expliquer tout ce 

qui se passait autour de moi et inciter son mari et ses enfants à faire 

de même. Malgré les embarras des rues et ruelles de Londres, elle 

devait m'emmener promener le plus souvent possible et me 

permettre de croiser des enfants de mon âge. Elle était incitée à me 

proposer le plus grand nombre possible d’expériences pour stimuler 

mes sens et me donner de bonnes habitudes.  Il m'arrivait aussi 

d'avoir de spectaculaires crises de colère au cours desquelles je me 

frappais et me mordais. Mme Burton avait trouvé elle-même un 

étonnant moyen de m’apaiser : elle s’asseyait non loin de moi et 

psalmodiait sans se lasser comptines et ritournelles. J'eus d'ailleurs 

vite fait de les retenir et d'en fredonner les mélodies lorsqu'elle 

commençait à me les chanter. C'est ainsi que petit à petit, mes 

violentes colères disparurent. De plus je me mis à répéter les paroles 

contenues dans ces petites chansons et commençai par là même à 

m'intéresser aux échanges à l'aide de mots. Au début, lorsque je 

tenais mes premiers propos, je ne regardais jamais la personne à qui 

ils étaient adressés. Mme Burton dit avoir eu parfois l'étrange 

impression que si par hasard mon regard se posait sur son visage, il le 

transperçait. Son solide bon sens, ses soins assidus relayés parfois 

par ceux de son mari eurent petit à petit raison de toutes mes 

difficultés. Il me souvient de quelques étonnantes rencontres : celle 

de la famille Gulliver et celle d'un étrange M. Swift. Lorsque j’eus 

recouvré suffisamment d'entendement, je fus autorisé à rendre 

visite à mon père, toujours emprisonné. Je me rendis deux fois à 

Newgate. Juste avant la dernière visite, le fils de M. Gulliver m'a 

adressé une lettre dans laquelle il se posait la question de savoir s'il 

valait mieux être en prison ou dans un hospice. Madame Burton m’a 

indiqué que Jack Edward, dont elle s’était occupée avant moi, était un 

garçon tourmenté. Je n’ai à ce jour encore pas compris pourquoi il 

m’interrogeait à ce sujet. 

Le dernier souvenir qui me reste de cette période est celui d'un 

dîner chez M. Swift. Je venais d'avoir onze ans et il souhaitait me 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 4 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 4 

présenter à l'un de ses visiteurs, M. Voltaire, pour vanter les effets 

presque miraculeux des soins prodigués à mon égard par la famille 

Burton et défendre l’idée que d’autres enfants à l’esprit troublé 

pourraient bénéficier du même type de soins dans divers pays 

d’Europe. La discussion allait bon train et messieurs Swift et Voltaire 

citaient souvent les idées d’un certain Monsieur Locke2 qui, selon eux, 

permettaient d’expliquer mes surprenants progrès : tout ce que 

j’aurais acquis résulterait des expériences et  habitudes découvertes 

auprès de la famille Burton. Le Docteur Whiteless, parmi les 

convives, était le plus enthousiaste à soutenir leur point de vue. Tout 

à coup un garçon dans mes âges s’est approché de moi et m’a demandé 

de le suivre. Il m’a dit s’appeler Kevin. Deux adultes, dont la petite 

taille les faisait sembler difformes, nous attendaient dans une pièce 

voisine, une carte de l’univers à la main3. Ils m’entraînèrent vers ce 

qui semblait être une porte. Je crois avoir alors perdu connaissance… 

Je me réveillai seul, en pleine nuit, égaré dans une forêt dense. Des 

bruits étranges, des cris sauvages me firent trembler de peur. Je me 

réfugiai comme je pus dans un arbre pour attendre le lever du jour… 

Je vécus en me cachant dans cette forêt ce qui me sembla une 

éternité. J’y aperçus nombre animaux sauvages, petits et gros, dont 

je sais aujourd’hui les noms : loups, daims, cerfs, sangliers, lièvres, 

hiboux… J’apercevais aussi des humains mais ne comprenant rien à 

leur langage, je m’en dissimulais, perché dans les hautes branches des 

arbres. Je les entendais venir de loin, car ils étaient le plus souvent 

précédés par le jappement de leurs chiens. Il y avait aussi des bruits 

effrayants : coups de cognée pour abattre des arbres et, plus 

violents encore, coups de feu pour tuer des animaux. Je me 

nourrissais comme je pouvais, suivant mon instinct. Je désappris à 

parler. J’abandonnais petit à petit mes vêtements au fur et à mesure 

qu’ils se transformaient en guenilles. 

Un jour, un chasseur isolé qui s’était approché sans bruit, 

m’aperçut avant que je me rende compte de sa présence. Tandis que 

                                                   

2 

 John Locke, philosophe anglais (1632-1704), tenant de la théorie sensualiste, en rupture avec les théories 

innéistes 

3 

 cf. le film « Bandits bandits » de Terry Gilliam, 1982  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 5 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 5 

j’escaladais le plus vite possible le premier tronc venu, il s’accroupit 

au pied de l’arbre et m’appela dans ce langage incompréhensible que 

j’avais déjà entendu de la bouche des bûcherons et des chasseurs. 

Perché, j’attendis qu’il parte, ce qu’il finit par faire. Il revint avec 

plusieurs compagnons et des chiens. La battue permit de me localiser, 

puis de m’attraper. 

Je fus conduit au village le plus proche, ce qui prit plusieurs heures 

tant la forêt était vaste et épaisse. Les villageois me confièrent au 

curé. Il s’enferma avec moi pour que je ne me puisse sauver. Je me 

terrai dans un coin de la pièce, poussant des grognements dont 

j’espérais qu’ils l’effraieraient. Il m’observait tout en me parlant. Sa 

voix était suave. L’on m’a raconté bien plus tard qu’il avait tenté en 

vain plusieurs langues : le français, le latin, le grec puis l’arabe dont il 

possédait quelques rudiments. Après plusieurs semaines au cours 

desquelles je reçus de nombreuses visites, je devins un peu moins 

méfiant et acceptai la nourriture qu’on me déposait dans une écuelle. 

Je repris l’habitude de faire mes besoins dans un seau et finis par 

accepter de me vêtir sommairement lorsqu’il y avait des visiteurs. 

L’on décida alors de me conduire à la capitale pour y rencontrer un 

spécialiste renommé : le docteur Itard. Je compris après que je me 

trouvais en France, en 1819. J’aurais donc dû être centenaire mais 

paraissais avoir une dizaine d’années. Le docteur Itard  décréta que 

j’étais bien atteint d’idiotisme et accepta de m’installer à l’Institut 

des Jeunes Sourds dont il assurait la responsabilité médicale. Je n’y 

séjournai que quelques semaines et rencontrai ce médecin tous les 

jours. Il mélangeait les stimulations de tous mes sens à une espèce de 

dressage pour que je développe un langage et des attitudes 

compatibles avec la vie en société. La vitesse de mes progrès le fit 

changer d’avis. Il décida alors de me soumettre à l’examen de deux 

autres médecins, les docteurs Pinel et Esquirol. Les trois médecins 

étaient très étonnés de m’entendre prononcer les mots avec un fort 

accent anglais. Ils le furent bien davantage lorsque j’eus assez de 

vocabulaire pour leur conter mon histoire londonienne. Ils voulurent 

me forcer à dire que je l’inventais de toute pièce, mais je tenais bon 

et leur insistance provoquait larmes et colères. Tout ce que j’obtins 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 6 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 6 

fut d’être nommé par mon prénom en lieu et place du « sauvage du 

Morvan » comme ils me désignaient jusqu’alors, du fait que l’on 

m’avait trouvé dans la forêt du Mont Beuvray. Le docteur Esquirol me 

déclara alors atteint de « folie raisonnante » et insista sur l’intérêt 

de m’envoyer respirer le bon air de la campagne. Il avait entendu 

parler d’une coutume ancienne et surprenante dans la ville de Gheel, 

proche d’Anvers, où depuis plusieurs siècles les insensés étaient 

confiés à des familles avec l’espoir qu’elles contribueraient un jour à 

la cure de leur folie. Il déclara à ses deux collègues son intention de 

s’y rendre pour voir par lui-même ce qu’il en était4. En attendant, le 

Docteur Itard décida de me confier à une famille de ses 

connaissances résidant près de Montmorency, Monsieur et Madame 

Bonnenfant, lointains parents de Madame Guérin. J’avais rencontré à 

plusieurs reprises, à l’initiative du Docteur Itard, Madame Guérin et 

Victor un jeune adulte au comportement plutôt bizarre. Lors de ces 

rencontres, le docteur nous observait attentivement en silence. Je 

n’appréciais pas Victor qui avait coutume de me saluer en me reniflant 

et en touchant divers endroits de mon corps. Madame Guérin veillait 

toujours à ce qu’il ne m’importune pas trop et je fus surpris de voir 

l’emprise qu’elle avait sur lui. Je compris bien, quelques temps après 

que le Docteur Itard pensait que nous souffrions des mêmes 

troubles, idée à laquelle il renonça par la suite. Le travail qu’il avait 

réalisé avec Victor et auquel la famille qui l’accueillait avait largement 

contribué les avait rendus célèbres.   

A Montmorency, je m’accoutumais à nouveau au bonheur de vivre.  

Mon langage se développa sans me faire oublier complètement ce que 

je savais d’Anglais. L’existence à la campagne me permit d’apprendre 

à nouveau en douceur les règles de la vie en famille, puis en société. 

Les Bonnenfant et leurs deux filles m’y aidèrent beaucoup. Mais dès 

la seconde année, je fus envahi par des sensations bizarres partout 

dans mon corps et surtout dans mon sexe, lequel se transformait bien 

malgré moi et me conduisait à y toucher sans cesse. C’était parfois 

très agréable. Dans le même temps je proposais le plus souvent 

                                                   

4 

  Ce qu’il fit en réalité en 1821 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 7 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 7 

possible aux deux demoiselles Bonnenfant de s’occuper de mon 

superbe objet ou de me laisser jouer avec elles à nous toucher et 

nous caresser. Je fus très chagriné qu’elles s’en offusquent et que 

leurs parents me réprimandent vigoureusement. Ils me conduisirent 

chez le curé de l’église Saint Martin. Ses sermons et menaces 

infernales restèrent vains. Ils demandèrent conseil au Docteur Itard. 

Fort d’une expérience analogue avec Victor, il recommanda de me 

faire pratiquer chaque jour beaucoup de tâches épuisantes, de me 

donner des bains froids et, si cela demeurait insuffisant, de me faire 

absorber une potion apaisante. Je n’eus plus un instant à moi à partir 

de ce jour : je devais couper du bois, étriller les chevaux, nettoyer 

l’écurie, rassembler des pierres pour construire un mur, aider le 

métayer aux travaux des champs… Fort heureusement, il me restait 

la nuit pour m’occuper du centre de mon corps en rêvant aux 

demoiselles Bonnenfant. Cela dura jusqu’à ce que Jeannette, l’une des 

filles du métayer, à peine plus âgée que moi, soit prise des mêmes 

tourments et me propose secrètement de partir nous cacher 

ensemble dans la forêt de Montmorency pour voir si nous pouvions 

nous y aider l’un l’autre. Lassé de la manière dont me traitaient 

désormais les Bonnenfant et dont leurs merveilleuses demoiselles me 

battaient froid, j’acceptai. Nous disparûmes trois jours plus tard. 

J’avais acquis une solide expérience pour trouver des cachettes dans 

une forêt et nous échappâmes ainsi à toutes les recherches et 

battues entreprises. Dans le même temps nous apprîmes plusieurs 

façons très agréables de soulager mutuellement nos tourments. Un 

soir où nous avions mis une ardeur particulière à nous soulager, nous 

nous endormîmes à même le sol et fûmes réveillés au petit matin sans 

ménagement par trois hommes de la maréchaussée. Ils nous lièrent 

les mains et nous raccompagnèrent à Montmorency. J’y fus serré 

dans une geôle où je reçus plusieurs visites. La première fut celle de 

Madame et Monsieur Bonnenfant qui me firent savoir, nonobstant la 

vive affection qu’ils me portaient, leur regret de ne plus pouvoir 

m’accueillir chez eux tant il leur paraissait difficile de m’inculquer les 

bonnes manières et tant ils craignaient pour la vertu de leurs filles en 

raison de mon irrépressible attirance pour les conduites sauvages. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 8 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 8 

Puis vint le curé ; il me laissa entendre que je devais être possédé et 

promit d’intercéder auprès de l’évêque pour que je bénéficie de 

séances d’exorcisme. Le Docteur Itard lui succéda. Il me parla du 

poids probable de l’hérédité me rendant insensible aux efforts de la 

famille Bonnenfant pour contribuer à me sortir de la « folie 

raisonnante » dont je souffrais. Il m’annonça mon proche départ pour 

la Salpêtrière à Paris où le Docteur Esquirol prendrait soin de moi. 

Inutile de préciser qu’aucune de ces visites ne m’enchanta. Je pensais 

autant que possible à Jeannette dont j’étais sans nouvelle. Mes mains 

étaient le plus souvent entravées par des liens rendant impossible le 

moindre soulagement de mes tourments. Jour après jour, ma 

sauvagerie m’envahit à nouveau.    

Deux solides valets de ferme avec qui j’avais travaillé furent 

chargés de m’escorter dans la diligence qui desservait Montmorency 

pour Paris. A destination le Docteur Itard prit le relais pour me 

conduire à la Salpêtrière où il me recommanda à deux gardiens. Je 

fus impressionné par la taille des portes qui se refermèrent derrière 

moi. Je me sentais inquiet. Soudain, deux petits êtres au visage 

grimaçant jaillirent d’une porte latérale et firent des pitreries pour 

attirer l’attention des gardiens. Dans le même temps, à l’opposé, une 

petite voix m’appela doucement en anglais. Je reconnus Kevin et ses 

complices et n’hésitais pas une seconde à me précipiter à leur suite, 

puis perdis connaissance… 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, je me suis réveillé sur le 

parvis de la gare de Lille Flandre, il y a tout juste deux ans. J’avais 

froid et faim, je me sentais sale. Mes vêtements me semblaient 

étroits. Ils étaient déchirés par endroits. Je percevais que mon 

corps avait changé, grandi et forci comme celui d’un adulte. Une 

femme en blouse blanche était penchée au dessus de moi et me 

parlait avec gentillesse. Elle me proposa, à ce que je compris, de la 

suivre à l’intérieur d’une grosse boîte montée sur des roues, dont le 

haut des parois était transparent. Je me sentais perdu. Sur le côté 

de la boîte, une inscription. Aujourd’hui, j’ai compris qu’il s’agissait 

d’un véhicule du S.A.M.U social. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 9 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 9 

De fil en aiguille, j’ai été hospitalisé à l’E.P.S.M. Lille Métropole. Je 

suis soigné par un médecin psychiatre très aimable. Le seul point de 

désaccord entre nous est qu’il me considère atteint d’un délire 

chronique tant mon histoire le laisse incrédule. Il a lui aussi eu besoin 

de demander l’avis de plusieurs de ses éminents collègues. Ils m’ont 

expliqué la nécessité de prendre des médicaments, des N.A.P. 

nouvelle génération, que l’on fait rentrer dans la chair de mes fesses 

par une fine aiguille tous les quinze jours. Rien à voir avec le plaisir 

que je tirais de la façon dont Jeannette s’intéressait à cette partie 

de mon corps ! Le récit que j’ai fait de mes séjours dans différentes 

familles a donné l’idée à mon psychiatre, après six mois passés à 

l’hôpital, de me proposer une prise en charge en S.A.F.T associé à un 

H.J. Pour mettre cela en place il a d’abord fallu que je bénéficie de la 

C.M.U et d’une A.A.H gérée par un tuteur du fait de mon incapacité 

constatée par un expert. J’ai été très heureux d’apprendre que tout 

un dossier avait été transmis à mon sujet à la M.D.P.H. ainsi qu’à la 

C.P.A.M. Mon psychiatre, invoquant mon droit à l’information, a eu la 

gentillesse de m’expliquer que la V.AP. l’obligeait à renseigner le 

R.I.M.Psy à l’aide de la C.I.M 10. J’ai ainsi su que je souffrais de F22 

sans qu’il soit possible de trancher entre les sous items qui vont de 0 

à 9. J’en ai conclu à la nécessité de n’utiliser que la première lettre 

de chaque mot pour espérer être mieux compris. Je m’y exerce sans 

succès avec Georgette et Albert Faluche, ma nouvelle famille 

d’accueil. Ils sont très gentils et habitent une petite maison coincée 

entre deux autres dans une rue sans issue. J’y ai ma chambre et c’est 

bien plus calme qu’à l’hôpital, sauf les jours où ils reçoivent leurs 

enfants et petits enfants. Ces jours là je préfère aller me promener 

seul au Bois de Boulogne ou faire un tour au marché de Wazemmes. 

J’ai moins peur qu’au début de tous les engins à roues qui passent 

très vite à côté de moi ou qui coupent ma route en faisant beaucoup 

de bruit. Une fois, j’ai même voulu visiter l’Hospice Comtesse.  Cela 

m’a donné une idée pour répondre à la question de Jack Edward 

Gulliver sur l’hospice et la prison, sauf que je ne sais pas à quelle 

adresse lui écrire. J’y ai vu tableaux et objets qui ont à peu près mon 

âge et qui comme moi, ne paraissaient pas si vieux que ça. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 10 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 10 

Georgette et Albert font tout un travail avec moi pour favoriser 

mon autonomie. Ils n’emploient pas d’abréviations et me paraissent de 

ce fait plus humains qu’à l’hôpital. Lorsque j’évoque mon passé, ils ne 

me contrarient jamais, un conseil de mon psychiatre parait-il. A 

l’hôpital de jour, la plupart des autres m’évitent, ils disent ne pas 

toujours comprendre les mots que j’emploie. Elodie, ma meilleure 

copine, aime bien : elle prétend que je parle comme dans les films qui 

se passent il y a plusieurs siècles. Le psychiatre de l’hôpital de jour 

dit que la préciosité de mon langage est un signe de mon délire. Je 

trouve qu’il se moque un peu de moi. Il me fait rencontrer la 

psychologue toutes les semaines. Elle pense que la richesse de mon 

langage exprime la profondeur de ma subjectivité et parfois 

l’archaïsme pulsionnel de mon inconscient. Je ne comprends pas ce 

que ça veut dire, mais elle en parle surtout quand je lui raconte tout 

ce que j’aimerais faire avec Elodie en me souvenant de Jeannette. 

Avec Elodie je n’en parle pas, elle n’est pas comme la psychologue qui 

me demande de dire tout ce qui me passe par la tête…Alors j’attends 

qu’elle devine mais c’est bien long ! 

Toutes les semaines, Martine, mon infirmière référente du S.A.F.T. 

vient en V.A.D. discuter avec moi et la famille Faluche. Elle trouve 

que je fais des progrès pour l’autonomie et va proposer à mon 

psychiatre que je bénéficie bientôt d’un appartement thérapeutique. 

Je ne suis pas contre, si ça me permet d’y passer du temps 

thérapeutique avec Elodie… Mon psychiatre, je le rencontre toutes 

les deux semaines au moment de la piqûre. Il continue à hocher la 

tête d’un air entendu quand je lui parle de mon âge ou que je compare 

les trois familles qui m’ont accueilli à travers les âges. Il m’a même 

menacé de me ré hospitaliser si je persistais dans mes propos. Alors 

j’évite ces sujets avec lui, même lorsqu’il me tend un piège en me 

proposant d’en discuter : je souris sans dire un mot jusqu’à ce qu’il me 

pose une autre question : je préfère mille fois être en famille 

d’accueil qu’en prison, geôle, hospice ou hôpital !  

        

                                                 Au mois de mai 2008, Daniel Gorans 

     

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 juin 2008) 11 

D. GORANS « Létrange place à trois temps ! » 

 11 


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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 1 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

« Le choix institutionnel de développer l’accueil familial 

thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie : éléments d’une 

décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action 

institutionnelle et territoriale » 

Fabrice LAURAIN 

Directeur d’hôpital 

Directeur du GIP TELEMEDECINE de PICARDIE 

Mesdames,mesdemoiselles , messieurs, ce qui me vaut le plaisir d’être parmi vous 

aujourd’hui n’est sans doute pas ma qualité de directeur d’une structure de 

coopération sanitaire public-privé qui développe des solutions collaboratives et 

mutualisées de transfert d’images, de données , des dossiers médicaux et médico 

sociaux partagés, mais plus un parcours professionnel qui depuis plus de vingt 

années maintenant, m’a amené à traverser les services de protection de 

l’enfance, les services de l’Etat, des établissements de santé, et qui au détour de 

mes pérégrinations géographiques me donna l’occasion de croiser multitude de 

professionnels , d’usagers, de familles, d’élus, avec quelques constantes : 

je suis un forcené du droit des gens à une vie sociale aussi banale que 

possible, et de la liberté individuelle, du droit inaliénable à l’accès au droit 

commun ; 

je m’estime un professionnel militant du respect des compétences des 

professionnels de santé et socio éducatifs 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 2 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

je suis pétri de la conviction que les lois et règlements sont tout sauf 

inutiles, mais au contraire sont une référence qui permet , notamment vis- 

à-vis des catégories d’établissements et services , les uns sanitaires, les 

autres médico sociaux, et sociaux, de cadencer le parcours de soins et de 

réinsertion des usagers, et qui peut et doit fonder une clarté du dialogue 

entre l’usager , le professionnel et les institutions sur sa situation exacte 

au regard de la maladie mentale, du handicap, de la dépendance, des droits 

ouverts ou potentiels ; 

bien sûr ce ne sont pas mes seules convictions ; j’ai aussi celle, bien chevillée, 

que si la société peut légitimement être admirative du travail et de la 

compétence, du dévouement des professionnels qui interviennent auprès des 

personnes souffrant de pathologies mentales, elle a aussi le droit et le devoir 

à travers son administration d’être exigeante , et même très exigeante vis-à- 

vis de ces mêmes professionnels, au nom des usagers, au nom des ressources 

que la collectivité consacre à la santé des plus fragiles d’entre ses citoyens ; 

quand il m’a été demande d’évoquer ,initialement, les aspects budgétaires et 

financiers de l’accueil familial thérapeutique, j’ai immédiatement répondu que 

je ne donnerai pas de chiffres, mais vous proposerai quelques éléments de 

réflexion  sur les motifs institutionnels, les bons, les moins bons, les 

franchement mauvais, qu’il m’a été donné de constater, quant au 

développement des places d’accueil familial thérapeutique pour les malades 

mentaux ; je ne citerai pas d’exemple nominatif, je ne prétendrai aucunement 

entrer dans la dimension du soin et du sens que peut avoir le placement 

familial thérapeutique ( ou l’accueil familial thérapeutique dans une version 

plus satisfaisante ) dans un parcours de soins, encore que l’on peut constater 

que dans certains établissements, le placement familial thérapeutique a été 

plutôt la fin du parcours… 

j’évoquerai successivement : 

les considérations qui ont pu permettre ou provoquer le développement de 

services d’accueil familial thérapeutique par des établissements de santé 

mentale,  

les modifications fondamentales que devrait induire la loi de 2005, la 

création des maisons départementales des personnes handicapées, de la 

prestation de compensation 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 3 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

les potentialités offertes par la création des agences régionales de santé 

et leurs limites ; 

les facteurs de choix essentiels que sont avant toute autre chose la 

dynamique soignante et de réinsertion, le projet institutionnel, le projet 

de vie, le projet de soins, les réseaux de partenariat et de confiance qui 

seuls , patiemment tissés et entretenus, peuvent être la clef du 

développement des solutions d’accueil familial thérapeutique de bonne 

qualité 

deux idées à retenir, si ce n’est que deux, dans mon intervention : 

il ne faut pas se laisser enfermer dans une logique de « moins cher, plus 

cher , que quoi ? que l’hospitalisation à temps plein, alors que l’on sait qu’un 

lit vidé devient un lit rempli immédiatement, pour de bonnes ou mauvaises 

raisons ? qu’une sortie vers du logement autonome, avec quel suivi ? de quel 

coût parle t on ? de quel tarif parle t on ? l’accueil familial thérapeutique 

est un mode d’hospitalisation, il suppose une équipe, une veille, un suivi , 

des outils ? qu’est ce qui est comparable ?ne pas se laisser enfermer dans 

la logique du tarif qu’on perçoit et du tarif qu’on paye est une nécessité 

pour le soin et la réinsertion ; car de toutes les façons, quand il faut 

opérer, on opère, quand il fait prescrire, on prescrit, quand on réinsère, on 

doit aussi le faire sur une considération de besoin et de projet ; l’élément 

financier est une contrainte, mais c’est celle du gestionnaire ; un service a 

toujours un coût, et il génère toujours des recettes pour l’établissement 

de santé ; de même la réinsertion d’un malade mental va générer des coûts 

sociaux ( suivi social, droit au logement, soins ambulatoires, prestations de 

compensation ) ; faut il les rajouter, et à quel sous total absurde ?  

l’accueil familial thérapeutique doit être une passerelle vers le droit 

commun des personnes dépendantes, et rien ne saurait plus justifier, pas 

plus qu’avant d’ailleurs, alors que depuis 1989 les dispositifs d’accueil 

familial des personnes âgées et handicapées ont été fixés par la loi, il soit 

refusé à un malade mental de constater ses incapacités et sa dépendance 

et son droit à la bienveillance de l’aide sociale départementale, à l’AAH, 

aux orientations et accompagnements vers des établissements et services 

d’accompagnement adaptés et tarifés et financés selon le droit commun ; 

rien, sinon l’incapacité des uns et des autres à sortir des frontières 

institutionnelles entre qui paye quoi, sans réelle considération du besoin 

des gens, l’absence de dialogue s’est souvent installée entre ceux qui 

s’estiment incompris et avoir affaire à des services de conseils généraux 

et des associations spécialisées dans le handicap mental ou moteur qui 

font preuve de mauvaise foi pour préserver les budgets sociaux à leur 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 4 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

avantage exclusif, et ceux qui se plaignent d’un hermétisme des 

psychiatres et de leurs équipes et de la soit disant volonté de l’ARH de 

faire des économies et dégager du sanitaire vers le social à tout prix 

et notre patient dans tout cela ? 

1- LES CHOIX HISTORIQUES DES INSTITUTIONS 

 

 

Le développement des accueils familiaux thérapeutiques a pu avoir plusieurs 

facteurs déclenchants dans les établissements de santé mentale 

UNE AUTRE EPOQUE ?: 

d’abord dans les meilleurs des cas un projet d’un médecin, d’une institution 

, délibéré, de privilégier une vie pour des patients chroniques, qui les 

ramène à une culture connue, familière, celle du milieu agricole, rural, des 

travaux aux champs et de la vie au village ; certes la qualité des lieux 

d’accueil est un autre débat, mais à tout une bonne intention et une 

stratégie perceptible des équipes ; bien entendu la qualité de la 

surveillance des lieux d’accueil et du suivi des patients est elle aussi 

concrètement très aléatoire au cours de la vie des institutions ; parfois le 

meilleur, souvent le médiocre, parfois le pire ; 

il y a eu aussi, comme pour l’ « accueil des petits orphelins » et des 

« petits abandonnés », des motivations plus particulières et plus utilitaires 

des ruraux, recherche d’argent, de main d’œuvre ; ces petites gens bien 

souvent, ou ces paysans aisés, trouvant auprès des déficients intellectuels 

et mlades une main d’œuvre certes parfois peu productive, mais malgré 

tout docile, habituée à des rythmes de vie, des gestes, des attitudes 

familières de vie, dans un milieu somme toute rude pour tous, où 

l’affection et les sentiments avaient peu de place ; dans ce cas le sort du 

patient a souvent peu différé de celui des ouvriers journaliers , des 

petites mains. Le débat peut par contre s’ouvrir au sujet de ces 

placements beaucoup plus récents, en familles d’accueil ou en lieux de vie 

souvent non autorisés, non contrôlés , où les constats faits lors 

d’inspections par les autorités renvoient à ce que l’on aimerait être une 

autre époque ; tel foyer ,clandestin pour tous sauf pour le CHS et le maire 

du village, qui prête des bras aux exploitants agricoles, sans contrôle, sans 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 5 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

salaire, avec un père tout puissant , qui arrange bien , parce qu’il ne 

dérange pas et qu’il ne demande pas cher…on n’est pas en 1900, mais en 

1998…on n’est pas en sibérie orientale, mais en France… 

 UNE VOLONTE GUIDEE PAR UN INTERET ECONOMIQUE / 

à partir de la volonté des soignants, l’institution a souvent et au moins 

parfois été sensible au facteur économique ; dans un dispositif de prix de 

journée, puis plus récemment de dotation globale, puis de dotation annuelle 

de financement, demain de T2A, l’analyse comparative entre le coût de 

l’occupation d’un lit et celui d’un accueil familial, entre la construction d’un 

bâtiment et sa rénovation , ou bien l’externalisation de certains patients 

est vite à l’avantage de cette dernière ; 

point trop de cynisme, les directeurs d’hôpitaux, les administrateurs de 

fondations, ont un coeur, mais quand il peut être conforté par les réalités 

financières, c’est toujours beaucoup plus facile pour  concrétiser un projet 

 HISTORIQUEMENT et encore AUJOURD’HUI , il n’est pas  possible d’avoir un 

raisonnement monolithique sur les aspects budgétaires de l’accueil familial 

thérapeutique ; tout dépend des réalités du lieu et du moment, de la synergie des 

acteurs, des positions et des régulations en jeu au cœur de l’institution 

psychiatrique et de ses acteurs partenaires . 

2- LES ELEMENTS BUDGETAIRES – LES ELEMENTS CONSTITUTIFS 

DES COUTS 

 

l’accueil familial thérapeutique peut être de plusieurs types : 

o les familles d’accueil thérapeutiques  stricto sensu : au sens de la 

réglementation en vigueur, des familles sélectionnées directement 

par l’établissement pour accueillir des adultes, au plus au nombre de 

3 simultanément ; des familles d’accueil pour mineurs , disposant 

d’un agrément du Département ( président du conseil général) et 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 6 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

embauchées par l’établissement ; en tout état de cause l’existence 

d’un service AFTA ou d’AFTE est constatée par autorisation ARH ; 

o l’accueil séquentiel ou de longue durée ; 

o l’accueil dans des lieux de vie dépassant trois personnes 

simultanément 

o l’accueil dans des familles disposant de plusieurs types 

d’habilitations 

les éléments constitutifs des coûts et des recettes 

o quant aux coûts, ils dépendent bien entendu de la régularité du 

dispositif mis en place par l’institution de santé mentale, et du 

contexte départemental 

o pour ce qui concerne les adultes et les enfants, des normes 

réglementaires encadrent les rémunérations minimales dues pour les 

enfants, seuls des statuts locaux pour chaque CHS encadrent la 

rémunération des accueils d’adultes ; je ne ferai ni l’injure ni l’ennui 

d’en rappeler les éléments constitutifs, par contre j’insisterai sur le 

lien entre : 

 

 la rémunération et les compensations versées par les CHS et 

les statuts départementaux concernant les accueils d’enfants 

confiés à l’ASE, les services de placement familial spécialisé 

pour les enfants handicapés, les familles d’accueil pour 

adultes handicapés et personnes âgées ; il est évident que le 

CHS doit se placer au moins au m^me niveau que les 

Départements pour être attractifs, ce qui signifie que sauf 

exception, la fixation des tarifs est largement impactée par 

des facteurs exogènes , car les départements et les 

établissements pour personnes handicapées se soucient fort 

peu de concertation avec les institutions de santé mentale ; 

 

 le fait qu’IL ME SEMBLERAIT DONC FORT PERTINENT 

QUE SOUS L’ EGIDE DES ARH, et du fait d’une action 

volontariste des CHS eux-mêmes, des CONCERTATIONS 

SOIENT EFFECTIVES ENTRE LES DIFFERENTS 

FINANCEURS ET EMPLOYEURS POUR HARMONISER ET 

EN TOUT CAS CONCERTER LES MODES DE 

REMUNERATION, pour éviter concurrence, débauchage, 

voire incohérences, effets  induits sans concertation ; 

 

 dans ce but, des assises départementales des accueillants 

familiaux enfants et adultes, la constitution de groupement 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 7 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

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d’employeurs avec des instances de concertation sur les 

profils des accueillants, pour gérer les multi accueils, les 

cohabitations de population, créer des bases statutaires 

harmonisées….seraient fort opportunes… 

l’organisation du suivi et des services de l’institution de santé mentale : à 

tout le moins , on est en droit d’attendre qu’une véritable équipe soit 

constituée, organisée, pour un suivi efficace , présent, avec une veille, une 

télé organisation par visio avec les lieux d’accueil ; 

o nous reviendrons sur l’organisation du suivi , mais en tout état de 

cause, une transversalité et une intersectorialité, qui permettent 

de mutualiser les moyens, et d’organiser une veille optimales, sont à 

privilégier 

les recettes : pour les adultes et enfants , la psychiatrie continue à 

fonctionner en dotation annuelle de financement, mais demain, l’enjeu 

d’une VALORISATION DE l’ACTIVITE DE PSYCHIATRIE, prélude à la 

T2A, est primordial ; les services chargés de l’accueil familial doivent donc 

veiller à ce que soit mis à leur disposition l’outil de suivi et de saisie de 

l’activité médicale et paramédicale, avec une maîtrise de l’ensemble des 

critères et une saisie des actes sous la responsabilité réelle des équipes ; 

si dans l’établissement il n’y a pas de service intersectoriel assurant 

l’AFTA et/ou l’AFTE, il y a de toute évidence intérêt à avoir ees pratiques 

homogènes, donc à se doter d’une assurance qualité sur la saisie de la 

VAP ; maximiser l’exhaustivité de l’ activité est un enjeu évident d’ores et 

déjà vis-à-vis des autorités sanitaires et des directions d’établissements ; 

rendre compte de l’activité c’est se donner les gages d’obtenir une juste 

évaluation des coûts, donc de négocier et obtenir que soit mis en place un 

centre de responsabilité, une UF, un suivi détaillé des coûts ; 

est il raisonnable de parler de comparaison des coûts et des recettes 

entre l’hospitalisation temps plein, l’accueil familial thérapeutique, l’accueil 

familial social ? c’est une logique perverse en ce qui concerne les éléments 

qui doivent guider les arbitrages institutionnels ; rappelons seulement 

qu’au titre de la réglementation et des principes de la sectorisation , 

chaque établissement devrait offrir une palette de prise en charge 

complète, donc permettant une réelle continuité des parcours individuels. 

Dès lors , ce qui apparaît comme les seules lignes de force des choix 

institutionnels sont les questions suivantes : 

o Existe-t-il oui ou non des prestations d’AFT ? 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 8 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

o Comment sont elles organisées et comment faut il les organiser ? 

o Comment l’établissement les finance ? 

o En les créant , l’établissement décide-t-il de corriger des 

inadéquations de prise en charge, soit des maintiens en 

hospitalisation indûs ; les places libérées en hopitalisation temps 

plein seront-elles fermées ou simplement réoccupées même si 

fluidifiées ? en synthèse, l’établissement auto finance t il en 

redéployant ? chaque situation institutionnelle sera différente ; 

o Quelle est la coordination et la complémentarité avec les dispositifs 

sociaux et médico sociaux ? on sait que souvent les uns se sont 

construits par les lacunes et par défaut des autres ; or la loi de 

2005 sur la compensation des incapacités, en rappelant à juste titre 

que les malades mentaux peuvent être des handicapés ou des 

« vieux » comme les autres, fournit l’occasion et la légitimité , voire 

l’impérieuse nécessité morale et éthique aux professionnels de 

santé mentale de questionner leurs partenaires, et les autorités 

sanitaires et territoriales pour refonder les filières de prise en 

charge autour de l’évaluation individuelle des situations et de la 

reconnaissance des droits communs à toute personne handicapée ou 

âgée, sans préjudice de l’ardente obligation de qualité faite aux 

professionnels de santé mentale dans leur suivi, leur transparence, 

leur traçabilité d’intervention   

3- les ELEMENTS CONSTITUTIFS D’UNE PALETTE D’OFFRE 

D’ACCUEIL ET DE SUIVI 

 

 

l’hospitalisation temps plein est un temps du parcours, comme l’AFT en est 

un autre 

o l’accueil familial thérapeutique des adultes doit être séquentiel, 

limité dans le temps, il ne saurait se concevoir comme le 

bannissement à la campagne de patients qu’on ne veut plus avoir en 

pavillon , et qu’on ne peut faire reconnaître comme dépendants 

handicapés ou âgés ; 

o l’accueil familial thérapeutique des enfants est historiquement un 

substitut à une hospitalisation jugée déshumanisante et 

destructrice ; mais cela n’en reste pas moins un temps 

d’hospitalisation  

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M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

o dans ces deux modalités AFTA et AFTE, l’usager est un patient 

hospitalisé, à temps plein sous la responsabilité de l’établissement, 

le suivi doit être sanitaire et global et implique l’organisation d’une 

équipe soignante , sous l’autorité d’un médecin,  avec un dispositif 

d’astreinte et de veille à distance, très protocolisé ; le suivi sur 

« site » d’accueil par la seule assistante sociale de l’hôpital est un 

grave manquement à ces obligations ; le lien avec le service des 

urgences de l’établissement, avec des protocoles de retour, 

d’évaluation des situations en cas d’urgence, le cas échéant avec une 

possibilité de visio et surtout un processus de déclenchement d’un 

déplacement infirmier in situ, est une obligation ; 

o il est donc évident que l’AFTA- exil, à des distances excessives, 

hors région , avec des modalités de suivi discutables, voire 

inexistantes, doit être exclu ; l’image des AFTA est souvent liée à 

ces cas discutables ; 

o la modalité d’AFTA peut être soit dans une famille d’accueil 

recevant au maximum trois adultes , sans doublon avec d’autres 

populations accueillies, soit dans un établissement social, ou un lieu 

de vie dûment agréé , avec lequel le CHS  a passé une convention, 

précisant les obligations de chacun, les prestations,les modalités 

tarifaires, les relations de partenariat ; mais attention , les lieux de 

vie ne peuvent plus être ces lieux sans statut précis, au pire des 

foyers de vie non déclarés aux autorités… depuis 1971 et la 

première loi sur l’accueil collectif, instituant un régime déclaratif 

non abrogé d’ailleurs, les lieux d’accueil collectif doivent être 

déclarés et les établissements de santé mentale ne peuvent 

prétendre ignorer la loi… force est de constater que certains ont 

vécu dangereusement…  

d’ailleurs le régime déclaratif reste un excellent moyen conjointement pour un 

établissement de santé mentale, et pour un lieu de vie professionnalisé grâce aux 

recettes que lui procure l’accueil thérapeutique , de forcer la porte de services 

de l’Etat ou de départements ; ceux-ci sont certes prompts à déplorer les 

difficultés d’accueil de malades mentaux, mais peu enclins à impliquer leur 

autorité pourtant réglementaire dans un dossier d’autorisation ; le régime 

déclaratif est connu de certains d’entre vous ; l’autorisation n’est pas exclusive 

d’un contrat ou convention d’exclusivité entre un lieu d’accueil et un CHS. 

la modalité d’AFTE peut être soit un service d’AFTE du CHS recrutant des 

familles d’accueil agréées par le président du conseil général ( on pourrait 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 10 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

d’ailleurs penser  qu’il serait souhaitable d’évoluer vers cette obligation 

pour les FTA aussi…), soit une convention avec un gestionnaire disposant 

d’une autorisation de service de placement familial spécialisé ( par ex 

association gérant des services pour enfrants handicapés, notamment avec 

des troubles du comportement), soit encore par convention avec un 

établissement social qui pourrait mettre en place un groupe spécifique de 

vie , médicalisé par convention avec le CHS. 

Dans tous les cas il faut viser à ce que les AFTA et AFTE cessent de se 

substituer aux lacunes et résistances des uns ou des autres, aux 

incompréhensions historiques entre le monde du social qui rejetterait les 

malades mentaux et les troubles du comportement, la psychiatrie qui 

suivrait peu ou pas ses patients et ferait sortir des fous des asiles, ou 

bien prendrait en otage des familles d’accueil démunies… 

Le placement en lieu de vie familial au long cours doit être nécessairement 

ASE, ou nécessairement en famille d’accueil pour adulte handicapé ou 

personnes âgée ;  la maladie mentale traitée induit que dans l’évaluation 

d’un usager on préconise d’un point de vue médical qu’à un certain moment , 

la personne ne relève plus d’une responsabilité 24/24, mais d’un 

accompagnement en ambulatoire, de consultations, d’activités de jour,… ; 

c’est bien la décision médicale qui doit primer sur toute autre ; à partir de 

ce constat, on recherche à élaborer un projer de vie, une suite de 

parcours, qui induit une évaluation des incapacités et dépendances, et de la 

situation familiale pour un enfant, en fait que l’on formalise et valide les 

différents éléments de l’adaptation du projet de suivi et de vie ; et en 

principe pas l’inverse : «  chouette, on a trouvé une place en famille 

d’accueil ou en lieu de vie, ou en établissement…donc on fait vite  un 

dossier » ; c’est comme cela que l’on a bloqué les partenariats et les 

filières ; certes la psychiatrie n’est pas seule responsable, mais elle l’est 

autant que le sont  des départements, des commissions diverses et variées 

( CDES, COTOREP, admission à l’aide sociale …) par leur aveuglement ; 

entre le « on est incompris et rejetés » et «  ils font n’importe quoi », on a 

de temps à autre persisté dans des dialogues de sourds… 

4- l’organisation du suivi   

 

 POUR ÊTRE EXIGEANT dans l’accès aux droits et à un réseau de partenaires et 

de financements, l’établissement  doit l’être vis-à-vis de lui même dans son 

organisation : 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 11 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

un dossier médical et social unique et numérisé, accessible aux  

professionnels  

une équipe intersectorielle pluridisciplinaire, repérable et repérée par les 

partenaires, responsable, et utilisant les prestations de soins des 

différents secteurs de psychiatrie ( hospitalisation , consultations, …) ; 

organisée, mobile, réactive, intervenant aussi bien en famille d’accueil 

qu’en lieu de vie ou établissement conventionn酠

des moyens identifiés et évalués, une valorisation de l’activité et un centre 

de responsabilité avec des objectifs et des critères d’évaluation : cela 

peut signifier dans les établissements où l’on a un seul pôle de psychiatrie, 

une responsabilité de ce pôle sur cette unité , ou la création d’un pôle 

AFTA, + un pôle AFTE dans les CHS ; c’est certes une position qui peut 

varier d’un établissement à l’autre , mais je la crois plus opérationnelle 

qu’un émiettement entre les secteurs ; 

une dispersion géographique des lieux d’accueil familial limitée à ce que 

l’équipe peut assumer en termes de couverture de qualité, avec un vrai 

suivi ; en clair se limiter aux territoires couverts 

enfin, l’évaluation des dépendances, l’évaluation de la réponse aux critères 

sociaux et médico sociaux d’accueil dans les dispositifs de droit commun , 

que ce soit l’ASE, les droits de la compensation, de la prise en charge de la 

dépendance et partant l’accès aux orientations de droit commun ; cette 

évaluation doit cesser d’être comme trop souvent la seule responsabilité 

des assistantes sociales avec un avis médical, mais être portée de façon 

PLURIDISCIPLINAIRE ( d’ailleurs c’est ce que demande la CNSA) par la 

communauté des soignants, avec des protocoles formalisés internes et de 

relations externes 

5- DES LORS UNE VRAIE EXIGENCE  

 

les équipes de santé mentale doivent revendiquer et assurer une vraie 

présence, portée par les psychiatres mais aussi par les psychologues et les 

soignants , dans les instances d’orientation et d’accès aux droits 

les institutions de santé mentale, portées par l’ARH et une dynamique 

territoriale , doivent pouvoir participer aux arbitrages territoriaux des 

schémas médico sociaux et sociaux, être acteurs des dispositifs d’accueil 

familial social 

on peut penser que les établissements de santé mentale, très demandés 

dans les soutiens aux acteurs sociaux et médico sociaux, doivent dépasser 

les approches de gré à gré de tel professionnel à tel autre ou strictement 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 12 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

reposant sur tel ou tel psychiatre, au profit d’une discussion du gagnant- 

gagnant avec les associations du secteur « handicap » , avec les « conseils 

généraux » et les EHPAD,  

l’accueil des handicapés psychiques, des handicapés mentaux, des troubles 

psychologiques, devrait être porté comme cela a pu être le cas par 

endroits, dans des oncertations territoriales associant l’Etat, les 

départements, les associations, les établissements, voire au mieux 

déboucher sur des groupements de coopération sociale ou médico sociale 

les établissements de santé mentale pourraient systématiquement 

solliciter seuls ou en convention avec des associations existantes d’ 

habilitations de suivi des placements familiaux sociaux 

6- DES LORS UN RESULTAT RECHERCHE 

 

ce qu’on recherche, ce n’est pas une économie budgétaire, ce n’est pas le 

maintien d’un statut de malade mental hospitalisé qui permet une prise en 

charge à 100 %, ce n’est pas la libération de lits , ou les redéploiements ; 

c’est à travers la formalisation de processus fluides, la continuité du 

parcours de réinsertion d’un usager, que d’abord on essaye de ne pas 

étiqueter socialement et statutairement plus malade qu’il ne l’est, qu’ensuite 

on fait accéder au droit commun des usagers souffrant d’incapacités liées à 

l’âge, à des manifestations induites par un type de pathologie, par des 

troubles induits, par une situation sociale individuelle ;  

 

l’enjeu des relations avec les MDPH est essentiel ; l’accompagnement des 

ARH  et des services de l’Etat est nécessaire pour que l’accueil de longue 

durée en milieu familial soit de plein droit l’accueil social avec un contrat 

d’hébergement, un projet de soins ; 

 

les potentialités offertes par les innovations de la loi de 2005 sont réelles ; 

en effet , le président du conseil général devient l’interlocuteur central, à 

travers le directeur de la MDPH , et les représentants de l’assemblée 

départementale dans les instances des établissements ; dès lors , comme il 

détient l’ensemble des compétences « handicap » et personnes âgées, en 

termes d’accès individuel aux droits de la compensation et de la dépendance, 

il est plus aisé de gérer avec cette collectivité l’ensemble des facteurs de 

décision ; 

 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 13 

M. Fabrice Laurain, « Le choix institutionnel de développer l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil en lieu de vie

éléments d’une décision stratégique et politique- du projet de vie à l’action institutionnelle et territoriale» 

enfin , l’évolution des ARH vers les ARS et la concentration des décisions en 

matière sanitaire et médico sociale ne va que renforcer ce lien étroit et 

stratégique ; 

 

l’enjeu est que, quelqu’en soit la résultante individuelle en termes de 

ressources disponibles , l’usager soit bien à chaque moment de son parcours 

en adéquation état de santé- iTunes.lnkdépendance- incapacités, statut social  


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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 1 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

Gianfranco Aluffi1 

Servizio I.E.S.A.  

Dipartimento Interaziendale di Salute Mentale  

A.S.L. TO 3 - A. S. O. San Luigi Gonzaga  

Dir. Prof. Pier Maria Furlan 

Regione  Piemonte - Universita’  Degli  Studi  di  Torino  

Groupe de Recherche Européen en Placement Familial 

« L’évolution récente de l’AFT en Italie » 

Le corps de ce travail est subdivisé en deux parties. 

Dans la première partie j’exposerai les données provenant d’une enquête nationale réalisée par le 

Département de Santé Mentale de Collegno, achevée en décembre 2007, relative à la diffusion 

de l'AFT en Italie. Dans un second temps, je présenterai le service IESA de Collegno qui  a fêté 

ses 10 ans en décembre 2007. Enfin, je vous montrerai les résultats de deux recherches  en 

cours de publication, relatives aux effets positifs du milieu thérapeutique dans l'AFT. 

Histoire et diffusion de l’AFT en Italie 

Un des premiers témoignages sur l'AFT en Italie est reconductible au Dr. Serafino Biffi, en 

1854. Dans sa publication à la suite d’une visite à Geel, il définit avec enthousiasme le "patronage 

hétérofamilial" comme approprié pour les « aliénés » qui ne peuvent pas jouir des “habitudes 

monotones”, caractérisant ainsi les journées des internés dans les asiles. Par la suite, d’autres 

psychiatres italiens, en suivant ses traces, ont permis l’avènement des véritables services AFT. 

En 1891, les Professeurs Tamburini et Lombroso furent chargés de proposer un instrument 

législatif national qui prévoyait une place pour l'AFT. En 1904 et 1909 apparurent 2 lois sur la 

réglementation de la psychiatrie faisant amplement référence au "patronage hétérofamilial". En 

1902, 7 hôpitaux psychiatriques adoptèrent le "patronage hétérofamilial" comme instrument de 

sortie pour les patients retenus tranquilles et aptes. Ainsi, les personnes accueillies en famille en 

1902 furent 268.   

En 1906 à Milan, dans le cadre du Congrès international de l'assistance aux « aliénés », une place 

importante fut octroyée aux interventions et aux débats sur le "patronage hétérofamilial."   

Alors, en Italie, étaient aussi très répandus les Patronages Homofamiliaux, c'est-à-dire les 

parents biologiques du patient venaient payés pour tenir ce dernier à domicile. Cependant, cette 

modalité fut refusée par la communauté scientifique et c’est graduellement éteinte du fait que le 

paiement représentait une raison de non guérison pour les patients, parfois unique source 

financière pour la famille. 

                                                

1 

 Je remercie Melle Estelle Clavier pour l’aide à la traduction. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 2 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

L’expérience de l’AFT se développa encore durant quelques années puis disparu avec l’arrivée du 

nazisme. 

L'image suivante reporte un des derniers procès-verbal de démission de l'OP de Reggio Emilia 

pour l'AFT. 

Ainsi, pour retrouver des traces des programmes d'AFT en Italie il faut faire le saut jusqu’au 

début des années 90.   

En 1997, seuls deux services d'AFT étaient présents sur le territoire national: ceux de Lucca en 

Toscane et ce de Collegno en Piémont.   

En 2000, les départements qui adoptèrent le modèle AFT furent au nombre de 11 pour un totale 

de 62 patients placés en familles de volontaires. À la fin de l’année 2007, selon les données 

tirées par une enquête nationale que j’ai personnellement coordonnée, les départements pour 

lesquels on enregistre une activité AFT sont alors 34 et gèrent 313 projets.   

Un autre élément considérable, qui est émergé à travers l'enquête 2007, est relatif à l'intention 

exprimée par 106 directeurs de Départements de Santé Mentale de vouloir prochainement ouvrir 

un service d'AFT.   

Comme on peut en déduire de l'image, l'AFT est plus répandue dans les régions du nord, surtout 

en Piémont et en Toscane. 

0 service 

1 service 

2 services 

3 services 

5 services 

7 services 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 3 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

Les Départements de Santé Mentale qui ont répondu à l'enquête furent au nombre de 194, soit 

97% du totale, dont seulement 34 ont en projet l'AFT, c'est-à-dire 17%.   

L'AFT est connu de 146 directeurs de département, représentant ainsi 75% de ceux qui ont 

répondu et 158, soit 81% des participants, ont exprimé une opinion positive sur l'AFT.   

35 ne se sont pas exprimés et 1 personne a exprimé une opinion négative.   

Les données récoltées sont encourageantes pour le processus de diffusion de l'AFT en Italie 

dans les prochains années. 

Le Service IESA de Collegno: 10 ans d'AFT   

 

Lorsque je décris l'expérience IESA de Collegno je ne peux pas éviter de la reconduire à une 

séquence d'étapes historiques, progressives et déterminantes. Une sorte de succession de 

phases, d'expressions, de générations de l'AFT. En effet, les familles ont aussi leurs arbres 

généalogiques et la reconnaissance des "pères" et des "mères" peut être isolée comme indicateur 

de « bonne » identification avec le noyau familial et comme garantie de relations régulières, 

attachements, développements et séparations, avec tout ce que cela représente pour une bonne 

croissance des fils, de leurs expériences et des générations à suivre.   

Ceci dit, sans nier à S. Dymphna la "maternité immaculée" de toutes les expressions 

reconductibles à l'AFT, la première expression de la référence aux familles volontaires pour 

l'accueil d’handicapés psychiques, dans la zone territoriale aujourd'hui contrôlée par le 

Département de Santé Mentale de Collegno, doit être reconduite à 1898. Cette année là, la 

Députation provinciale de Turin émit une note adressée à tous les asiles dans laquelle il suggérait 

le placement de malades inoffensifs chez des particuliers en échange d’une rétribution. Tel 

document avait la fonction de faire front à la surpopulation des asiles durant cette époque et 

l’expression AFT, alors nommé « placement de maniaques inoffensifs chez des particuliers », 

assumait seulement un rôle de type économico-administratif vu que son coût, équivalent à 

aujourd'hui, était nettement inférieur à celui de l’internement en asile. En syntonie avec cette 

tendance à évacuer les asiles "saturés", on trouve les articles relatifs au Patronage 

hétérofamilial dans les lois nationales, déjà citées, n°36  / 1904 art. 1 et n° 615 / 1909 art. 2, 13, 

14, 15, 16, aujourd'hui dépourvues de valeurs juridiques et se trouvant à des années lumière des 

références législatives actuelles et encore avant culturelles.    

Après cette brève saison de l’AFT italien située à cheval entre le XIX et le XX siècle, qui par 

ailleurs n'a pas vu le territoire piémontais répondre avec enthousiasme particulier, il faut 

attendre jusqu’en 1990 pour que l'initiative courageuse d'un groupe d’opérateurs local permette 

l’apparition d’une nouvelle expérience AFT sur le territoire de l'actuel ASL TO 3 Piémontais. Ce 

projet était inspiré du modèle du service d'Accueil Familial Thérapeutique de Nantes et de la 

Loire Atlantique. Malgré la motivation forte des promoteurs, l'expérience durera seulement 

quelques années en rendant cependant possibles à différents ex-malades de l'ancien hôpital 

psychiatrique de Collegno d’agréables séjours dans des familles en particulier résidentes dans les 

vallées environnantes. En 1997, année de mon arrivée à l'ASL de Collegno, les responsables de 

cette noble initiative ne travaillaient plus ici mais, au témoignage de leur expérience, il y avait un 

projet qui vint pris en charge du service naissant IESA et il dura encore quelques années, jusqu’à 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 4 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

la perte de l’ancienne hôte, chouchoutée et même assistée par un couple de septuagénaires 

affectueux et guillerets.     

Au-delà des expériences déjà citées et des précieuses et cordiales contributions des docteurs 

Jean Claude Cébula de Nantes et Marc Godemont de Geel, l’ADN du service actuel IESA de 

l'ASL TO 3 de Collegno se compose en grande partie de caractéristiques « calquées » sur le 

service de Psychiatrische Familienpflege de Ravensburg. C’est, en effet, près du service AFT de 

Ravensburg que, pendant les deux années 1995-96 j’ai observé et récolté des données dans les 

processus opérationnels quotidiens.    

De retour en Italie, les premières tentatives de proposer un service de ce type rencontrèrent 

méfiance, peurs et scepticisme de la part de certains responsables des départements de santé 

mentale piémontais à qui je m'adressai. Puis, grâce à la rencontre avec le docteur Ezio Cristina et 

avec le professeur Pier Maria Furlan, respectivement chef de clinique et directeur du 

département universitaire de santé  mental dell' ASL  de Collegno, je trouvai une place qui me 

permit de commencer à travailler dans la direction que je m'étais proposée.   

Dans les premiers mois de travail j'élaborai les instruments normatifs, lignes  guides et contrat, 

et opérationnels (instruments pour la sélection protocoles de procédure etc.) du projet, en 

acheminant parallèlement une action de renseignement et sensibilisation de l'entier personnel.   

Avec l’arrivée successive du premier opérateur (une infirmière) et de la délibération du Service 

IESA de la part de la direction général ASL, les activités de sélection des familles et de 

placement soutenu se poursuivaient. Les résultats obtenus dans les deux premières années de 

travail et le grand enthousiasme pour l’apport innovant du projet, nous ont amené à organiser 

durant le mois de mai 2000 le premier congrès national sur l'IESA  à l'Université des Études de 

Turin à laquelle furent présentées quelques expériences naissantes sur le territoire national et 

prirent partie des experts internationaux du secteur spécifique. L'initiative eut du succès et il 

conflua dans la presse des actes du congrès. Parallèlement à l’attention portée à la croissance du 

service nous avons, durant ces années, donné beaucoup d'importance à la diffusion de la culture 

de l'IESA sur le territoire national, en réalisant plus que 45 rapports présentés aux congrès de 

psychiatrie nationaux et internationaux, en publiant 35 articles sur livres et magazines italiens 

et étrangers et 4 volumes spécifiques sur le sujet. A la suite d’un tel engagement scientifique et 

de vulgarisation, d'une activité intense de renseignement et de supervision des différentes 

équipes qui nous ont contactés afin de mettre en place des services analogues, nous pouvons 

regarder avec un certain orgueil la diffusion, déjà mentionnée, du phénomène sur le territoire 

national. En 2001, en collaboration avec les collègues de l'USL 2 de Lucca nous avons organisé le 

2° congrès national sur l'IESA, en prenant soin par la suite de la publication des actes relatifs. 

En 2004, nous avons fondé la section italienne du GREPFA. En 2006, avec les collègues du Service 

IESA de Trévise nous avons organisé le 3° congrès national. En 2007, parallèlement au dixième 

anniversaire du service, nous avons reçu de la part de la Région du Piémont la reconnaissance de 

l'expérience pilote dans le cadre de la santé piémontaise. Telle reconnaissance s'est concrétisée 

à travers une cérémonie publique durant laquelle des attestations ont été remises à toutes les 

familles d’accueil qualifiées de la part du président de la région et de l'adjoint à la santé. En 

outre, au Service IESA de Collegno a été dédié le calendrier officiel de la région du Piémont ainsi 

que le bénéfice des ventes.  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 5 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

Le Service IESA se situe aujourd’hui à l'intérieur du Département Interentreprises à la 

Direction Universitaire de Santé Mentale dirigé par le professeur Pier Maria Furlan. Le 

territoire de référence, dans la première périphérie turinoise, est habité par 179.638 personnes. 

Les patients suivis sont au nombre de 2.214 et sont rattachés aux 2 Centres de Santé Mentale. 

Les zones qui composent le Département sont 3: territoriale, hospitalière, universitaire.   

Le service IESA appartient à la zone des services territoriaux et représente une des diverses 

solutions résidentielles à disposition des « clients ».    

   

Chiffres   

À 10 ans de la création de l'expérience IESA de Collegno nous pouvons résumer le travail 

effectué avec les chiffres suivants:   

   

2700 familles environ contactées,   

77 familles ou personnes seules qualifiées, 

55 projets gérés pour plus de 25.000 jours de vie en commun, 

1400 visites domiciliaires environ effectuées, 

5 projets d'insertion +1 engagement ouvrable à temps indéterminé, 

25 projets en cours dont 17 à temps plein et 8 à temps partiel, 

24 heures sur 24, 7 jours sur 7 de disponibilité départementale,   

   

L'AFT permet une importante réduction des jours totaux d’internement en service hospitalier 

psychiatrique respectivement aux autres solutions de placement. Cet effet est très significatif 

et il est encore particulièrement mis en évidence au travers de l'analyse du parcours réalisé par 

un des patients du IESA qui, dans les 5 années précédents l’accueil en famille tout aujourd'hui en 

cours, a totalisé bien 582 jours de prise en charge en structure hospitalière pour des crises de 

type maniaque alors que dans les 5 années suivant son séjours en famille d’accueil il n'a plus 

jamais été hospitalisé. Dans ce cas spécifique, où l’on se référent à une personne ayant un 

diagnostic de troubles bipolaires I et n’ayant pas connu de variations essentielles au niveau de la 

thérapie pharmacologique, il émerge avec grande force l'impact thérapeutique, aisément isolable, 

provenant du facteur environnemental. Cette personne est passée du rôle de patient pensionnaire 

psychiatrique en communautés protégées ayant fréquemment recours à l'hospitalisation lors 

d’importantes crises maniaques à celui de personne avec des capacités résiduelles valorisée par le 

nouveau milieu familial au point que sa contribution dans la gestion du bar et du cercle récréatif 

des accueillants est devenu fondamental. Ce recouvrement d'identité "saine", le rôle reconnu 

d'aide barman, a consenti au sujet un chemin progressif vers une plus grande sérénité et surtout 

vers une humeur plus stable au point de ne plus avoir été hospitalisé en service psychiatrique 

dans ces 6 ans de vie en habitation soutenue. Si un temps les membres de sa famille l’ont 

repoussé, pour les difficultés relationnelles et les bizarreries comportementales, ils ont depuis 

quelques années renforcé la relation, en lui rouvrant les portes de leurs maisons et en exprimant 

à plusieurs reprises la volonté de lui offrir un nouvel espace vital au sein de celles-ci, croisant 

toujours un gentil : « merci mais maintenant je me porte bien  ici».    

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 6 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

Caractéristiques du modèle  

 

Le service IESA est organisé comme structure départemental centralisée, avec des appendices 

dans les centres de santé mentale territoriale et il collabore en synergie avec toutes les agences 

du département de santé mentale. Le modèle expérimenté dans ces dernières années prévoit une 

organisation qui se compose d’1 responsable et d'un numéro d'opérateurs proportionné aux 

projets en cours, 1 opérateur pour chaque 10 accueil en famille. Le responsable s'occupe entre 

autre de la coordination, de la formation et de la supervision des opérateurs. Le service IESA se 

rend promoteur de supervisions cliniques élargies relatives aux projets engagés, auxquels 

participent aussi les opérateurs des autres agences départementales impliquées.    

Les projets sont structurés sur la base du temps de vie en commun selon quatre typologies: 

temps partiel; court terme; moyen terme; long terme.   

Dans les projets à temps partiel le volontaire ou la famille passe quelques heures avec le patient 

durant la journée ou en fin de semaine, selon les objectifs à poursuivre. Cette modalité peut avoir 

une fonction propédeutique aux projets IESA à temps plein ou il peut fournir un soutien à des 

gens qui vivent seuls en logement ou qui se trouvent dans une structure et qui en ressentent la 

nécessité. En ce qui concerne les projets à temps plein (court terme, moyen terme et long terme) 

ils se différencient pour leur durée et pour leurs différentes typologies d'usage. Le court terme 

s'adresse aux moments de crise ou de besoin temporaire de décontextualisation 

environnementale, ceux à moyen terme vise à la réhabilitation du sujet et au passage de ceux-ci à 

une vie plus autonome, alors que le long terme s’adresse aux personnes âgées ou aux sujets avec 

de considérables besoins d'assistance.   

Le patient, même lorsqu’il se trouve sous mesure d'interdiction, est totalement impliqué dans 

toutes les phases du projet, de la décision d'initier ou non « une vie en commun » jusqu’aux 

détails de celle-ci.    

Nous avons dernièrement enregistré un épisode curieux qui nous a fait répondre à une demande 

directe et spécifique de vie en commun soutenue. Deux patients de notre département, vivant 

dans une pension assistée dans le centre de Turin, après avoir pris connaissance de l'existence 

du service IESA de Collegno, sur un quotidien, nous ont contactés et ont pris rendez-vous pour 

un entretien approfondi. Tout de suite nous avons observé comment notre offre éventuelle et 

leurs objectifs coïncidaient parfaitement. Les deux se plaignaient que depuis quelques semaines, 

avec le changement du gérant, la clientèle de la pension s’était empirée frappant ainsi la qualité 

des services d’hébergement. En outre, les récits exposés en témoignage laissaient supposer une 

atmosphère assez lointaine de l'image d’une petite pension à gestion familiale auquel était sujet 

l’hôtel en question jusqu’à la gestion précédente. Leur désir était de continuer à vivre ensemble 

dans une maison avec la cuisinière de la pension, qui entre temps avait démissionné, et les filles 

de celle-ci. Entre ces cinq personnes, depuis pas mal d'années s’était créé un bon rapport fondé 

sur le respect réciproque et sur l’entraide quotidienne. Après avoir contacté la cuisinière et les 

deux filles, et avoir enregistré une convergence unanime de buts avec les deux patients, nous 

avons acheminé les procédures de certificat d'aptitude au projet de vie en commun et, à la suite 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 7 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

du résultat positif de celle-ci nous avons exprimé le consentement institutionnel en offrant le 

support et le soutien économique nécessaire.   

À 2 ans du commencement du projet, les cinq vivent heureux dans un ample appartement choisi, 

décoré et qu’ils ont aménagé ensemble. Une paire de semaines après le démarrage du projet 

d’AFT, la pension qui les recevait fut fermée suite à un contrôle des forces de l'ordre. Sur les 

journaux, que les garçons quelques jours après le blitz nous montrèrent avec l'air fier de ceux 

qui avait deviné par avance, étaient mentionnés des crimes liés à l'exploitation de la prostitution 

et au recel d’immigrés clandestins.   

 

 

Données cliniques et socio-demographiques  

Les graphiques suivants décrivent partiellement le profil des utilisateurs  et des volontaires 

sélectionnés par le service.   

En ce qui concerne le genre sexuel des candidats nous avons presque une situation d'équilibre.   

 Femmes Hommes Total 

N° 45 39 84 

La distribution de l'âge des patients est relativement uniforme.   

 18 - 30 30 - 45 45 - 60 > 60 Total 

N° 16 18 25 25 84 

En ce qui concerne les champs diagnostiques relevés, presque les 3/4 de la population est 

schizophrénique.   

 Troubles de 

personnalité 

Schizophrénies Troubles de 

l’humeur 

Oligophrenies Total 

N° 13 56 8 7 84 

Quant aux candidats accueillants:   

Un peu plus du 50% sont des couples avec enfants;   

 Seule 

femme 

Seul 

homme 

Couple 

sans 

enfants 

Couple 

avec 

enfants 

Seul 

avec 

enfants 

Famille 

élargie 

Total 

N° 7 2 11 35 11 2 68 

78% des candidats sont des femmes;   

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 8 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

 Femmes Hommes Total 

N° 53 15 68 

85% de notre population est comprise entre 30 et 60 ans;   

 18 - 30 30 – 60  > 60 Total 

N° 3 58 7 68 

la distribution des niveaux d'instruction est relativement homogène;   

 Primaire Collège BEP - CAP Baccalauréat Bac + 5 Bac + 9 Total 

N° 13 24 5 17 8 1 68 

Aussi, les catégories professionnelles sont représentées de manière hétérogène avec une grande 

partie des participants, 43%,  représentant le secteur de l’aide aux personnes   

 Aide 

aux 

personn 

es 

Retrai 

té 

Sans 

emplo 

Commerça 

nt 

Employ 

é 

Ouvrie 

Agriculte 

ur 

Mère 

de 

famill 

Tot 

al 

N° 29 4 9 5 5 8 1 7 68 

Le type d'habitation plus diffusé dans l’échantillon est l’appartement : 60%,   

 Appartement Logement 

social 

Villa Maison 

indépendante 

Total 

N° 41 5 14 8 68 

Au sujet de l'origine géographique des candidats on enregistre dans la dernière période une 

augmentation de la population d’origines étrangères, surtout Roumains et Péruviens.   

   

 Nord Italie Sud Italie Etranger Total 

N° 30 24 14 68 

AFT et urgences   

   

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 9 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

Dans le but de relever les effets bénéfiques de la variable « environnement » présente comme 

solution d’accueil, tel l’AFT, nous avons organisé deux types de recherche qui focalisent 

l'attention sur l'indicateur de « l’hospitalisation ayant pour cause la crise psychiatrique ».    

La première repose sur une méthodologie longitudinale et compare pour 8 patients une période de 

temps passée en AFT et une période équivalente, mais, écoulée avant ce même projet AFT.  Le 

séjour en famille d’accueil le plus court dure 259 jours alors que le plus long totalise 2346 jours. 

L’ensemble des séjours AFT représente un total de jours égal à 10444, soit un chiffre équivalent 

au total des jours que les 8 patients ont passé en structure protégée avant d'être inséré dans 

des familles d’accueil.   

A partir de l'analyse des données, nous pouvons observer que nos 8 patients ont totalisé 11 

hospitalisation pour un totale de 612 jours en service psychiatrique hospitalier dans la période 

précédente à l’AFT alors que durant  la période de placement familial nous n’en relevons aucune. 

Une telle confrontation souligne l’excellente performance de l'AFT relativement aux crises 

symptomatologiques et aux hospitalisations conséquentes.    

Si on prend en considération que le milieu de provenance des 8 patients est la communauté 

protégée, avec une intensité de l'intervention sanitaire significativement supérieure par rapport 

à l'AFT, ce qui a été énoncé précédemment vient renforcé.   

Nous sommes parvenu à un résultat analogue à travers l'analyse de 195 « passages » de patients 

dans les structures du DSM reconductibles aux catégories des résidences protégées 

(communautés protégées de type A et de type B) et habitations soutenues (AFT et Logements 

soutenus). Ces deux catégories ont été créées pour affinité de type environnemental entre sous- 

catégories. Les communautés protégées de type A et de type B sont des structures composées 

de 20 patients en régime d’accueil avec des temps d'hospitalisation de 3 ans ou plus. Le personnel 

sanitaire et éducatif est présent 24 heures 7 jours sur 7.   

L'AFT et les logements soutenus reposent sur des habitations civiles où l'intervention est le 

soutien et le patient se retrouve inséré dans un système de relations sociales normales.   

Les données recueillies se réfèrent à 3 ans consécutifs: le 2004, 2005, 2006.   

Comme unité a été choisie le « passage » du patient dans la structure afin d'obtenir une 

population plus ample. Puis, les passages totaux ont été subdivisés en deux groupes selon s’ils se 

sont effectués en communautés protégées, (N° 95) ou en habitations soutenues (N° 100).   

Les deux groupes ont été comparés sur la base de la distribution des variables relatives au sexe, 

à la tranche d'âge et au champ diagnostic et se sont révélés presque superposables du fait de ne 

pas avoir présenté de différences significatives au test du Khi 2, en adoptant un degré de 

confiance égal à 0,05.   

  Foyer protégé Habitations soutenues  

(AFT + logements soutenus) 

Total 

Homme 58 (61%) 60 (60%) 118 (60%) 

Femme 37 (39%) 40 (40%) 77 (40%) 

Age 18-35 32 (33%) 22 (22%) 54 (28%) 

Age 36-65 56 (59%) 59 (59%) 115 (59%) 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 10 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

Age >66 7 (8%) 19 (19%) 26 (13%) 

Schizophrénies 76 (80%) 79 (79%) 155 (79%) 

Troubles humeur 3 (3%) 4 (4%) 7 (4%) 

Troubles personnalité 12 (12%) 12 (12%) 24 (12%) 

Oligophrénies 4 (5%) 5 (5%) 9 (5%) 

Les données soulignent, déjà à la comparaison des moyennes, une différence considérable.   

L'impact des jours d’hospitalisation sur ceux du projet total est en effet de 0,55% pour les 

habitations soutenues et rejoint les 3% relativement aux communautés protégées.   

Appliquant le T-test pour les échantillons indépendants et des variances différentes, pour α 

=0,01, une telle différence entre les moyennes se révèle  significative.    

Ce résultat confirme les hypothèses d'une influence du facteur environnemental sur la totalité 

des journées d'hospitalisation annuelle par patient.   

 

 

AFT et benzodiazepines 

 

Une autre ligne de recherche relative à l'évaluation de l'impact environnemental de l'AFT 

concerne l’évolution de la prise de benzodiazepine.   

Nous avons utilisé un dessin analogue à la recherche longitudinale sur les hospitalisations avec 

une population de 8 patients. Le temps pris en considération cette fois concerne, pour la 

population entière, 12 mois d'AFT et les 12 mois précédents à son commencement, en principe 

effectués en communauté protégée. La population est composée de 6 hommes et 2 femmes d'âge 

moyens de 43,5 ans.   

Les diagnostics sont reconductibles aux 3 champs suivants: Schizophrénies (5); Troubles de la 

personnalité (2); Oligophrénie (1).    

La thérapie relative à la prescription de benzodiazepines a été analysée à travers la méthode des 

équivalences. La diminution relevée entre la période en communauté protégée et la période en 

AFT est de 18 %.   

0,000 

1,000 

2,000 

3,000 

4,000 

5,000 

6,000 

7,000 

pre AFT AFT 

en 

  p 

é 

ré 

  m 

g

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 11 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

La thérapie anxiolytique résulte étroitement liée d'une façon générale au facteur 

environnemental et non seulement aux caractéristiques de la pathologie. Cela montre comment un 

milieu accueillant, émotionnellement  stable et rassurant, tel justement celui offert par l'AFT, 

peux permettre de renoncer à quelques médicaments ou d'en réduire les dosages. 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie 

 Furlan P.M., Cristina E., Aluffi G., Olanda I. Programma l’accoglienza - L’Inserimento 

Eterofamiliare Supportato di Adulti sofferenti di disturbi psichici (IESA). In: Società italiana 

di Psichiatria - Bollettino scientifico e di informazione. n° 2 Anno VI  Luglio 1999 

 Aluffi G.: Quando una famiglia accoglie. In: Animazione Sociale n°11 Edizioni Gruppo Abele 

Torino 2001 

 Aluffi G., Ceccarini L., Ientile S., Mennoia D., Olanda I., Pirrotta C., Cristina E., Furlan P.M.: La 

tua famiglia può crescere In: Torino Medica n°6 Bollettino dei Medici Torino Giugno 2003 

 Aluffi G., Psychiatrische Familienpflege in Italien. Geschichte und derzeitige Situation. In: 

Meine Familie, meine Psychose - und Ich?. - XV Bundestagung der Psychiatrischen 

Familienpflege, Ed. PFP  Rust 2000 

 Aluffi G., Furlan P.M.: Psychiatric reform and “territorialisation” of the mental health 

services in Italy. The Foster Family Care project of the University Mental Health 

Department in Piemonte. 2005 In: Balanced care. Innovative perspectives on psychiatric 

rehabilitation. (Abstract book and web site) Ed OPZ Geel 2005 

 

 Furlan P.M., Cristina E., Aluffi G., Olanda I. (a cura di), Atti del I° Convegno Nazionale su 

l’Inserimento Eterofamiliare Supportato di Adulti sofferenti di disturbi psichici – Torino 

27/5/2000. Edizioni ANS. Torino 2000 

 Aluffi G., Dal manicomio alla famiglia. Franco Angeli editore. Milano 2001 

 Aluffi G., Cagnoni L., (a cura di) Atti del II° Convegno Nazionale su l’inserimento 

eterofamiliare assistito di persone con disturbi psichici – Lucca 15, 16/11/2001. Edizioni ANS. 

Torino 2004 

 

 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 12 

Gianfranco Aluffi,  “Lévolution récente de lAFT en Italie” 

 Aluffi G., Il progetto I.E.S.A.: l’esperienza di Collegno. In: G. Bressaglia (a cura di) Atti del 

III° Convegno Nazionale su l’inserimento eterofamiliare supportato di adulti - IESA – Treviso 

8, 9/6/2006. Edizioni ULSS. Treviso 2007 

 

 Aluffi G., La sezione italiana del groupe de recherche européen en placement familial: principi 

fondanti ed obiettivi. In: G. Bressaglia (a cura di) Atti del III° Convegno Nazionale su 

l’inserimento eterofamiliare supportato di adulti - IESA – Treviso 8, 9/6/2006. Edizioni 

ULSS. Treviso 2007 

 


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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 1 

Dr Jean Garrabé, « Réponses à lisolement familial dans la psychiatrie française du XIXème et XXème siècle » 

 1 

Dr Jean Garrabé. 

Psychiatre honoraire des hôpitaux. 

Vice-président du conseil d’administration de l’Elan retrouvé. 

Administrateur de l’Œuvre Falret. 

 

« Réponses à l’isolement familial dans la psychiatrie 

française du XIXème et du XXème siècle. » 

 

Le questionnement sur les liens ou l’absence de liens familiaux des malades 

mentaux apparaît pour la psychiatrie française dès sa naissance au début du XIX 

è siècle. 

L’histoire nous montre Philippe Pinel (1745 Ŕ1826), lorsqu’il entreprend avec l’aide 

de Jean Ŕ Baptiste  Pussin (1745-1811), de la femme de celui-ci Marguerite 

Jubline (1754- ?) et de ses élèves J. E. D. Esquirol et François Ŕ Jacob Landré Ŕ 

Beauvais  le traitement moral  des aliénées à la  Salpêtrière à partir de 1802,  se 

préoccuper de  connaître exactement la situation familiale des femmes qui y sont 

admises ;il se plaint de ne pas avoir de renseignements précis sur ce point pour 

celles qui sont conduites à l’hospice par la police ; il cherche à rencontrer les 

familles ,lorsqu’elles existent, pour connaître les circonstances d’apparition des 

troubles et surtout pour savoir si elles seront à même de  recevoir  les aliénées 

convalescentes à leur sortie de l’hospice. Il se faisait enfin un souci particulier 

pour celles isolées, seules ou abandonnées par les leurs qui se retrouvaient sans 

logement et sans ressources dans une grande ville comme Paris ;la seule solution 

était le maintien à vie dans l’hospice cette fois en tant que travailleuses pour 

celles qui en étaient capables . Il ne faut pas oublier que la grande majorité des 

pensionnaires de la Salpêtrière étaient constituées de femmes âgées plus ou 

moins valides et qu’il n’y avait pas de personnel pour s’en occuper. (1)  

Pinel a transmis son inquiétude sur cette question à ses élèves et en premier à  

Jean Etienne Ŕ Dominique  Esquirol (1772- 1840). Celui-ci a expliqué, dans une 

Notice sur le village de Gheel qu’en 1803 Mr de Pontécoulant , préfet du 

département alors français  de la Dyle fit transférer à Geel les aliénés entassés 

dans des conditions lamentables à l’hospice de Bruxelles qui en était  la 

préfecture. Esquirol se rendit en 1821 avec son collègue Félix Voisin (1794-1872)  

pour juger des résultats obtenus par cette mesure . Après avoir rapporté 

l’origine de cette « colonisation » (sic) des aliénés,dont l’origine remonte au VII 

è siècle où la tombe de Sainte Nymphna qui ,selon la légende, y aurait été 

martyrisée et enterrée était devenue un lieu de pèlerinage célèbre pour la 

délivrance des possédés du démon, Esquirol en fait le bilan .Il est assez mitigé. 

Au moment de la visite de nos deux aliénistes il y a à Geel  de 4 à 5OO aliénés 

pour 6 à 7 OOO habitants. Les familles qui en hébergent reçoivent de 200 à 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 2 

Dr Jean Garrabé, « Réponses à lisolement familial dans la psychiatrie française du XIXème et XXème siècle » 

 2 

3OO francs par pensionnaire mais ne peuvent en héberger plus de cinq. ( J’ignore 

quel était le coût en 1821 de l’hébergement d’un aliéné à Bicêtre ou à la 

Salpêtrière). Même si un certain nombre d’aliénés guérissent chaque année à 

Geel et que, malgré la grande liberté qui leur est laissée il n’y a pas d’accident 

majeur, les hommes participant aux travaux agricoles et les femmes à ceux 

domestiques dans les familles d’accueil , Esquirol conclut qu’il y aurait intérêt à 

limiter ce placement aux aliénés « paisibles et propres » ( Il semble avoir été 

effrayé par la malpropreté qui régnait à Geel) et à construire un asile 

départemental pour les autres. Cette notice est apparue assez importante aux 

yeux d’Esquirol pour qu’il l’inclut  dans le recueil de ses textes sur les maladies 

mentales publié peu avant sa mort (2).  En 1821 Esquirol est en pleine campagne 

pour obtenir des pouvoirs publics, nous sommes encore sous la Restauration,  la 

construction d’un établissement réservé  au traitement des aliénés par 

département, qu’il propose d’appeler « asile »  pour mieux le différencier 

d’ « hôpital », terme qui a une fâcheuse réputation. Mais ceci n’aboutira qu’avec 

le vote de la loi du 30 Juin 1838, sous la Monarchie de Juillet, après de 

nombreuses discussions notamment à la Chambre des Pairs, surtout pour des 

raisons d’économie, les politiques étant réticents à l’idée de mettre à la charge 

des départements le coût de la construction et de l’entretien d’établissement 

pour les aliénés indigents et sans doute sceptiques quant au résultat obtenu par 

cette institution. Le maintien  dans la famille des aliénés moins onéreux avait des 

défenseurs. Il ne faut pas oublier que la loi de 1838, sans doute une de celles qui 

ont eu la plus logue vie en France peut être considérée comme la première loi 

sociale car elle mettait à la charge de la collectivité les dépenses entraînées par 

le traitement de malades sans famille ou venant de familles insolvables.  

C’est peu après l’adoption de cette loi qu’un élève d’Esquirol, JeanŔPierre Falret 

(1794 Ŕ1870) devait faire faire à l’assistance aux malades  mentaux en dehors de 

l’hospice le pas décisif en la matière. En effet cet aliéniste, surtout connu de nos 

jours pour avoir décrit ce qu’il nommait « folie à double »- la future psychose 

maniaco-dépressive de Kraepelin et nos actuels Troubles bipolaires- fonda en 

1843 une Société de patronage et un « asile » pour les convalescentes sortant de 

son service à la Salpêtrière, « intermédiaire, dit-il, entre l’hospice et la société » 

. Notons que pour Jean- Pierre Falret c’est l’asile qui est la structure 

intermédiaire entre  l’hospice, l’hospitalisation  plein temps dirons-nous 

aujourd’hui, et le retour dans le milieu social. Notre collègue et ami de l’ASM 13, 

Bernard Odier a fait sa thèse sur les sociétés de patronage  d’aliénés guéris et  

convalescents au XX è siècle. (3) Lorsqu’en 1864 Jean- Pierre Falret publie un 

recueil de ses nombreux travaux il parlera de ce patronage comme de «  l’œuvre 

principale à laquelle nous avons consacré notre vie » (4. Introduction. P. LXV). Je 

ne pense pas que ce soit par hasard que le médecin qui a le premier souligné le 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 3 

Dr Jean Garrabé, « Réponses à lisolement familial dans la psychiatrie française du XIXème et XXème siècle » 

 3 

critère de l’évolution dans la description d’une maladie mentale se soit tout  

particulièrement intéressé  au problème de la sortie de l’hospice des 

convalescents en rémission. Falret n’envisage pas leur placement à distance de 

Paris dans un milieu agricole et le premier « foyer » créé se trouve rue du 

Théâtre dans ce qui était  alors Grenelle. 

Le siège de l’Oeuvre Falret, association reconnue d’utilité publique depuis plus 

d’un siècle, s’y trouve toujours. Elle gère en ce début du XXI è siècle plusieurs 

dizaines d’établissements dits « médico Ŕsociaux » mais n’intervient pas dans le 

domaine sanitaire, la législation et la réglementation actuellement en vigueur en 

France établissant en effet une coupure entre ces deux domaines, notamment en 

ce qui concerne leur financement. Cette coupure nous paraît dommageable pour 

les malades qui dans la réalité journalière nécessitent l’assistance simultanée ou 

successive  de structures relevant de ces deux domaines. 

Ceux d’entre nous qui siégeons dans les instances d ‘associations de ce type 

défendons la signature entre elles et des établissements hospitaliers  de 

conventions visant à réduire cette coupure. 

Des discussions eurent lieu vers 1860 lorsque se mirent effectivement en place 

les asiles d’aliénés départementaux prévus par la loi de 1838 pour savoir s’il 

n’existait pas d’autres formules plus économiques. 

Cette mise en place, qui a de toute manière était très longue de sorte que l’on a 

pu dire que les asiles ont commencé à fonctionner quand le modèle proposé était 

dépassé, s’est faite de manière très différente selon les départements. Celui de 

la Seine a entrepris sous l’autorité du préfet Haussmann (1809-1891) la 

construction d’un ensemble d’asiles, l’un central Sainte-Anne où nous sommes, 

entourés d’asiles périphériques.  Mais dans d’autres départements on été utilisés 

les bâtiments  d’anciennes abbayes comme en Eure et Loir à Bonneval où se 

trouve l’actuel Centre Hospitalier Henri Ey  ou dans la Nièvre à La Charité-sur- 

Loire  où le  

 C H S vient de prendre le nom de Pierre Lôo. Au début de la  Seconde Guerre 

Mondiale ,  lors de la campagne de France il se produira  des évènements qui 

donneront beaucoup à réfléchir sur les possibilités de  réinsertion de malades 

sortis de l’asile dans des conditions pourtant a priori peu favorables. Mais je dois 

dire qu’il n’est pas facile de savoir ce qui s’est exactement passé lorsque l’asile 

s’étant trouvé bombardé pendant les combats autour du pont sur la Loire, les 

portes en ont été ouvertes aux malades, les récits fait  par des témoins  

oculaires ,j’en ai personnellement connus dans le personnel hospitalier , et 

d’autres récits officiels ou non ne coïncidant pas. Il me semble que ce fait 

historique a donné naissance à une légende.   

Mais revenons un siècle en arrière. Dans d’autres départements des accord ont 

été signés  souvent avec des entrepreneurs privés pour créer des « fermes Ŕ

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 4 

Dr Jean Garrabé, « Réponses à lisolement familial dans la psychiatrie française du XIXème et XXème siècle » 

 4 

asiles » comme dans l’Oise à Clermont qui finira par devenir un gigantesque 

établissement ou  à Leyme dans le Lot   qui restera d’une taille raisonnable  .Ici 

aussi la guerre se chargera de nous apprendre que les morts de faim seront 

beaucoup moins nombreuses chez les aliénés internés  dans les asiles de petite 

taille souvent privés gérant leur propre  ferme que dans ceux, publics,  de grande 

taille,situés dans des centres urbains où les malades internés avaient  vu en 

outre se rompre les liens familiaux.  

Ce n’est qu’à partir de ceux du département de la Seine, dont la population 

augmente sans cesse pendant la seconde moitié du XIX è siècle que seront 

tentées les expériences de placement  familial des malades en milieu rural pour 

tenter d’en réduire l’encombrement. 

C’est Auguste Marie (1865-1934) qui ayant bénéficié à la fin de son internat d’un 

bourse de voyage pour visiter les colonies familiales en Ecosse et à Geel, qui 

proposa cette « solution applicable à de nombreux malades chroniques stabilisés 

dont la sortie  était rendu impossible par l’absence de famille d’accueil et 

l’inadaptabilité à un milieu urbain en pleine industrialisation »  comme l’était le 

département de la Seine à la fin du XIX è siècle. Un premier convoi de malades 

arrive en 1891 à DunŔsur-Auron dans le Cher ; il existe curieusement dans le 

Berry des traditions de lieux placés sous le patronage de saints plus ou moins 

légendaires propices aux traitement de la possession et de la  folie. Devant les 

premiers résultats obtenus une annexe est créée à Ainay le Château dans l’Allier 

en 1898. qui devient un établissement indépendant dirigé par le docteur Salomon 

Lwoff. (Son fils André Lwoff (1902-1984) prix Nobel de médecine en 1965 est 

né dans cette colonie familiale agricole) 

Il faut noter que les malades conduits vers ces colonies étaient considérés 

comme sortis de l’asile au sens de la loi de 1838 ce qui posait un certain nombre 

de problème dont celui du financement de la rétribution des familles d’accueil. 

Mon maître Paul Sivadon (1906-1992) a raconté dans un récit autobiographique 

sa surprise quand, après son internat dans la Seine, il est en 1936 nommé 

médecin -directeur de la colonie familiale d’Ainay le Château : « des malades que 

j’avais connu en milieu asilaire délirants ou inhibés se transformaient en quelques 

semaines ,après avoir été plongés dans ce bain très particulier ,fait de relation 

avec la nature et avec un milieu familial simple,peu exigeant, volontiers indulgent 

aux superstitions et à la pensée magique dont il est luis même imprégné . » 

(5) .C’est indubitablement cette expérience qui fera de Sivadon un des 

promoteurs de la psychiatrie sociale d’après Ŕguerre. Il est en effet nommé en 

1943, en pleine occupation, médecin des hôpitaux psychiatriques de la Seine où 

lui est confié le service d’hommes de Ville ŔEvrard (Cet établissement était 

encore divisé en une partie « asile » et une autre « maison de santé » qui 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 5 

Dr Jean Garrabé, « Réponses à lisolement familial dans la psychiatrie française du XIXème et XXème siècle » 

 5 

recevait les malades payants). Ce service abritait six cents malades, il en était le 

seul médecin assisté de deux internes. Cet état de chose conduisit Sivadon et 

d’autres collègues confrontés à des situations analogues dans la région parisienne 

ou en province à mettre en place dès la Libération  avec l’aide de l’Assurance 

maladie qui venait  d’être créée  pour les travailleurs salariés les C T R S  

(Centre de traitement et de réadaptation sociale) qui seront au nombre de 4 à 

Ville Evrard ,Villejuif, Bonneval et Saint ŔAlban. Je crois que l’on oublie 

l’importance qu’a eu en France contrairement à d’autres pays où elle n’est 

toujours pas obtenue  la prise en charge par l’assurance maladie des soins aux 

malades mentaux  pour la révolution psychiatrique qui s’et alors produite.  Pour le 

monde rural l’autre système d’assurance- maladie, la Mutualité agricole a joué un 

rôle comparable. 

Les C T R S constituaient  le volet hospitalier de l’assistance aux malades et 

apparemment  n’abordait  pas celui de  l’ accueil à la sortie de ceux qui sont isolés 

sur le plan familial mais j’ai eu récemment la surprise d’entendre le directeur de 

la D A S de Paris déclarer au cours d’une réunion consacrée à l’action canal Saint 

Ŕ Martin des Enfants de Don Quichotte que la solution au problème des S. D. F 

serait la réouverture de C T R S. où effectivement ces sujets recevaient les 

soins somatiques et psychiatriques que leur état de santé exige avant que puisse 

être résolue la question de l’hébergement. 

J’ai moi-même interne ou assistant au C T R S de Ville Evrard  qui disposait 

désormais en sus du médecin-chef deux médecins assistants et six internes, 

participé il y a cinquante ans au choix ou au tri, je ne sais comment dire des 

malades envoyés dans les colonies agricoles  pour réduire l’encombrement  et 

même le « surencombrement » ,puisque le taux d’occupation des lits était de 125 

%. L’autre volet celui de la prise en charge extrahospitalière était confié a une 

Association privée, l’Elan retrouvé, fondée en 1948 par Sivadon et ses 

collaborateurs du C T R S de Ville Evrard puisque à l’époque un hôpital public ne 

pouvait gérer des structures extra Ŕhospitalières. Des associations analogues on 

été créées à la même époque à partir des autres  

C T R S . 

L’Elan retrouvé  qui doit  commémorer cette année son soixantième anniversaire  

s’est centré d’emblée sur la post-cure avec la création d’une consultation de 

post-cure extra -hospitalière en 1952, puis d’un foyer dans Paris en 1956 et 

enfin du premier hôpital de jour de psychiatrie pour adultes en 1962 également 

dans Paris. 

Des associations analogues  furent créées à parti des autres C T R S en tenant  

compte des particularités locales tant sur le plan socio Ŕ économique que 

sanitaire. 

 Depuis les structures sanitaires et médico- sociales créées ou gérées par l’Élan 

se sont multipliées car à la différence de l’œuvre Falret, et sans doute parce que 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 6 

Dr Jean Garrabé, « Réponses à lisolement familial dans la psychiatrie française du XIXème et XXème siècle » 

 6 

fondée un siècle plus tard , à la fin de cette période où la législation sociale et 

sanitaire s’est considérablement enrichie et aussi compliquée , nous avons pu 

maintenir une unité et une cohésion dans la politique menée pour ces deux types 

d’institutions. Pour donner un exemple le Médecin Directeur  de l’Elan assume 

cette direction médicale tant pour le sanitaire que pour le médico Ŕsocial. Ceci 

est peut être possible grâce  à la reconnaissance « d’utilité publique » qui oblige 

en même temps à une plus grande rigueur. L’Élan a ainsi pu prendre ces dernières 

années la gestion de diverses structures de la région parisienne qui connaissait 

des difficultés en raison de leur trop petites taille et surtout de  leur isolément. 

Mais je vais arrêter là mon rappel historique, avant 1970, même si j’ai parfois 

dépassé cette date puisque c’est de ces années que le Dr Jean-Michel Gentizon  

date la fin des  colonies familiales dont il va nous parler maintenant.   

Ouvrages cités. 

1.- Pinel Ph. Traité médico- philosophique sur l’aliénation mentale. Seconde 

édition entièrement refondue et très augmentée  (1809)  présenté et annotée 

par Jean Garrabé et Dora B.Weiner . Paris : Les empêcheurs de penser en rond/ 

Le Seuil ; 2005. 

2.- Esquirol  E. Des maladies mentales considérées du point de vue 

médical,hygiénique et médico - légal . Paris :J.-B. Baillière ;1838.  

3.- Odier B. Les sociétés de patronage d’aliénés guéris et convalescents au XX è 

siècle. Thèse Pari. Pitié. Salpêtrière 1982.  

4.-  Falret J. P. Des maladies mentales et des asiles d’aliénés. Leçons cliniques et 

considérations générales ; Paris : J.-B. Baillière ;1864. Rééd. Chilly- Mazarin : 

Sciences en situation.1994.  

5.- Sivadon P. Psychiatrie et Socialités. Toulouse : Eres ; 1993 .   


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Déplier Fermer  Congrès 2012 à Lyon

Argumentaire et appel à communication des 10èmes journées de formation du GREPFA les 7 et 8 juin 2012 à Villeurbanne


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Déplier Fermer  Programmes congrès 1996-2001

Vous trouverez ici, le recueil de l'ensemble des argumentaires et programmes des 9 congrès organisés par le GREPFA France depuis 1996.


GREPFA_Synthese_de_tous_les_congres.pdf(905,67 ko) Téléchargé 508 fois Télécharger Hyperlien   Prévisualiser...  Imprimer...