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Annulation du Congrès 2020 du GREPFA-France

Annulation des journées de formation du GREPFA-France de juin 2020

La situation sanitaire que nous avons traversé nous a contraint à devoir annuler les journées de formation des 11 et 12 juin 2020 à Paris.

Sans possibilité de trouver des dates satisfaisantes de report avant la fin de cette année, le comité d'organisation a définitivement entériné l'annulation de ces journées.

Nous vous informerons de la suite de nos activités dès que nous le pourrons.

D'ici là, vous pouvez continuer à consulter les actes des précédentes journées compilés sur notre site (colonne de gauche). Celui-ci avait rencontré des soucis d'accès, nous empêchant de l'actualiser pendant plusieurs mois: c'est finalement rétabli ! Veuillez nous excuser de ce silence bien involontaire et de ce désagrément.

Nous vous adressons plein d'énergie et d'enthousiasme pour la poursuite/reprise de vos activités auprès des personnes accueillies, des accueillants et assistants familiaux, ainsi que de l'ensemble des professionnels (soignants ou non) de l'Accueil Familial.

Bien amicalement.

L'équipe du GREPFA-France

Congrès Paris 2018

Actes des 13èmes Journées de Formation du GREPFA France

CLIQUER dans Actes des Congrès (à gauche ;)) sur Congrès 2018 à Paris

qui se sont tenues les Jeudi 7 et vendredi 8 juin 2018 à Paris

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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 1 

Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

 1 

J. JUNG, 

Psychologue clinicien, Equipe du RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon. 

Dr T. ROCHET, 

Médecin chef, Equipe du RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon. 

C. PETAVY, 

Assistante sociale, Equipe du RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon. 

N. POURCEL, 

Assistante sociale, Equipe du RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon. 

S. MOUTARDE, 

Secrétaire médicale, Equipe du RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon. 

« Vers une spécificité de l’indication 

d’Accueil Familial Thérapeutique » 

Initialement pensé comme une alternative à l’hospitalisation, L’AFT s’est 

progressivement développé ces dernières années au point qu’aujourd’hui, 

l’expérience acquise en ce domaine permet d’envisager les indications d’une façon 

plus précise. 

Après une présentation du dispositif d’accueil familial thérapeutique pour 

enfants et adolescents (RAFT) créé il y a 8 ans en pédo-psychiatrie, nous 

chercherons à dégager les enjeux posés par l’indication en AFT, à partir des 

attentes multiples, des parents comme des services de soin, concernant cette 

modalité de soin. 

Ainsi, nous interrogerons, au-delà des aspects éducatifs, la place qu’occupe 

cette modalité d’accueil dans le dispositif de soin ainsi que les conditions d’un 

Accueil Familial « thérapeutique ». 

Enfin, en nous appuyant sur les questions posées par ce type de prise en 

charge, nous préciserons ce qui, aujourd’hui, nous paraît répondre,  de façon 

spécifique et pertinente, à une indication « positive » d’AFT en pédopsychiatrie. 

Deux exemples de situations d’accueil viendront étayer notre réflexion. 

1- Présentation du RAFT (Relais Accueil Familial Thérapeutique)  

2- Pluralité des indications d’AFT 

- Situation de Célestine 

- Situation de Luc 

3- Vers une spécificité de l’indication d’AFT 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 2 

Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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1 – PRESENTATION DU RAFT : 

Le Relais Accueil Familial Thérapeutique ou RAFT est une structure 

intersectorielle (pédopsychiatrie), qui dépend de l’hôpital du Vinatier, situé à 

Lyon. Ce service a été créé il y a maintenant presque huit ans pour répondre à 

deux objectifs principaux : 

 1 – Poursuivre et développer des modalités de prise en charge alternatives 

à l’hospitalisation. 

 2- D’autre part, regrouper au sein d’une même unité les moyens mis à 

disposition mais pas toujours utilisés (2 places tps plein par secteur) de chaque 

secteur, afin d’organiser un dispositif d’accueil familial thérapeutique autonome 

permettant le recrutement, le suivi et la formation des assistantes familiales, 

ainsi que la mise en place effective des accueils. 

 Ce projet s’est développé avec la mise en place d’une équipe 

pluridisciplinaire à temps partiel, composée d’un médecin chef, d’une secrétaire 

médicale, de deux assistantes sociales, d’un psychologue et d’un groupe 

d’assistantes familiales aujourd’hui au nombre de 8 pour 20 enfants accueillis. 

Le RAFT s’adresse à des enfants et des adolescents de 0 à 18 ans suivis au 

sein d’une structure de soin dépendant de l’hôpital du Vinatier (CMP, HDJ, 

CATTP). 

Les demandes d’Accueil Familial Thérapeutique (AFT) nous sont adressées par 

les équipes de soin où sont suivis les enfants. L’AFT s’inscrit de ce point de vue 

comme un complément à un soin déjà engagé sur le pôle de pédo-psychiatrie, 

lequel se poursuit pendant au moins toute la durée de l’accueil. L’AFT constitue 

en ce sens une indication médicale posée par le médecin référent au même titre 

qu’une prise en charge thérapeutique ambulatoire ou institutionnelle en centre de 

jour, CATTP ou  CMP.  

On verra que le dispositif relativement nouveau et atypique que propose le 

RAFT, au regard des autres modalités de soin en pédopsychiatrie, n’est pas sans 

causer des tensions institutionnelles au sein de l’hôpital quant à la façon 

d’organiser et de penser le soin à différents niveaux et en réseau, en 

bouleversant parfois les pratiques institutionnelles traditionnelles.  

Cette question en soulève une autre, à savoir quel est le statut de l’AFT au 

sein du dispositif de soin en pédopsychiatrie. S’agit-il d’un soin à part entière ? 

Doit-on considérer les assistants familiaux comme des soignants ? D’autre part, 

qu’est-ce qui fait que cet accueil est thérapeutique ? 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 3 

Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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Chaque demande adressée au RAFT est étudiée et fait l’objet d’une première 

rencontre avec l’équipe soignante pour présenter la situation de l’enfant. 

L’indication d’AFT n’étant pas une fin en soi, la demande est évaluée et reliée à 

un projet à plus long terme comme par exemple une orientation dans un 

établissement spécialisé type IME. Le temps, la fréquence d’accueil ainsi que 

l’intérêt d’envisager des nuits ou des repas sont abordés lors de cette première 

rencontre. Une attention particulière est portée sur l’adhésion de la famille au 

projet d’accueil, condition indispensable à sa mise en place. Ce temps est 

l’occasion pour l’équipe du RAFT de confirmer ou non l’indication et de 

commencer à penser au profil d’une assistante familiale. 

Une seconde rencontre est organisée en présence de l’assistante familiale 

pressentie, de l’équipe soignante demandeuse et d’une partie de l’équipe du RAFT. 

Cette rencontre est destinée à présenter l’enfant dans son environnement, le 

dispositif de soin dans lequel il s’inscrit et à répondre aux questions de 

l’assistante familiale. 

Enfin, une dernière rencontre a lieu cette fois-ci sur le lieu de soin en 

présence des parents, de l’enfant, de l’équipe soignante, de l’assistante familiale 

et d’une assistante sociale du RAFT. Cette rencontre a pour objectif de finaliser 

le projet d’accueil et débouche sur la rédaction d’un contrat d’accueil signé par 

toutes les parties (C’est le moment où sont notamment abordés les aspects 

pratiques de la mise en place de l’accueil, les engagements respectifs de chacun, 

etc.). 

On l’aura compris, toutes les modalités d’accueil sont potentiellement 

envisageables à condition qu’elles prennent sens pour tous les acteurs de 

l’accueil. L’AFT est donc pensé à chaque fois au cas par cas, dans une logique 

d’intégration et d’articulation au dispositif existant. Cet aspect suppose en outre 

une participation des équipes soignantes pour soutenir la réalisation du projet, 

que ce soit à travers les liens qui s’établissent avec les familles d’accueil ou avec 

le service du RAFT. 

Par ailleurs, dans le but d’optimiser les aspects thérapeutiques d’un tel 

dispositif, nous insistons sur l’importance de la différenciation des temps et des 

espaces dans lesquels évolue l’enfant accueilli. C’est pourquoi dans la majeure 

partie des cas l’accueil se limite à quelques séquences d’une durée variable de 2 à 

6 heures par séquence, ceci en cohérence avec le dispositif de soin déjà en place. 

Il s’agit de séquences fixes qui ont lieu en général de 2 à 4 fois par semaine.  

D’autre part, la quasi-totalité des accompagnements sont effectués en taxi 

(fonction tiers), transports pris en charge par la sécurité sociale. Ceci a pour 

fonction d’assurer une différenciation des espaces en plus d’une certaine 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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fiabilité du cadre d’accueil. Dans ces conditions, l’espace de l’accueil bénéficie 

d’une certaine neutralité en devenant un espace protégé, suffisamment délimité, 

ce qui ne signifie pas pour autant qu’il soit un espace étanche, coupé du monde 

extérieur et du reste du soin. Au contraire, cette situation contribue à ce que la 

famille d’accueil se sente suffisamment dégagée des éléments de réalité 

susceptibles de modifier les conditions d’accueil, et puisse se concentrer sur l’ici 

et maintenant de la rencontre avec l’enfant.  Ce principe de différenciation à 

l’origine de l’accueil, associé à la disposition d’esprit de l’assistante familiale, 

permettra à l’enfant d’investir ce lieu différemment. 

Un temps de supervision groupal mensuel ou plus exactement de reprise 

élaborative des situations d’accueil est assuré par le psychologue. Destiné à 

toutes les assistantes familiales, ce temps est l’occasion de travailler les 

situations d’accueil et de leur donner collectivement un sens après-coup. Ce 

travail a pour fonction de soutenir l’AF dans l’accueil et de l’aider à se situer 

dans la rencontre avec l’enfant, de développer ses capacités d’élaboration 

clinique et d’ajuster son positionnement professionnel aux situations 

rencontrées. Ce travail peut être associé à un temps de reprise individuel, à la 

demande de l’assistante familiale et/ou proposé par le psychologue. 

Un temps de formation également mensuel assuré par le psychologue et des 

intervenants extérieurs permet de reprendre et d’approfondir certaines 

problématiques rencontrées dans l’accueil. D’une façon générale, la formation 

propose un apport théorique sur des thèmes qui touchent de près ou de loin la 

pratique de l’accueil. 

Un accompagnement des familles d’accueil est également assuré par les 

assistantes sociales. Il consiste en des entretiens téléphoniques réguliers et des 

visites à domicile annuelles. Il s’agit donc d’un travail de liaison qui intègre tout 

autant les aspects organisationnels de l’accueil que l’écoute et le traitement des 

difficultés posées par l’accueil au quotidien. 

 

2 – PLURALITE DES INDICATIONS D’AFT : 

 

Comme pour tout dispositif  de soin, la création d’un service comme le RAFT 

suppose l’élaboration d’un projet comportant des missions et des objectifs. Son 

évolution dépendra à la fois de la manière dont le dispositif aura été sollicité 

selon les attentes des pôles de pédo-psychiatrie et des expériences 

temporellement acquises à travers les accueils successifs réalisés par notre 

service. 

Si l’élaboration d’un projet de service d’AFT permet de dégager un certain 

nombre d’axes sur les objectifs thérapeutiques, il reste que toute une partie de 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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son projet demeure liée à la façon dont il est utilisé en pratique par les services 

de soin.  

Sans doute bien davantage que pour les dispositifs classiques et malgré les 

nombreuses sollicitations dont il est l’objet, le RAFT a pu et peut encore être 

amené à souffrir d’une identité aux contours mal définis. En effet, la diversité 

des représentations que peuvent s’en faire les équipes soignantes y contribue, en 

l’assimilant tantôt à un accueil social à visée éducative, tantôt en le considérant 

comme une alternative aux prises en charge thérapeutiques existantes. 

 Le vécu des familles d’accueil d’un manque de reconnaissance vis-à-vis des 

services dans lesquels sont suivis les enfants qu’elles accueillent l’illustre bien 

aussi, même si ce sentiment a pu évolué. L’indication « par défaut » rend compte 

de cette problématique : confronté aux limites d’une prise en charge, l’indication 

d’AFT pour une équipe de soin peut constituer avant tout un ailleurs, une issue, 

un autre lieu, dans certains cas un relais du soin.  

Parmi les indications dites « par défaut », on peut penser à ces patients sans 

solution ou encore sans solution de soin satisfaisante. Ce sont des patients au 

parcours thérapeutique souvent chaotique, ayant déjà fait l’objet sans succès de 

plusieurs orientations / indications et / ou qui se trouvent en attente d’un accueil 

en établissement médico-social. Il peut s’agir d’enfants dont le soin est amené à 

s’arrêter. C’est le cas des prises en charge institutionnelles en centre de jour ou 

CATTP petite enfance qui s’achèvent à 6 ou 12 ans et qui souffrent d’un manque 

de relais au sein du secteur. 

D’autres demandes mettent l’accent plus directement sur l’épuisement des 

familles qui demandent à être soulagées. 

Toutes ces demandes se traduisent par ce que nous pouvons appeler des 

indications « par défaut », c'est-à-dire des indications dont le but est avant tout 

de pallier le manque, la limite, l’échec face auxquels se retrouvent les équipes de 

soin. 

Pour autant, est-ce le rôle de l’AFT de répondre à ces demandes, de suppléer 

au manque de structures adaptées sur le secteur ? Jusqu’où pouvons-nous 

répondre sans risquer de compromettre le sens thérapeutique d’un tel projet ou 

de nourrir l’illusion suivant laquelle l’AFT serait « La » solution à ce type situation 

? A quelles conditions ces demandes peuvent-elles malgré tout prendre un sens  

et  ouvrir sur une évolution thérapeutique chez l’enfant ? 

Il semble important de repérer ici, au-delà de la demande d’AFT pour un 

patient, une demande institutionnelle plus profonde, consistant à traiter 

l’intraitable, à trouver une réponse thérapeutique qui permettra dans certains 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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cas de reconsidérer la problématique du jeune, de réinvestir une situation 

devenue critique pour la famille, l’équipe de soin et l’institution. 

 

Situation de Célestine : 

 

 

Célestine a 4 ans et demi lorsqu’elle nous est adressée par le médecin du 

CMP qui la suit. Elle bénéficie alors d’une prise en charge sur un groupe 

thérapeutique deux fois par semaine et elle est suivie en parallèle en 

orthophonie une fois par semaine dans le privé. Les entretiens révèlent un 

léger retard : marche acquise à 18 mois, propreté à trois ans. Elle 

présente à ce moment-là un trouble de l’attention : elle a du mal à écouter 

les consignes, a besoin en permanence d’être cadrée. Elle ne présente pas 

de trouble de la personnalité mais a du mal à accéder, semble-t-il, à 

certaines modalités de symbolisation. 

En réalité ce sont essentiellement ses parents qui sont en difficulté : la 

maman est en invalidité, le papa a du mal à poser des limites et Célestine 

ne bénéficie pas d’un étayage rassurant par ses parents. 

La demande d’un accueil dans une famille pendant l’été est suscitée par 

le fait que les parents se sentent en grande difficulté : l’école s’arrêtant, 

ils ont très peur d’avoir à assumer leur fille toute la journée. Ce sont eux 

qui ont besoin d’un relais. 

Célestine est scolarisée à ce moment-là en grande section de maternelle 

et l’équipe de soin a évoqué la possibilité à long terme d’une prise en 

charge pour cette petite fille dans un établissement médico-social mais les 

parents souhaitent pour l’instant que Célestine reste au domicile. 

Devant l’ambivalence de la famille et pour tenir compte des différents 

éléments de la demande, un AFT est envisagé chez une famille d’accueil le 

mercredi ainsi qu’une partie des vacances scolaires. 

Les premiers temps de l’accueil, l’AF découvre une petite fille très 

agréable, câline et sans problèmes particuliers. Parallèlement, la scolarité 

connaît une évolution très favorable au point où il n’est plus question 

d’orientation en établissement spécialisé. 

Célestine se développe normalement même si, aux dires de la mère, les 

problèmes de comportement à la maison persistent. En effet, Célestine 

« désobéit » et les parents se sentent régulièrement débordés dans leurs 

capacités éducatives. Les punitions souvent disproportionnées ne suffisent 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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pas à la limiter. Au contraire dans la famille d’accueil  « tout se passe 

bien ». 

Face à cette situation familiale précaire, une aide éducative finit par se 

mettre en place difficilement. 

L’accueil se poursuit maintenant depuis plusieurs années et semble avoir 

apporté à Célestine un équilibre environnemental grâce à la qualité des 

relations établies d’une façon durable avec la famille d’accueil et au 

maintien du lien avec sa famille. 

Cet accueil pourrait encore durer des années mais son évolution nous 

autorisent à réfléchir à d’autres modalités de prise en charge. Célestine a 

actuellement 11 ans et l’annonce faite il y a presque un an de la fin de 

l’accueil officiel chez Mme G permet de commencer à réfléchir à un 

nouveau projet. La mise en place récente d’une prise en charge individuelle 

au CMP s’inscrit dans cette perspective. 

 

 

Situation de Luc : 

Luc est un grand enfant de 10 ans originaire d’Afrique centrale. Son 

père est décédé alors qu’il était tout petit.  

Il présente un autisme infantile précoce type Kanner avec absence de 

langage et apparition de troubles du comportement de type hétéro- 

agressif dans le cadre de sa prise en charge au centre de jour. 

Suivi depuis janvier 2003 à raison de 4 demi-journées par semaine, le 

soin de cet enfant s’est avéré progressivement extrêmement complexe et 

de plus en plus difficile. Avec Luc, la communication a toujours été très 

restreinte, Luc n’utilisant aucun mot. Ses capacités de compréhension, 

même très limitées, lui avaient permis de prendre part à certaines 

activités de groupe et d’interagir avec les soignants dans une recherche de 

contact. 

Dans sa demande, l’équipe de soin nous précise que le travail du centre 

de jour n’a pas pu être particularisé pour cet enfant présentant des 

troubles aussi spécifiques. Ce dispositif centré sur les médiations et la 

recherche d’émergences relationnelles n’a malheureusement pas permis de 

l’aider dans sa structuration. 

En lieu et place de progrès cliniques, ce sont des troubles du 

comportement qui se sont développés : irruption de violence énigmatique, 

conduites dangereuses à l’égard des soignants comme des enfants, 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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manifestations qui ont conduit le médecin responsable à suspendre le soin 

au centre de jour. 

Selon sa mère, il ne se montrerait pas violent à la maison. Il semblerait 

plus à même de se contenir physiquement en sa présence. Toutefois, La 

naissance d’une petite sœur en 2005, semble être à l’origine de moments 

de tension à la maison. Il se met par exemple à frapper le sol de la main de 

façon brusque ou jeter violemment un objet au sol. 

L’objectif de l’AFT serait de permettre pour l’équipe de soin un travail 

de séparation mère / enfant en vue de faciliter une orientation spécialisée 

avec internat. 

En ce sens, un accueil dans notre service constituerait selon l’indication 

posée un ailleurs autre que la garderie, prémisse d’une séparation pour 

orientation. 

La mère serait favorable à cet accueil même si elle reste convaincue 

qu’aucun lieu ne peut tenir pour son fils. 

Même si le sens d’un AFT apparaît difficile à penser d’emblée, outre le 

fait de la nécessité de travailler la séparation, la mise en place de cet 

accueil chez l’une des familles d’accueil du RAFT est envisagé dans un 

premier temps sur une durée d’une heure trente par semaine.  

Le travail avec l’assistante familiale montre pendant les premières 

semaines un travail d’apprivoisement réciproque qui permet 

progressivement à Luc de se poser, de se détendre. Le respect d’une 

certaine distance physique apparaît à ce moment-là nécessaire pour 

désamorcer la violence de Luc. Puis, des rituels s’installent. Il a l’habitude 

par exemple de s’allonger sur le canapé en arrivant. Un contact corporel 

s’établit par l’intermédiaire de massages. De la musique douce accompagne 

de temps à autres ces échanges. Parfois même il se laisse aller à 

s’endormir. Ces derniers temps il commence à explorer la maison, à se 

regarder dans un miroir. 

Nous apprendrons au cours d’une synthèse, que la situation au premier 

abord très critique de Luc est devenue plus stable et apaisée. La mère 

trouve que son fils va un petit peu mieux. 

Nous ne savons pas au jour d’aujourd’hui comment évoluera l’accueil de 

Luc, mais il semble que cette expérience d’accueil atypique, en plus de 

constituer une issue, un ailleurs dans la façon d’aborder et de penser cette 

situation, aura permis de transformer pour la mère, pour l’équipe de soin 

et pour l’assistante familiale, l’investissement de cet enfant peut-être à 

travers l’émergence d’un regard humanisant.  

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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Il faut reconnaître que dans notre projet initial nous ne pensions pas accueillir 

ce type d’enfant, ce qui révèle une utilisation somme toute assez spécifique de 

notre service. Cependant, nous avons pu être surpris, à maintes reprises des 

effets thérapeutiques impliqués par ce changement de cadre, nous renvoyant 

ainsi aux fondements même de notre projet. 

Comment un enfant vécu comme épuisant pour les soignants d’un centre de 

jour peut-il se comporter parfois très différemment chez la famille d’accueil ? 

Gardons-nous pour autant d’y voir un effet magique « famille d’accueil ». Car si 

l’AFT n’est rien sans la famille d’accueil, l’AFT déborde largement l’espace de la 

famille d’accueil. Ces observations doivent nous interroger sur les enjeux 

thérapeutiques d’un tel dispositif. 

Plutôt que de parler d’indication par « défaut », ce qui peut être pensé comme 

à défaut d’autres choses ou qui ne répond pas de façon spécifique à la situation, 

nous pourrions parler pour les deux situations que nous avons évoquées 

d’indications « limites », c'est-à-dire à la limite du cadre des indications inscrit 

dans notre projet. Nous aurions pu tout aussi bien considérer ces demandes 

comme ne répondant pas aux objectifs fixés dans notre projet.  

Comment penser l’accueil d’un enfant dont le soin principal a été suspendu ou 

encore quel sens un accueil peut-il avoir lorsqu’il semble répondre, en premier 

lieu, aux difficultés des parents ? Au regard de l’évolution de ces deux types 

d’accueil, nous avons à nous interroger sur les conditions qui peuvent rendre ces 

accueils thérapeutiques. 

La pluralité des intervenants, le temps passé à penser le projet d’accueil avec 

les équipes de soins et avec l’assistante familiale pressentie, le temps consacré 

par les équipes de soin pour travailler la demande avec les familles sont autant 

de facteurs qui, combinés entre eux, renouvellent le regard que chacun porte sur 

l’enfant. En ce sens, la mise en place effective du cadre d’accueil est déjà le 

résultat de tout un travail de pensée qui entoure l’accueil.  

C’est dire que l’introduction de ce nouveau dispositif dans l’ensemble du 

dispositif de soin n’est pas un simple complément à ce qui est déjà mis en place. 

Le projet d’accueil va en réalité mobiliser l’ensemble des acteurs et modifier le 

rôle de chacun auprès de l’enfant. L’AFT n’étant pas une fin en soi, la mise en 

place de l’accueil sera aussi l’occasion de repenser le projet de l’enfant à plus 

long terme.  

Ainsi, la mise en place du cadre d’accueil marque concrètement, par 

l’organisation d’un nouveau maillage autour de l’enfant, l’émergence d’un nouvel 

environnement de pensée, d’un autre regard porté sur l’enfant. C’est cet 

ensemble et la multiplicité des liens qui le composent dans la durée qui nous 

semblent être à l’origine de ce qui est thérapeutique dans l’AFT. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 10 

Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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Ces éléments nous amènent à penser le fonctionnement de notre service 

comme un dispositif complexe susceptible de tenir ensemble différents niveaux 

de réalité hétérogènes : 

- A savoir d’une part, l’axe de la demande et de l’indication porté par les 

équipes de soin et qui suppose d’être tenu pendant toute la durée de l’accueil.  

- D’autre part, l’axe concernant davantage le vécu de l’accueil, incarné par les 

assistantes familiales et qui trouvera un sens spécifique notamment dans le 

travail de supervision. 

- En dernier lieu, un axe institutionnel, c'est-à-dire un axe qui différencie 

pour mieux articuler ces deux niveaux de réalité.  

Cette fonction de tiers et de garant du cadre s’illustre dans le dispositif par 

le fait que tout changement au niveau des modalités de l’accueil (à la demande 

des familles, des assistantes familiales, des équipes de soins ou même à 

l’occasion, des chauffeurs de taxi) doit faire l’objet d’une demande au service, 

ceci dans le but de protéger le cadre de l’accueil en assurant sa valeur 

thérapeutique.  

En pratique, on s’aperçoit que cette exigence n’est jamais acquise une fois 

pour toute et doit faire l’objet de rappels réguliers pour défendre et garantir le 

sens thérapeutique de l’accueil familial pour tous les acteurs engagés dans le 

soin. 

Par ailleurs, l’organisation de synthèses régulières constitue un moment fort 

de l’accueil et du soin. Il permet de réunir ces différents niveaux de 

fonctionnement en les dialectisant entre eux et de ressaisir pour chacun le 

projet de l’enfant. Le temps de la synthèse sera en ce sens un temps 

d’appropriation collective de la situation de l’enfant et de son devenir. 

 

3 – VERS UNE SPECIFICITE DE L’INDICATION D’AFT : 

D’un point de vue général, nous pouvons avancer que le caractère « positif » ou 

« par défaut » de l’indication dépend, pour une large part, du sens que chacun 

attribuera à l’AFT pour un enfant et à un moment donné. Il dépend aussi des 

effets de transformations observées chez l’enfant dans son environnement au 

cours de l’accueil. Mais attention, une bonne indication insuffisamment portée 

peut générer parfois plus de difficultés qu’une indication « limite » qui pourra 

être travaillée.  

Même si certaines indications nous apparaissent spécifiques au regard de 

notre expérience et des moyens que nous pouvons mettre à disposition, le travail 

de l’indication et l’évaluation de sa pertinence tout au long de l’accueil doit nous 

faire relativiser l’opposition indication « positive » / indication « par défaut ». 

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Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

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Néanmoins, l’expérience de ces huit années nous permet aujourd’hui d’affiner et 

de dégager certains aspects spécifiques de l’indication d’AFT en pédo- 

psychiatrie : 

Si l’indication générale concerne les enfants pour qui l’expérience de 

séparation est susceptible de relancer le processus de développement, de 

nombreuses demandes concernent des enfants autistes ou TED sortant des 

hôpitaux de jour et en attente de relais sur le secteur médico-social. Pour ces 

situations l’AFT peut être investi dans une fonction d’intermédiaire 

potentiellement transitionnelle permettant d’expérimenter la séparation avec la 

famille avant de l’envisager sous une forme plus complète à travers l’orientation 

en établissement médico-éducatif. Ce type de projet permet en outre de 

soutenir et de relancer le soin tout en soulageant les parents souvent épuisés. 

Si l’accueil ne permet pas toujours la mise en évidence de changements 

importants, il peut trouver un sens minimal dans le maintien des acquisitions et 

des capacités de l’enfant. Autrement dit, ce dispositif maintiendrait un niveau 

d’interaction et de stimulation permettant d’éviter le risque d’une régression 

trop importante ou d’une fixation à un fonctionnement pathologique invalidant. 

En revanche, et c’est ce que met en perspective l’accueil de Célestine, les 

carences affectives liés à des dysfonctionnements familiaux peuvent être 

largement compensées. L’accueil peut s’inscrire ici non pas comme alternative à 

l’hospitalisation mais comme alternative à un placement, lequel comporterait un 

risque de rupture avec le soin et pouvant être vécu par l’enfant comme un 

abandon. 

Sans être pour autant des indications spécifiques, les enfants agités, ayant 

des troubles du comportement ou ne supportant pas les situations de groupe, 

peuvent bénéficier grâce à l’AFT, d’un cadre contenant et sécure au sein duquel 

ils pourront expérimenter une relation duelle parfois exclusive mais souvent 

structurante. 

Dans tous les cas, l’accueil proposé est un accueil séquentiel, organisé sur 

mesure et pouvant comprendre éventuellement, en fonction des disponibilités 

des familles d’accueil, des repas et des nuits. 

L’accueil séquentiel introduit un rythme spécifique pour l’enfant et assure un 

cadre de travail permettant à l’assistante maternelle d’être particulièrement 

disponible pendant toute la durée de l’accueil, ce qui est plus difficile pour un 

accueil à plein temps. L’accueil séquentiel marque de façon suffisamment 

régulière, dans son dispositif même, l’enjeu thérapeutique de la séparation. 

 Enfin, la multiplicité des séquences qui ne répond pas toujours aux demandes 

des familles permet de distinguer l’AFT d’une simple garde d’enfant. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 12 

Equipe RAFT, CHS Le Vinatier, Lyon, « Vers une spécificité de l’indication d’AFT » 

 12 

En conclusion, nous pouvons penser que le montage proposé, au-delà d’une 

simple mise en adéquation des demandes des équipes de soin avec les moyens 

d’accueils dont nous disposons, tend surtout à prendre en compte la spécificité 

des troubles de l’enfant mais aussi celle du contexte social, familial, scolaire 

dans lequel l’enfant évolue.  

Malgré le caractère polymorphe et parfois peu élaboré de certaines demandes 

qui nous sont adressés, nous avons voulu montrer comment certaines indications  

« par défaut » peuvent à l’occasion des rencontres préalables à la mise en place 

de l’accueil ou au cours des synthèses organisées pendant l’accueil être ressaisies 

et envisagées de façon spécifique.  

C’est ce qu’on peut appeler le travail de l’indication lequel se poursuivra tout au 

long de l’accueil. 


grepfalevinatier2008.pdf(56,94 ko) Téléchargé 529 fois Télécharger Hyperlien   Prévisualiser...  Imprimer... 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008)  1 

Equipe AFT Secteur 13, CH Sainte-Anne, Paris « L’AFT - Outil de soins, outil institutionnel » 

8èmes  journées GREPFA – Centre Hospitalier Sainte-Anne - 30 mai 2008                1 

Mme Garcia, 

Assistante sociale, Equipe AFT du secteur 13, CH Sainte-Anne, Paris 

Mme Rideau, 

Cadre supérieur de santé, Equipe AFT du secteur 13, CH Sainte-Anne, Paris 

Mme le Docteur Rousset, 

Equipe AFT du secteur 13, CH Sainte-Anne, Paris 

Mr le Docteur Cheref, 

Equipe AFT du secteur 13, CH Sainte-Anne, Paris 

« L’Accueil Familial Thérapeutique 

Outil de soins, outil institutionnel » 

Monsieur D. est un jeune homme de 35 ans, il est le cadet de deux enfants, il vit 

au domicile familial jusqu’à l’âge de 14 ans. A cet âge,  suite à des mauvais 

traitements de ses deux parents, il est placé en même temps que son frère en 

foyer de la DDASS.   

Les contacts avec les parents sont restreints et réduits à des rencontres 

furtives et le plus souvent médiatisés, en particulier dans le jeune âge. Depuis 

cette rupture, il est confié aux équipes éducatives de la DDASS, vit dans des 

foyers pour mineurs et poursuit une scolarité décrite comme médiocre, qu’i 

interrompra  au cours de la 4ème.  

 

 A l’âge de 18 ans, il réintègre de nouveau le domicile familial, il est alors capable 

de se défendre, il se montre parfois lui-même violent dans un climat familial non 

étayant voir rejetant.  

 

 La première décompensation psychotique se produit à l’âge de 19 ans, il est 

alors hospitalisé dans un service de psychiatrie à la demande d’un tiers, il est mis 

sous traitement neuroleptique et au terme de son séjour hospitalier, il retourne 

au domicile familial, un suivi en consultation est mis en place. Toute cette période 

est émaillée de fugues et de « mises  à la porte », il est alors en errance, vit 

dans la rue et consomme des toxiques.  

 

 A l’âge de 22 ans, il rompt toute relation et quitte définitivement  sa famille 

pour être pris en charge par différentes associations et des équipes socio- 

éducatives  qui lui trouvent des hébergements  dans différents foyers sociaux, 

les départs se succèdent aux départs et aux changements de foyers.  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008)  2 

Equipe AFT Secteur 13, CH Sainte-Anne, Paris « L’AFT - Outil de soins, outil institutionnel » 

8èmes  journées GREPFA – Centre Hospitalier Sainte-Anne - 30 mai 2008                2 

Ces ruptures sont pour la plus part motivées par des départs provoqués par le 

patient (à distance des événements, des hypothèses de vécu délirant persécutif 

sont avancées…). 

 

 Entre 1992 et 1995, Mr D. sera hospitalisé à six reprises, la symptomatologie 

est dominée par des manifestations délirantes à thématique persécutive, des 

angoisses dissociatives et des épisodes de violence verbale et physique avec 

crise clastique, d’intolérance aux frustrations. 

Dans les éléments de l’anamnèse, ces hospitalisations sont en liens avec des 

mouvements de rejet familial et de l’errance qui en découle. 

 

 Nous faisons connaissance avec Mr D. en juin 2005, dans le cadre d’un suivi 

spécialisé sur notre centre médico-psychologique, il se présente à la consultation 

accompagné par un éducateur, il vivait alors dans un appartement géré par une 

association d’aide et accompagnement à la réinsertion sociale et professionnelle. 

Sa prise en charge ambulatoire est difficile, le patient ne se rend que très 

irrégulièrement aux consultations, la prise de traitement prescrit reste 

anecdotique.  

Il se montre alors sous des traits de personnalité dyssociale, hostile et devient 

rapidement agressif envers le personnel de l’association. Son discours est émaillé 

d’un vécu délirant persécutif.  

Dans ce contexte, une décision d’hospitalisation est prise. 

 

 Au sein du service et au-delà d’une première période faite d’opposition 

systématique, le dialogue s’établit progressivement, confirmé par l’amélioration 

clinique, avec la disparition des phénomènes délirants projectifs et persécutifs 

et le retour à un comportement, à un contact plus cohérent et adapté.  

En somme, il s’améliore rapidement dans le cadre institutionnel et s’installe dans 

une organisation hospitalière stéréotypée qui le rassure. Même s’il ne critique 

que partiellement son comportement, il accepte le traitement et les soins 

proposés.  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008)  3 

Equipe AFT Secteur 13, CH Sainte-Anne, Paris « L’AFT - Outil de soins, outil institutionnel » 

8èmes  journées GREPFA – Centre Hospitalier Sainte-Anne - 30 mai 2008                3 

Au vu de l’évolution favorable sous traitement, et en concertation avec l’équipe 

socio-éducative, une sortie de l’hospitalisation est faite, avec retour à 

l’appartement associatif avec suivi en consultation et dispensation du traitement. 

Par ailleurs le patient est réadmis en hôpital de jour pour des activités 

thérapeutiques et de réadaptation. 

 

 En décembre 2006, Mr D. est de nouveau hospitalisé dans le service au décours 

d’une recrudescence anxieuse et après passage aux urgences se plaignant de 

tremblements dans les jambes. 

Depuis plusieurs jours, il ne se rend plus à l’hôpital de jour, il ne se lève pas le 

matin, il est incurique.  

La verbalisation des conflits reste certes limitée, « je préfère agir dit-il, ou 

rationnalise t-il ? » mais Mr D. exprime cependant une thématique à tonalité 

dépressive, ou prédomine le sentiment d’une voie sans issue et ce quelque soit 

l’effort consenti. 

A aucun moment, le patient n’est parvenu à accrocher un suivi au CMP, ni à 

investir les activités de l’hôpital de jour.  

Le patient est apathique, apragmatique augurant une évolution sur un mode 

déficitaire, mais sans expression hallucinatoire, ni délirante. 

L’évolution est favorable, avec levée de l’anxiété et de l’inhibition, alors que le 

traitement n’est pas modifié. Cette amélioration clinique est essentiellement liée 

à la prise en charge institutionnelle : entretien de soutien, prise du traitement, 

des repas et éducation à l’hygiène (toilette corporelle avec bain). 

Il a pu exprimer ses difficultés à vivre dans un appartement et dit ne plus 

vouloir y retourner. 

Il accepte et se montre rassuré par les nouvelles modalités de prise en charge 

qui lui sont proposées.  

Dans ce contexte, Mr D. est admis dans une clinique relais (foyer thérapeutique) 

du service. Au sein de cette unité thérapeutique, la prise en charge se poursuit 

sans difficultés, ni incidents, les troubles du comportement ont disparu, le 

patient est compliant aux soins et se montre sensible aux sollicitations des 

soignants. 

Apparaissent alors des périodes de régression, le patient  laisse alors la 

dépendance à l’autre et à l’institution prendre toute sa place, comme seule 

« stratégie » qui limiterait de nouvelles ruptures.     

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008)  4 

Equipe AFT Secteur 13, CH Sainte-Anne, Paris « L’AFT - Outil de soins, outil institutionnel » 

8èmes  journées GREPFA – Centre Hospitalier Sainte-Anne - 30 mai 2008                4 

Au sein de cette unité de soins, la dépendance institutionnelle du point de vue 

des soignants prend tout son sens avec l’expression de ses avantages et de ses 

inconvénients. 

Alors qu’elle est vécue (la dépendance) par le patient comme « salvatrice » et est 

exprimée non pas par un moyen verbal (les capacités d’introspection et de 

l’expression émotionnelle restant encore dans la retenue chez le patient) mais 

comportementale par la disparition de toute manifestation ou de vécu hostile, 

par une adhésion aux soins (même si les signes d’une ambivalence sont 

perceptibles) et la participation aux activités thérapeutiques. 

 

 Du point de vue soignant, cette  amélioration clinique par la combinaison de 

thérapeutique médicamenteuse et institutionnelle  satisfait, mais, si elle 

confirme : l’intensité de la pathologie psychotique, les difficultés à gérer seul le 

quotidien, l’anéantissement par le vide et le besoin permanent de repères où la 

dimension de l’affect est à la dimension du soin ; cette nouvelle donne interroge 

par les  enjeux et risques de la dépendance et la chronicisation qui viendraient 

annihiler toute perspective d’un retour à une vie sociale de qualité.  

Par ailleurs, aux enjeux de dépendance institutionnelle, se greffe le risque de 

répétitions d’un processus où prime le vécu abandonnique et les perspectives de 

nouvelles séparations génératrices d’angoisses dissociatives et de troubles du 

comportement comme seule alternative à l’expression d’un mal permanent.  

Comme attendu, l’évolution clinique se confirme, Mr D. se stabilise, il est 

totalement intégré dans l’unité de soins, tant au niveau de la clinique relais qu’à 

l’hôpital de jour.  

Malgré son ambivalence, Mr D. semble avoir fait sien que la  dimension « soins » 

pouvait contenir une dimension protectrice, qui le mettrais à distance des enjeux 

affectifs  trop invasifs. 

  

Cependant, un lieu de soins ne peut avoir comme vocation première d’être un lieu 

de vie au long cours et la réflexion sur la mise en place d’un projet de soins 

venant prendre le relais se faisait voir.   

Au final, l’indication d’une admission en accueil familial thérapeutique s’est 

imposée d’elle-même à l’équipe soignante. D’abord rejetée au vu du mot 

« familial », lié à l’histoire familiale de Mr D. faite de maltraitance et de rejet 

actif ; Des craintes de résurgences anxieuses et de nouvelles décompensation 

avec retour à des processus pathologiques de séparation qui lui seraient imposés 

par le changement du lieu de vie, d’interlocuteurs et par une « nouvelle manière » 

de gérer le lien et l’affect.  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008)  5 

Equipe AFT Secteur 13, CH Sainte-Anne, Paris « L’AFT - Outil de soins, outil institutionnel » 

8èmes  journées GREPFA – Centre Hospitalier Sainte-Anne - 30 mai 2008                5 

Mais, au terme « familial » est accolé le mot « thérapeutique » et cette 

perspective de continuité des soins dans la mise en commun des attributs de la 

famille associés aux savoirs  d’une équipe soignante imposait d’elle-même cette 

orientation thérapeutique.  

Par ailleurs, la relation thérapeutique établie avec le patient permet d’anticiper 

les possibles et éventuelles difficultés.  

 

 Mr D. est admis en AFT depuis janvier 2008. Il a repris une autonomie 

étonnante, s’intégrant dans la famille nombreuse au demeurant (le couple, 2 

enfants et 2 autres patients). 

Après une période d’adaptation, et d’accompagnement, il a pu reprendre les 

transports en commun et se rendre à ses activités dans l’unité de jour. 

Son état clinique reste en relative stabilité sous traitement, il est toujours sujet 

à des périodes d’angoisse, mais largement atténuées par l’expérience et la 

vérification, puis de la conviction de la persistance des passerelles entre les 

membres de l’AFT et l’équipe soignante. 

Il se montre toujours dans l’ambivalence face à la nécessité des soins au long 

cours, mais reste dans l’acceptation d’un contrat de soins. 

A la croisée des chemins, face à la demande et une attente ambivalente de Mr 

D., à la fois d’une prise en charge institutionnelle « totale » et d’une réticence 

aux soins, l’Accueil Familial Thérapeutique s’est révélé comme seul levier 

thérapeutique.  

Levier thérapeutique à la reprise de l’autonomie vis-à-vis de l’institution, levier 

thérapeutique dans l’acceptation des soins et levier social de par l’investissement 

par le patient du lien à l’autre en tant qu’individu et dans la continuité.    

  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008)  6 

Equipe AFT Secteur 13, CH Sainte-Anne, Paris « L’AFT - Outil de soins, outil institutionnel » 

8èmes  journées GREPFA – Centre Hospitalier Sainte-Anne - 30 mai 2008                6 

Equipe AFT du secteur 13  

Mme Garcia, assistante sociale 

Mme Rideau : cadre supérieur de santé 

Mme le Docteur Rousset 

Mr le Docteur Cheref 


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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 1 

G. Loiseau & E. Léger, « Paroles autour du quotidien » 

G. Loiseau 

Ergothérapeute, Secteur 75G08, CHS Esquirol, Saint-Maurice 

E. Léger 

Infirmier, CHS Esquirol, Saint-Maurice 

« Paroles autour du quotidien » 

1) Avant le film 

-Présentation de l’Accueil Familial Thérapeutique du Secteur 75G08, Chef de 

service : 

 Dr ROCHE  (CHS ESQUIROL) : 

6 familles d’accueil dont le domicile se situe en Seine et Marne (77)  

et dans le Val de Marne (94) 

7 patients qui ont le statut d’hospitalisé 

Une équipe soignante composée de : 

un psychiatre, Dr SANANES 

une psychologue, Mme MELIARENNE 

quatre infirmiers, Mmes BARRE, ELKESLASSY et SAUSSEY, M. LEGER 

une assistante sociale, Mme NTAHOMVUKYE 

une secrétaire, Mlle RIVOLA 

Tous ces postes étant à temps partiel. 

Présentation du film (table ronde, séjour thérapeutique) et des participants : M. 

LEBOUCHER et M. MICHEL (deux des six patients ayant participé au séjour 

thérapeutique). 

2) Diffusion du film 

POUR DES RAISONS DE CONFIDENTIALITE, LE FILM N’EST PAS 

TELECHARGEABLE SUR LE SITE DU GREPFA. 

3) Après le film 

-Pourquoi un séjour thérapeutique ? 

L’augmentation des congés annuels des familles d’accueil 

Le choix de ne pas réhospitaliser  les patients 

L’aspect économique. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 2 

G. Loiseau & E. Léger, « Paroles autour du quotidien » 

-Des EVIDENCES se sont imposées à nous : 

La formation d’une équipe pluridisciplinaire pour mener à bien ce projet 

(une psychologue, un ergothérapeute, deux infirmiers) et non pas un 

déplacement de l’équipe « AFT » (représentant les soins, les médicaments, 

la maladie, les entretiens…) 

L’apport d’un matériel photo et d’une caméra 

La proposition pendant le séjour d’une table ronde pour faire le point avec 

les patients « autour du quotidien » en AFT 

La participation des patients à l’utilisation du matériel photo et vidéo 

La matérialisation du séjour par des rencontres avec les patients et la 

création d’un groupe pour le montage des films et le choix des photos. 

-Le rôle d’un ergothérapeute : 

Sa place durant le séjour thérapeutique 

La continuité avec le CATTP. 

4) Conclusion : 

Ce séjour était la première expérience pour les soignants et les patients 

C’était également un partage et une inscription dans le quotidien avec les 

patients ce qui différait de notre rôle habituel. 


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 C'est un DIAPORAMA... en pdf


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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 1 

Equipe AFT, CH Mazurelle, La Roche sur Yon, « Papa, Maman, A « F » Tachez-moi pour mieux me détacher » 

Dr Marie Reveillaud et l’équipe d’AFT du CH Mazurelle, La Roche sur Yon 

« Papa, Maman A"F"Tachez-moi pour mieux me détacher » 

L’accueil familial thérapeutique donne la possibilité à l’enfant de reconstituer ses 

enveloppes psychiques en reconstituant les éléments de discontinuité, en 

réparant les trous, les béances liées aux carences, aux traumatismes, aux 

troubles de l’attachement précoce. 

Le « holding », trouvé dans cette famille complémentaire (la famille d’accueil), 

apporte des possibilités de reconstruire une harmonie relationnelle entre le 

corps propre à travers les gestes du quotidien et les personnes vivant dans la 

famille d’accueil. 

L’expérience de nombreuses années de pratique, montre, que par les nouveaux 

points d’appui proposés, il est possible, pour ceux qui souffrent de troubles 

graves de la personnalité, d’intégrer ces nouvelles enveloppes aux différents 

éléments d’enveloppes qu’ils conservent de leurs expériences antérieures et de 

leurs liens actuels avec leurs familles. 

Par superposition des différents éléments, ils peuvent restaurer leurs 

enveloppes psychiques, reprendre alors confiance dans leur capacité à penser et 

à agir de manière plus adaptée à l’environnement. 

Par exemple, dans une situation où le père est absent ou dans laquelle le père 

présente des troubles de la personnalité importants, l’enfant va pouvoir prendre 

appui sur le père d’accueil dans les temps où il est en famille d’accueil. 

Les pathologies relationnelles graves que l’enfant peut présenter dans le cadre 

de sa famille, elle-même pathologique, vont pouvoir, pendant quelques jours par 

semaine, être surmontées grâce aux nouvelles interactions, aux nouveaux points 

d’appui et aux nouveaux codes de conduite au quotidien qu’il trouvera dans sa 

famille d’accueil (tuteurs de résilience comme dirait Boris Cyrulnick). 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 2 

Equipe AFT, CH Mazurelle, La Roche sur Yon, « Papa, Maman, A « F » Tachez-moi pour mieux me détacher » 

Bien souvent, l’enfant va pouvoir bénéficier d’une psychothérapie ou d’entretiens 

individuels ; il est souvent pris en charge, parallèlement, en hôpital de jour ou 

dans un groupe thérapeutique au CMP. Les différentes personnes du service, qui 

s’occupent de l’enfant, participent alors à la réunion hebdomadaire 

institutionnelle de l’accueil familial thérapeutique pour apporter les éléments de 

ces espaces de soins. 

Notre structure d’accueil familial thérapeutique est caractéristique par certains 

aspects. 

1) Première caractéristique : Nous ne faisons que du temps séquentiel bien 

que, dans les quelques cas que nous allons vous proposer, dans la mesure où l’on 

veut présenter les symptômes liés aux problèmes d’attachements, on a plutôt 

fait des accueils de 3 à 4 nuits par semaine. Mais le plus souvent, dans notre 

structure, nous mettons en place des accueils d’un jour et d’une nuit, ou deux 

jours et deux nuits, pour permettre aux parents de ne pas se sentir 

déresponsabilisés ou désappropriés de leur enfant. 

Si la fonction parentale des parents n’est pas redynamisée après 6 à 8 mois, nous 

préférons renoncer à cette forme de soins, au profit d’une aide éducative ou d’un 

placement.  

Elisa, en AFT pendant 6 mois, sans changement des parents, voire un désintérêt, 

il y a eu un signalement, puis un placement.  

2) Deuxième  caractéristique : les familles d’accueil n’ont aucun contact avec la 

famille de l’enfant. L’enfant peut s’approprier totalement l’espace qu’il trouve en 

famille d’accueil sans conflit de loyauté et sans être influencé par l’opinion des 

uns sur les autres. 

3) Troisième caractéristique, c’est l’équipe, dans son ensemble, qui pratique la 

supervision de tout le travail. Les soignants fonctionnent en binôme. Il y a deux 

binômes par enfant : un binôme, en VAD, en famille d’accueil, tous les quinze 

jours, et un binôme, en VAD, dans la famille de l’enfant, tous les quinze jours 

également. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 3 

Equipe AFT, CH Mazurelle, La Roche sur Yon, « Papa, Maman, A « F » Tachez-moi pour mieux me détacher » 

En différenciant ainsi les deux binômes effectuant les VAD, nous pouvons 

compter sur la capacité de chaque binôme à recevoir, toutes les informations, 

dans une relation non-chargée des projections négatives de l’autre famille. 

Le travail de la réunion consiste principalement à mettre en cohérence 

l’expression des uns et des autres (de l’enfant, de ses parents, et de la famille 

d’accueil). C’est aussi un apprentissage de chaque soignant à partager ses 

impressions, à avoir un regard sur ses propres sensations et sentiments lorsqu’il 

entend un enfant qui souffre, une famille qui souffre, et les familles d’accueil qui 

s’expriment. 

Chacun partage ses observations, ses ressentis avec les autres soignants. Point 

besoin pour cette équipe de superviseur spécifique, mais la supervision est, en 

fait, une autorégulation de groupe ou une régulation individuelle en groupe. 

Une caractéristique de la réunion d’AFT est d’aboutir systématiquement à des 

décisions, des projets. 

Chacun a donc confiance dans l’effet des échanges et est convaincu que ses 

problèmes seront résolus. 

 

Vignettes cliniques 

LOIC 

 

Loïc est âgé de 14 ans. 

Il nous est adressé après deux mois sans scolarisation ; il ne va pas à l’école 

depuis la rentrée scolaire. Dès la première heure, il est pris d’angoisses massives 

et il ne peut plus mettre les pieds au collège jusqu’à ce que nous nous occupions 

de lui, deux mois plus tard. 

Loïc ne connaît pas son père. Sa mère l’a élevé seule. Pendant quatre ans, elle a 

été hébergée par ses propres parents à elle. Le père n’a jamais répondu aux 

demandes de la mère pour qu’il puisse connaître son fils ou le rencontrer.  

Loïc, à la rentrée scolaire, est amené à étudier un texte de Maupassant 

concernant un enfant sans père qui se fait moquer de lui par les autres. (« Le 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 4 

Equipe AFT, CH Mazurelle, La Roche sur Yon, « Papa, Maman, A « F » Tachez-moi pour mieux me détacher » 

papa de Simon »). Cette étude de texte déclenche une crise d’angoisse et le rend 

incapable de se rendre au collège.  

Sa mère ne décrit pas d’autres problèmes, mais, en fait, elle a déjà consulté 

deux ans auparavant, à la rentrée en sixième ; Loïc avait manifesté quelques 

angoisses au moment de la rentrée au collège. Des entretiens, avec un 

psychothérapeute, l’avaient aidé à surmonter ses angoisses. 

Loïc est entré à l’école maternelle à l’âge de 3 ans. Le deuxième jour d’école, il a 

dit à sa mère : « pourquoi j’y retourne puisque j’y suis allé hier ? ».  

Madame, tout en ayant conscience des difficultés à élever un enfant sans père, 

n’a pas conscience de l’importance de ce manque d’appui identitaire. Elle est très 

étonnée devant la sévérité des symptômes et totalement débordée. 

Elle est rapidement en accord avec notre projet  de proposer, à Loïc, un accueil 

familial thérapeutique lui permettant de se rescolariser rapidement, ce qui se 

passe effectivement. Quatre nuits, en famille d’accueil thérapeutique, avec 

intégration dans un nouveau collège, remettent Loïc dans une scolarité normale 

dès le premier jour de l’accueil familial thérapeutique. 

Loïc se montre un enfant sans problème, charmant, en dehors de son 

agoraphobie, qui est donc plus large qu’une phobie scolaire. Il a des angoisses 

lorsqu’il est dans un lieu où il y a beaucoup de monde qu’il ne connaît pas. 

Parallèlement au soutien identitaire apporté à Loïc, par la famille d’accueil, en 

particulier par le père d’accueil, nous apportons une aide très importante à la 

mère de Loïc qui peut parler de ses propres difficultés et qui prend conscience 

d’un besoin de psychothérapie pour elle-même. 

Loïc raconte au père d’accueil un souvenir qu’il a d’un compagnon de sa mère 

lorsqu’il était plus jeune. On sent que, pour Loïc, c’était quelque chose 

d’important. 

Au stade où nous en sommes pour Loïc, nous pouvons dire que l’accueil familial 

thérapeutique a permis qu’il ne se déscolarise pas plus longuement et qu’il puisse 

continuer à travailler et à utiliser sa pensée pour progresser.  

Parallèlement, nous mettons en place une psychothérapie pour lui-même prenant 

en charge la problématique œdipienne.  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 5 

Equipe AFT, CH Mazurelle, La Roche sur Yon, « Papa, Maman, A « F » Tachez-moi pour mieux me détacher » 

Du côté de la mère, elle pourra faire un travail sur elle-même l’aidant à mieux 

gérer sa relation à son fils.  

Le symptôme a été surmonté grâce à l’accueil familial thérapeutique par la mise à 

distance de l’angoisse maternelle liée, en partie, à l’absence de père. La 

possiblité, pour Loïc, de s’appuyer sur un homme ayant une fonction paternelle 

dans le cadre d’une famille d’accueil où l’interdit de l’inceste fonctionne, l’a 

libéré, d’une part, de l’angoisse de la représentation du couple oedipien, et 

d’autre part, des conséquences du vide lié à l’absence du père. 

L’aspect séquentiel permet à la mère de ne pas se sentir dépossédée et de vivre 

pour elle-même en l’absence de son fils. 

La règle de l’absence de contact, entre les deux familles, est bénéfique pour 

éviter à la mère de se sentir dévalorisée et pour éviter tout jugement sur sa 

situation de mère-célibataire. 

ROMUALD 

 

A l’âge de 6 ans, cet enfant nous est adressé pour des troubles du comportement 

très envahissants : violences,  TOP (troubles de l’opposition avec provocations et 

avec beaucoup d’insultes et de crachats) ; en plus, Romuald a des comportements 

très sexualisés ; il s’exhibe, il touche les parties génitales des hommes comme 

des femmes, mais en particulier celles des hommes. Il est exclu de l’école et 

nous sommes très inquiets pour ses capacités d’intégration. 

Romuald vit avec son père depuis l’âge de 2 ans. Il voit sa mère deux fois par an, 

pendant les vacances scolaires. Elle est obligée de venir le chercher en train ou 

en taxi, car le père ne veut pas l’aider pour les transports. 

Le père présente un trouble de la personnalité très important ; il est 

extrêmement méfiant et agressif, provocant et insultant. Nous craignons, pour 

Romuald, des comportements sexualisés de la part de son père. 

Plusieurs signalements au Juge des Enfants n’ont pas entraîné de réactions de la 

part  de cette instance protectrice de l’enfance. Le père continue toujours à 

élever son enfant, mais devant l’éviction scolaire importante, il est obligé 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 6 

Equipe AFT, CH Mazurelle, La Roche sur Yon, « Papa, Maman, A « F » Tachez-moi pour mieux me détacher » 

d’accepter notre proposition d’accueil familial thérapeutique pour permettre à 

Romuald de réinvestir la scolarité.  

Grâce à la famille d’accueil, l’enfant va pouvoir fréquenter une nouvelle école. 

Avec une maîtresse très tolérante, il pourra utiliser son intelligence pétillante et 

renoncer à des comportements violents en famille d’accueil.  

Il continue à aller chez son père lors des week-ends. Le père n’accepte pas les 

conditions de notre structure qui implique des rencontres deux fois par mois, 

mais nous ne voulons pas mettre en péril la fragile restructuration de Romuald. 

Nous acceptons donc, à titre exceptionnel, cette absence de rencontre avec le 

père tout en maintenant des contacts téléphoniques. 

Nous avons l’impression, dans cet accueil familial thérapeutique, que nous faisons 

un travail autant social que thérapeutique, mais c’est seulement grâce à cet 

accueil que Romuald a pu retrouver plaisir à apprendre ; il a pu avoir, à nouveau, 

des relations sociales normales et prendre du plaisir à une vie familiale, partager 

des repas conviviaux et apprendre à respecter les adultes. 

L’emprise paternelle s’est relâchée lors des jours passés en accueil familial 

thérapeutique permettant à Romuald de penser par lui-même. 

Le père, probablement inquiété par le dernier signalement que nous avons fait, 

décide de déménager pour la troisième fois. Nous n’avons donc plus de contact 

avec Romuald aujourd’hui. 

MARVIN 

 

Deuxième d’une fratrie de quatre. 

Marvin est reçu à l’âge de 9 ans pour des troubles du comportement :  

- insultes envers sa mère principalement,  

- comportement irrespectueux envers ses deux parents, opposant avec 

provocations,  

- encoprésie rebelle depuis plusieurs années. 

Marvin vient à la suite d’une consultation demandée pour son frère aîné, Adrien.  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 7 

Equipe AFT, CH Mazurelle, La Roche sur Yon, « Papa, Maman, A « F » Tachez-moi pour mieux me détacher » 

Adrien a consulté avec ses parents pour la première fois pour une violence dans 

ses comportements, en particulier, envers son frère, Marvin.  

Il nous apparaît que le problème le plus important dans la famille est justement 

la relation des parents avec Marvin, c’est pourquoi nous décidons de prendre en 

charge Marvin tout en maintenant une prise en charge individuelle pour Adrien.  

La problématique familiale apparaît d’emblée extrêmement conflictuelle autour 

d’un nœud d’angoisses lié à un comportement agressif du frère aîné sur Marvin 

lorsque ce dernier était tout bébé. 

Des problèmes de santé dans la petite enfance de Marvin ont entraîné une 

attitude d’hyperprotection, principalement de la mère, mais assortie d’une 

exigence très importante ; exigence d’obéissance. Les problèmes de santé graves 

ont entraîné des hospitalisations à plusieurs reprises, aggravant l’emprise 

maternelle. 

Ces différents accidents de santé ont renforcé l’hyperprotection, mais n’ont, en 

aucun cas, diminué l’exigence importante des deux parents, en particulier de la 

mère. 

L’encoprésie nous semble très liée à l’attitude d’opposition de Marvin envers 

l’autorité maternelle, en particulier. 

Quelques semaines après la première consultation pour Marvin, on a l’impression 

de retrouver la relation de Poil de Carotte avec sa mère ; c’est-à-dire une 

relation de violence réciproque, avec un conflit qui nous semble très difficile à 

dénouer. Le père n’aide pas la relation mère-enfant, bien au contraire. Il est 

extrêmement culpabilisant pour tout le monde. Lui-même est assez violent dans 

ses propos, voire irrespectueux envers ses enfants ou sa femme. 

Nous mettons en place, avec une adhésion assez rapide des parents, un accueil 

familial thérapeutique, à raison de trois nuits par semaine, espérant ainsi 

soulager les parents des tensions devenues insupportables à la maison, d’un 

envahissement par le caca de Marvin, en espérant également lui redonner un élan 

dans son travail scolaire qui pose aussi des problèmes. 

Lors des entretiens avec les parents, nous apprenons que la mère, elle-même, 

était encoprétique et qu’elle a été mise en internat à l’âge de 12 ans. Elle a 

beaucoup souffert des moqueries de ses camarades. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 8 

Equipe AFT, CH Mazurelle, La Roche sur Yon, « Papa, Maman, A « F » Tachez-moi pour mieux me détacher » 

Lors d’un entretien avec le père, j’apprends qu’elle était extrêmement inhibée 

avant son mariage et le père considère que c’est elle, maintenant, qui prend le 

dessus dans le couple et que lui n’a plus son rôle, qu’il avait apprécié au départ, de 

protection vis à vis de son épouse. 

Les débuts en famille d’accueil thérapeutique sont extrêmements difficiles. 

Marvin est très opposant. La famille d’accueil est assez envahie par l’encoprésie, 

mais grâce au soutien que nous apportons à cette famillle, les parents d’accueil 

réussissent, peu à peu, à aider Marvin à surmonter ses difficultés. 

Au bout de 3 mois, le symptôme régresse, mais il réapparaît à plusieurs reprises ; 

c’est au bout d’un an seulement que le symptôme d’encoprésie semble avoir 

disparu. 

Le conflit de Marvin, avec ses parents, reste cependant au premier plan. Si cet 

accueil familial thérapeutique a résolu la problématique d’attachement, il n’a pas 

dénoué tous les fils du nœud conflictuel l’opposant à ses parents. 

Un temps d’accueil expérimental, plus long dans le temps (un mois et demi non- 

séquentiel) nous permet de repérer les problèmes de couple des parents et de 

proposer un psychothérapeute extérieur au service, espérant ainsi les aider à 

retrouver un équilibre familial avant d’accueillir, à nouveau, leur fils. 

Au moment de la première sédation du symptôme principal qui est l’encoprésie, 

l’enfant présente des troubles du comportement à l’école et un fléchissement du 

travail scolaire important. 

L’accueil familial thérapeutique aide également Marvin à retrouver son 

dynamisme sur le plan des apprentissages, mais il y aura un oscillement pendant 

quelque temps entre encoprésie et fléchissement du travail scolaire. 

Après deux ans d’accueil familial thérapeutique, Marvin a réussi à vaincre son 

symptôme très envahissant. Il a réussi à voir aussi qu’il était capable d’avoir un 

comportement différent et de ne pas être, sans arrêt, dans la provocation, mais 

cela n’a pas changé les intéractions pathogènes de la famille, c’est pourquoi nous 

conseillons aux parents de traiter ce problème dans un autre espace. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 9 

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VERONIQUE 

Véronique, à l’âge de 12 ans, présente un trouble de l’attachement sévère avec sa 

mère qui est hyperprotectrice et qui, dans le même temps, se plaint de sa fille. 

Elle manifeste une phobie sociale. Elle ne sort plus de sa chambre. Elle ne veut 

plus aller à l’école. Elle ne veut plus, non plus, rencontrer qui que ce soit. 

Véronique a été élevée par ses deux parents jusqu’à l’âge de 3 ans. Jusqu’à l’âge 

de 8 ans, elle a rencontré, de temps à autre, son père. 

A partir de l’âge de 8 ans, elle ne le voit plus et entend des propos très négatifs, 

sur lui, par sa mère, qui, elle-même, a eu une enfance difficile. Elle a été 

complice, sans le vouloir, de l’infidélité de son père lorsqu’elle était, elle-même, 

adolescente. Elle a une relation très spéciale à son père, très liée à lui, mais 

craignant son jugement. 

La pathologie de Véronique étant très handicapante, nous mettons en place assez 

rapidement un accueil familial thérapeutique quatre jours et quatre nuits par 

semaine pour lui permettre de réinvestir la scolarité dans une autre petite ville 

de La Vendée avec le soutien de la famille d’accueil. 

La mère a beaucoup de mal à accepter cette proposition thérapeutique surtout 

que dans sa famille, elle est très critiquée par rapport à ce projet. Son père, en 

particulier, a une réaction extrêmement violente ; il met un panneau sur la maison 

de sa fille l’accusant de se débarrasser de Véronique. 

Parallèlement, la mère révèle une maladie assez importante. Nous l’incitons à 

prendre en charge sa santé, mais elle a beaucoup de mal à s’occuper d’elle-même. 

Elle souffre de l’absence de Véronique. Elle accepte cependant le maintien de 

l’accueil familial thérapeutique en voyant les effets positifs sur sa fille. Avec 

beaucoup de courage, elle accepte de se séparer d’elle toutes les semaines. 

Le fonctionnement de notre structure d’accueil familial thérapeutique va 

permettre à la mère de Véronique d’être très soutenue par les visites à domicile 

de deux soignants, tous les quinze jours, chez elle. Elle va d’abord faire un travail 

important sur elle-même qui l’amènera à prendre en charge sa santé.  

Parallèlement, Véronique réinvestit la scolarité et les relations de camaraderie. 

La famille d’accueil que nous lui avons proposée, lors de la première année, n’est 

pas affectueuse avec elle, ce qui permet à la mère de Véronique d’accepter cet 

accueil thérapeutique, car il n’y a pas d’investissement affectif concurrentiel ; il 

y a juste une possibilité de réinvestir le collège et le travail scolaire. 

La deuxième année, nous proposons, à Véronique, une famille différente et il nous 

semble que la mère de Véronique est capable, à ce moment-là, d’accepter une 

certaine concurrence dans la relation affective avec sa fille. Elle se rend compte 

que Véronique a bien progressé et qu’elle ne risque pas de perdre l’affection de 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 10 

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sa fille. Elle accepte ce relais. C’est alors qu’elle prend plus soin de sa santé et 

qu’elle découvre l’étendue de sa maladie. 

Véronique va donc terminer sa deuxième année d’accueil familial thérapeutique 

en ayant réinvesti le scolaire et la mère peut mettre en place un accueil familial 

dans le cadre d’un contrat qu’elle-même va signer ; elle payera la famille 

accueillante à la place d’un internat car elle pense que Véronique est plus 

heureuse dans une famille que dans un internat. 

On peut dire que cet accueil familial thérapeutique a été très utile pour 

Véronique et même pour sa mère. 

Le travail de régulation hebdomadaire, en équipe, a permis au binôme chargé de 

soutenir la mère, d’exprimer son émotion liée à l’angoisse de mort et d’entendre 

les besoins de Véronique exprimés par le binôme rencontrant la famille d’accueil. 


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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 1 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

Dr Marie-Dominique BAZIRE, 

Praticien hospitalier1

Stéphane LAPLACE, 

Psychologue2

Marie-Claire LEMAITRE, 

Cadre infirmier1. 

« Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

Résumé : 

 Les auteurs, dans cette communication, font part de leur pratique commune au sein du 

Placement Familial Thérapeutique en tant qu’indication positive de l’Accueil Familial Thérapeutique. 

 Ils évoquent l’évolution d’un P.F.T. créé il y a 30 ans. De nouvelles pratiques se sont mises en 

place, tentant de répondre au mieux aux problématiques de l’enfant en difficulté dans sa famille, qui 

plus est avec une pathologie psychiatrique reconnue. 

 Cette présentation se présentera comme suit : 

I) Introduction 

II) Historique du Placement 

III) Evolution dans l’organisation des placements 

1) La préparation du placement 

2) Le relais dans le placement 

3) Les indications à temps partiels 

4) Placement à l’amiable 

5) L’observation 

6) L’accueil de jour 

7) La sortie 

8) Le travail en réseau 

9) La sortie 

IV) Conclusion 

I) Introduction : 

 Placement Familial Thérapeutique : pour être simple, nous dirons que le placement est 

le fait qu’un enfant soit élevé par une famille autre que sa famille. Cette situation est connue 

depuis l’antiquité. L’histoire, la légende, et le mythe font référence à ce moment où un enfant 

se trouve dans une famille qui n’est pas la sienne à proprement parler. 

 Il existe différents types de placement comme le placement ASE, le placement 

familial spécialisé ou le placement à visée thérapeutique dont fait partie le P.F.T. La visée 

thérapeutique est imaginée non seulement dans le changement qui est un changement de 

famille, dans la vie quotidienne, mais également dans un soutien particulier aux différents 

                                                        

1 

 Secteur 2 de psychiatrie infanto-juvénile, CHU BREST. 

2 

 Secteur 1 de psychiatrie infanto-juvénile, CHU BREST. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 2 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

acteurs ainsi mis en situation : l’enfant, sa famille, la famille d’accueil, outre les autres 

acteurs travaillant auprès de l’enfant du fait de sa pathologie. 

II) Historique du Placement : 

 Le P.F.T. est actuellement une unité fonctionnelle du secteur 2 de psychiatrie infanto- 

juvénile dont le chef de service est le Dr Maria Squillante. 

 Il se situe à Brest au 1, rue Etienne Hubac à Brest, dans une maison individuelle. 

 Dans ses différentes mutations le P.F.T. n’a pas changé de nom sans tenir compte des textes 

en vigueur. Cela s’est joué au niveau historique mais nous n’en avons pas la raison précise. 

 Cependant pour nous le terme de placement est plus clair que le terme accueil dans le 

sens où il est fait clairement état de la situation de l’enfant. 

 L’hôpital psychiatrique de Bohars a été créé en 1975. C’est à l’initiative du Professeur 

Didier HOUZEL que le P.F.T. a été créé et conçu comme une alternative à l’hospitalisation 

des enfants et des adolescents de 0 à 16 ans.  

 L’argument était le suivant : « Le besoin d’un placement familial thérapeutique s’est 

fait sentir pour, d’une part les très jeunes enfants qui se trouvaient en internat pour lesquels 

les parents ne se manifestaient plus ou pas et d’autre part, pour permettre des soins en 

externat pour des enfants qui étaient géographiquement éloignés de leur famille naturelle ». 

 Les débuts du Placement Familial Thérapeutique remontent à septembre 19793

L’inscription du qualificatif thérapeutique ne semblait pas évident à l’époque puisque dans une 

thèse de doctorat en médecine, l’interne questionnait les pratiques du P.F.T. et écrivait : « le 

Placement Familial Spécialisé ou, dénomination adoptée par l’équipe, Placement Familial 

Thérapeutique »4

 Dans les premiers temps le P.F.T. dépendait d’une structure associative loi 1901, 

l’association An Avel Vor [Le vent de la mer] (Association d’Aide aux malades mentaux). 

L’encadrement du P.F.T. était essentiellement socio-éducatif. Il y avait des vacations de 

pédopsychiatre et de psychologue. 

 La capacité d’accueil était, et est encore de 16 places.  

Chaque famille d’accueil comme aujourd’hui encore n’accueillait qu’un seul enfant du P. F. T. ; 

mais à la différence que les familles d’accueil peuvent aujourd’hui accueillir d’autres enfants 

via d’autres placements. 

 Les assistants et assistantes familiaux étaient, comme de nos jours, agréés par le 

Conseil Général. 

Pourquoi une association et non un service ou une unité au début du P.F.T. ? 

 Cela s’explique par des dispositions légales en vigueur à ce moment là la réforme 

hospitalière de 1970 ne permettait pas la création d’un tel service hospitalier au sein d’un 

CHR. 

                                                        

3 

 Les premiers enfants placés au P.F.T. le furent au mois de novembre 1975. 

4 

 BAZIN-LE ROUX Catherine, Réflexions à propos du placement familial thérapeutique à Brest, Thèse pour le Diplôme d’Etat 

Doctorat en médecine, année 1982, page 1. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 3 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

 En outre, la DASS s’opposait à ce que le directeur du CHR gère également le service du 

P.F.T., pour différentes raisons5

 C’est l’association An Avel Vor qui a permis au P.F.T. d’exister en tant qu’unité de soins 

autonome, c'est-à-dire avec un prix de journée versé par la sécurité sociale. 

 Le P.F.T. a fait partie du secteur sanitaire, après l’obtention d’un agrément définitif, 

pour 15 places, via la commission régionale de Bretagne, le 30 janvier 1980, au titre de 

l’annexe XXIV du code de la sécurité sociale. 

Au fil des années6, la gestion d’un tel service s’est avérée trop lourde pour l’association An 

Avel Vor dont les moyens ne lui permettaient plus d’en assurer efficacement les 

responsabilités.  

 Depuis 1995, le P.F.T. est donc directement rattaché au CHU. 

 Par délibération du conseil d’administration du CHU, en date du 5 avril 1995, le 

Placement Familial Thérapeutique est défini comme unité fonctionnelle au sens de l’article L 

714-20 du Code de la Santé Publique. 

 Comme dans tout service hospitalier un cadre de santé a été nommé7, puis il y a eu une 

création de poste d’infirmier qui est venu s’ajouter au poste d’éducateur existant. 

 Les quarts temps de pédopsychiatre, de psychologue et de secrétaire ont été maintenus. 

 Cette mutation du P.F.T. brestois a entraîné une véritable mutation des pratiques. 

 Tant du côté de l’organisation des placements judiciaires classiques que de la nouvelle mise en 

place des modalités de travail : 

- le placement à l’amiable ou accueil contractuel 

- les observations ou accueils séquentiels  

- l’accueil de jour 

- la prise de conscience de l’importance majeure du travail en réseau. 

Les modes et accueils 

 Un seul enfant du P.F.T. est confié par famille d’accueil, sans exclure la présence 

d’autres enfants placés et suivis par l’ASE ou en PFS. 

Différents modes d’accueil sont proposés, permanents à titre continu ou intermittent ou 

encore de relais. 

Les placements s’inscrivent dans un cadre amiable ou judiciaire. 

                                                        

5 

 La première d’ordre financier car la pension allouée aux assistantes maternelles auraient été insuffisantes. Deuxièmement, la 

nécessité d’avoir un personnel spécialisé pour s’occuper des graves handicaps présentés par les enfants alors accueillis. 

6 

 Etre assistante maternelle dans un service d’accueil familial thérapeutique : Au delà des aspects statutaires de la fonction…, page 

35. 

7 

 à défaut d’avoir pu trouver un cadre socio-éducatif. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 4 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

Les missions :  

accueillir des enfants ayant des troubles de la personnalité et/ou du comportement, 

bénéficiant d’un suivi spécifique chez des assistants familiaux agréés par le conseil général, 

recruté par l’équipe au P.F.T. et salariés par le CHU. 

organiser l’accueil et participer au traitement des enfants et ados susceptibles de retirer 

un bénéfice d’une prise en charge dans un milieu familial substitutif. 

soutenir les assistants familiaux dans leur quotidien auprès de l’enfant et dans leurs 

relations auprès des institutions. 

proposer un accueil familial spécifié et adapté à chaque enfant en fonction de sa pathologie 

et de son évolution. 

accompagner l’enfant dans ses différents lieux de vie et de prise en charge. 

associer la famille à la prise en charge de leur enfant. 

travailler à  l’amélioration des liens parents/enfants en prenant compte les capacités de 

chacun. 

inscrire l’enfant dans un projet singulier dont il est acteur. 

assurer un travail en réseau avec les familles d’accueil, les institutions scolaires et de 

soins, les services sociaux. 

Le fonctionnement du service : 

 Il consiste à faire :  

la sélection et formation des assistants familiaux 

la préparation et accompagnement des placements (visites à domicile, groupes de parole, 

entretiens, etc.). 

l’encadrement des visites enfants/parents, fratrie 

le soutien à l’intégration sociale de l’enfant avec mise en place de différentes activités 

gérées par le service 

le travail de liaison. 

III) Evolution des pratiques : 

 Plus que de l’évolution des pathologies, l’évolution des pratiques au sein du P.F.T. a été 

le fruit de transformations et l’apparition de questionnements pour nous professionnels. 

 Parmi ces questionnements on peut repérer notamment :  

Comment faire dans une famille avec l’enfant malade, et l’enfant psychotique en particulier ? 

 Question que l’on se pose tout d’abord du côté des parents. 

Il y a lieu de penser l’enfant non pas en tant qu’individu pris isolément mais en tant que 

membre d’une famille, avec sa propre histoire, même si son rapport à la famille diffère de 

celui d’un autre enfant. 

 C’est en acceptant cette base de travail que l’orientation des modalités d’intervention 

et de pratiques s’est faite avec les uns et les autres : entre l’enfant et la famille d’accueil, 

entre l’enfant et sa famille. 

 Un travail de l’entre qui est à construire, tisser selon chaque histoire, chacun des enfants. 

Nous travaillons avec les familles. Cela signifie que nous prenons le temps de nous rencontrer 

et de discuter. Il faut beaucoup de rencontres pour que les uns et les autres fassent 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 5 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

connaissance, même si dans le temps de la première rencontre les bases seront posées - que 

l’on y soit attentif ou non. Toujours est-il qu’il faut du temps pour se parler, pour dire, enfin 

ses difficultés, ses propres difficultés parentales, ses points d’impasse et de butée. 

 Dans cette mise en parole, en pensée, un travail s’effectue du côté du parent qui n’est 

plus pris dans un impératif social, dans le regard du professionnel que nous incarnons. Il y a 

des choses qui sont alors déposées pour pouvoir construire autrement. C’est donc d’un dé- 

nouage qu’il s’agit d’opérer plus que d’une application de modes de faire, de modes de 

conduites parentales à suivre. 

Même si ce temps peut être abordé par la suite dans le mode d’être à son enfant : lui faire à 

manger, que faire avec : l’amener au parc, être avec lui, jouer… 

 Des modalités qui paraissent simples, certainement trop facilement naturelles mais qui 

ne le sont aucunement pour les parents avec qui nous avons à faire, quand ces parents sont 

toujours présents car il arrive que certains parents n’arrivent à tenir que d’être éloignés de 

leur enfants. C’est dans une mise à distance de kilomètres, que le parent devient davantage 

capable d’être attentif à  son enfant.  

C’est donc à des optiques paradoxales que nous avons à faire, où notre savoir est mis à mal. 

D’ailleurs, n’est-ce pas là le propre de tout parent d’être mis à mal dans son savoir, car 

l’enfant nécessite avant tout une approche singulière plus qu’une reproduction de savoir établi. 

 Dans cet accompagnement, au cas par cas, il nous faut nécessairement dirions-nous, 

prendre le temps de mettre en mots les choses, les situations comme nous les appelons en 

tant que professionnels. 

 La position du psychologue est alors intéressante car elle vient marquer un décalage, 

opérer une certaine distance entre les idées toutes faites et une tentative de compréhension 

si ce n’est d’interprétation dans la quête vaine de sens mais pour autant nécessaire pour le 

professionnel qui opère dans le quotidien de l’enfant. 

 Le discours vient alors comme mode littéral de pensée. Penser les choses, non pas pour 

l’autre, mais déjà pour soi-même histoire de mettre des questionnements sur ses propres 

savoirs professionnels. 

 Il s’agit là d’une mise au travail du faire avec. Cela ne va pas de soi, bien au contraire. 

 D’où la nécessité de creuser des écarts pour que les parents, l’enfant, auprès de 

professionnels puissent nouer, ou renouer au mieux de nouvelles expériences jusque là 

échouées. 

A) Evolution dans l’organisation des placements  

 A l’origine du placement, il n’y avait pas ou peu de droits d’hébergement pour l’enfant 

dans sa famille. Il était habituel de dire qu’il fallait laisser les enfants s’installer dans leur 

placement. 

 Les familles d’accueil demandaient très peu de vacances et se devaient de rester 

disponibles pour l’enfant du fait de sa pathologie. On disait des enfants : « ils n’aiment pas le 

changement ». 

 La durée moyenne du placement était longue, d’où une difficulté importante à se 

projeter vers une sortie. 

 L’âge de départ du P.F.T. dépassait largement le cadre des 16 ans sans qu’un projet de 

sortie ne soit vraiment préparé. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 6 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

 Face à ce postulat, trois positions fondamentales ont émergées dessinant de nouvelles 

orientations dans nos pratiques : 

1°) l’importance de la préparation du placement ; 

2°) la mise en place de relais ; 

3°) la notion de placement à temps partiel. 

A.1.1) La préparation du placement 

 Ce temps conditionne le déroulement et l’avenir du placement. 

 Après une présentation de l’enfant par toute équipe demandeuse, une indication est 

posée. 

 Nous rencontrons ensuite l’enfant et sa famille. Le choix fait par l’équipe est que 

l’enfant nous connaisse et inversement avant d’engager la première rencontre avec l’assistante 

familiale. 

 C’est ainsi inscrire l’espace temps d’une projection et d’un cheminement dans le 

placement à venir, pour l’enfant et ses parents, comme pour l’assistant(e) familial(e). 

 Il est essentiel d’obtenir une adhésion suffisante de l’enfant et de sa famille, même 

dans le cadre d’un placement judiciaire pour que le projet de placement puisse prendre forme 

surtout dans sa dimension de soin. 

 Le temps pris à la préparation du placement permet à l’enfant de mieux comprendre ce 

qui se joue pour lui, et avec lui, et permet également de penser un projet de soins spécifique à 

l’enfant. 

 Ce projet de soin est présenté à l’enfant et à ses parents, avec la famille d’accueil 

réunis pour un premier – et seul - entretien de rencontre. 

A.1.2) Le relais dans le placement 

 Le relais dans le placement a été pensé comme une nécessité pour chaque enfant - 

indépendamment du cadre de son placement - avec l’objectif de travailler la séparation, au 

départ, d’avec l’assistante familiale.  

Cela a été l’occasion pour la plupart des enfants de reparler de la séparation d’avec leur 

parent ou /et d’une précédente famille d’accueil. 

 Le relais amène un espace tiers qui laisse de la place aux parents. Comme si cela 

décollait l’enfant de sa possible appartenance à la famille d’accueil. 

 C’est un changement qui nous a aidés à préparer la mutation dans le statut des 

assistants familiaux avec le droit aux congés. 

 Autant nous étions au départ dans un postulat systématique du relais, autant nous 

pouvons maintenant nuancer au cas par cas les propositions en les adaptant à chaque enfant 

selon les moments de sa vie. En les diversifiant, dans le rythme, dans une combinaison 

possible, non pas relais dans une famille d’accueil nécessairement mais également dans un 

élargissement du droit de visite et d’hébergement chez le ou les parents, dans des séjours, 

accueils à la ferme (comme une palette d’expériences nouvelles proposées à l’enfant). 

 Ces temps de séparation nous permettent d’avoir des regards différents sur l’enfant (dans 

ces espaces l’enfant peut aussi se montrer différent), et parfois de croiser les regards dans 

les réunions d’assistants familiaux si le relais est effectué par une assistant(e) familial(e) de 

notre service. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 7 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

Vignette clinique : la situation d’Annabelle, née le 21/10/2003. 

 Annabelle, petite fille de 4 ans, placée à l’âge de 18 mois dans un foyer d’urgence où 

elle restera deux jours avant d’être confiée à une première famille d’accueil pour une semaine. 

 Annabelle sera ensuite placée dans une seconde famille, celle qui était pressentie au 

cours d’un projet travaillé précédemment dans le cadre d’une I.O.E., le placement ayant eu 

lieu 8 jours avant l’audience. 

 Un an après, la prise en charge de l’enfant dans cette deuxième famille s’arrête du fait 

des incidences des troubles d’Annabelle sur les propres enfants du couple d’accueil. 

 Les troubles du comportement  se manifestaient par une instabilité majeure, des mises 

en danger permanentes, une agressivité, et des comportements sexualisés (elle était décrite 

comme une enfant sauvage, sans langage). 

 Annabelle est donc ensuite placée chez M. & Mme T, troisième famille d’accueil alors 

qu’elle n’est âgée que de deux ans et demi. 

 Mme T. après un début (un mois) assez facile, Annabelle s’est littéralement accrochée 

à Mme T. et à sa fille aînée dans une relation d’exclusivité, manifestant un très grand 

sentiment d’insécurité. 

 Vue en consultation en pédopsychiatrie, à la suite d’une prise de contact avec un 

CAMPS, elle est ensuite orientée vers un  hôpital de jour où elle sera prise en charge en 

septembre 2006. 

 Le diagnostic posé est alors : trouble de la construction de la personnalité avec un tableau de 

carences affectives et éducatives, et séquelles de maltraitance. 

 Une orientation en P.F.T. a été proposée dans un contexte de possible rupture du 

placement tant l’assistante familiale et sa famille étaient malmenées par les troubles 

d’Annabelle. 

 Mme T. a accepté de travailler avec nous malgré ces réserves. 

 D’emblée la question du relais s’est posée, sous l’angle d’une nécessité pour préserver la 

continuité du placement même si l’assistante familiale se sentait coupable d’abandonner 

Annabelle. 

 Un premier contact avec une famille d’accueil relais connue du service est proposé, ce 

qui a mis en évidence la réactivation d’angoisses. Nous nous orientons alors vers une prise en 

charge en collectivité qui pourra se montrer moins menaçante pour Annabelle. 

 Elle sera ainsi  accueillie dans un foyer de l’enfance, lieu connu d Annabelle et de sa 

maman (premier placement) et cela nous donne la possibilité de retravailler la première 

séparation qui a été manifestement traumatique.  

La séparation lors du premier relais est extrêmement difficile pour Annabelle qui tombe 

malade la nuit précédente. Poussée de fièvre importante, qui amènera Mme T. à dire sa 

difficulté à accepter cette séparation au point qu’Annabelle et Mme T. ne se sont pas 

réveillées pour arriver à l’heure du rendez-vous fixé pour le relais. 

 Malgré tout Annabelle s’adapte plutôt bien, elle repère les locaux et semblera rassurée 

par les lieux. 

 Cette préparation de relais venait aussi répondre à la demande de congés de Mme T. et 

au regard des observations faites sur ces deux temps d’accueil nous prenons la décision 

d’instaurer un relais régulier les premiers et troisièmes week-ends du mois, en partant du 

postulat que cette fréquence et cette régularité pouvaient sécuriser suffisamment Annabelle 

pour qu’elle investisse les lieux. 

 Actuellement cette rythmicité est toujours d’actualité. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 8 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

 Nous avons pu remarquer un ré-aménagement des liens entre cette enfant et son assistante 

familiale. Au fil des relais il est noté un apaisement d’Annabelle qui lorsqu’elle passe devant le 

foyer dit « c’est ma maison ». 

 C’est aussi à ce moment là où Annabelle a pu évoluer au travers de l’acquisition de la 

propreté,et d’ une évolution de langage qui lui permet d’exprimer davantage ses émotions. 

 Les séparations tout en restant difficiles sont moins génératrices d’angoisses majeures. 

A.1.3) Les indications à temps partiels 

 Elles se sont précisées au cours des années 2000, après avoir fait le constat qu’une 

famille d’accueil auprès de certaines pathologies ne pouvait pas être en mesure de faire face 

à l’enfant, seule. Il est illusoire de penser que là où une institution ne pourrait pas faire avec 

un enfant, une famille d’accueil pourrait, elle, tenir. 

 Il est souvent question dans notre pratique de cette sollicitation du P.F.T., là où 

d’autres ont échoués, dans l’illusion qu’une famille pourrait guérir l’enfant. C’est faire 

l’économie du contexte et de la pathologie de l’enfant. 

 Un enfant, dans une instabilité majeure, nécessitant une attention constante, ces 

troubles là sont impossibles à vivre au quotidien d’une famille. La famille d’accueil se voit 

obligée de revoir en totalité son cadre de vie qui finit par ne plus en être un. 

 L’indication à temps partiel pose le postulat suivant : une famille d’accueil seule ne 

pourra pas être suffisante, à ce cadre de travail là, il faudra y adjoindre une institution, type 

foyer, où les conflits se jouent différemment. 

 Cette pratique est souvent difficile à mettre en place du fait de la réticence des 

partenaires qui estiment que la vie de l’enfant peut s’en trouver morceler. 

 Cette indication nécessite un travail de liens importants,où l’accompagnement régulier 

de l’enfant par les membres de l’équipe prend tout son sens, en vue de garantir la cohésion du 

projet. 

Indication du fait des troubles de l’enfant et de leur difficulté : 

 Vignette  clinique : Martial né le 31/05/1994 

 Martial est un enfant né à l’étranger, dans un pays de l’est. Arrivé en France avec un 

projet d’adoption qui n’arrivera pas à son terme, puisqu’il n’y a pas eu d’adoption plénière. En 

effet, Martial a été retiré de sa famille adoptive pour cause de maltraitance. 

 Il est alors placé en institution (foyer d’urgence) un an après son arrivée en France. Il 

présente de graves troubles de l’attachement et de la personnalité, qui se manifestaient par 

des épisodes d’agressivité, de décharges pulsionnelles importantes, et mouvements d’attaques 

par rapport aux images maternelles principalement (le mari de l’assistante familiale était 

épargné). 

 Le P.F.T. a été sollicité par le foyer en vue d’un placement en famille d’accueil, avec 

l’idée de retravailler un projet d’adoption. Face à cette demande ambiguë et la difficulté 

exprimée par Martial de quitter le foyer avec une grande peur d’être – de nouveau – 

abandonné, l’orientation a été un placement à temps partiel, avec un maintien de la prise en 

charge au foyer à mi-temps. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 9 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

 Ce projet avait pour but de permettre à l’enfant de s’inscrire, à sa manière dans une 

famille d’accueil, dans une temporalité qui était la sienne, tout en préservant les liens qu’il 

avait pu tisser avec l’institution. Il était en effet pris dans un double mouvement d’agressivité 

et d’évitement auprès de son assistante familiale avec des attentes massives. Nous avons 

donc pensé que le maintien des liens avec son foyer était une base sécure à respecter car cela 

lui permettait de se lier à d’autres. 

 De son côté, le foyer craignait que l’indication à temps partiel rende plus difficile 

l’intégration dans une famille d’accueil, ce qui n’a pas été le cas. 

 Néanmoins il a fallu un temps pour que la famille d’accueil puisse s’attacher à Martial et 

que Martial puisse suffisamment leur faire confiance. A de maintes reprises Martial a projeté 

à l’extérieur une image très négative du couple d’accueil, faisant penser que l’on ne s’occupait 

pas bien de lui, voire que son assistante familiale était maltraitante. 

 Aujourd’hui Martial a quitté son foyer dans le cadre d’une réorientation vers un ITEP 

avec internat (août 2006). Cela lui permet de se considérer comme un enfant ayant une 

famille. Il est assez près de sa famille d’accueil tout en étant assez loin. 

 Toutefois même s’il y a une évolution positive de cet enfant, nous envisageons de 

penser à un autre lieu à côté de la famille d’accueil pour accompagner Martial dans un projet 

d’avenir (avec une expérience de parrainage malheureuse). 

B) Placement à l’amiable 

 Les placements à l’amiable correspondent pour l’essentiel, à notre sens, à l’alternative à 

l’hospitalisation. On pourrait nommer cet accueil "accueil thérapeutique contractuel". 

 Lorsque les troubles d’un enfant ne peuvent plus être gérés par ses parents, pris eux- 

mêmes dans leurs propres difficultés pour diverses raisons, une indication de placement à 

l’amiable peut être proposée. 

 A la différence du placement judiciaire les parents se retrouvent acteurs de ce 

placement, et se mobilisent différemment. 

 Les parents demandeurs du placement de leur enfant porteur d’une pathologie 

induisent une position différente de notre part. Nous nous inscrivons d’emblée dans un autre 

rapport avec ces parents basé sur la négociation. Les positions sont davantage rigides dans le 

placement judiciaire, cet aspect autoritaire est moins pesant dans le cadre du placement 

amiable où nous intervenons dans une position de soins, sans doute plus nette. Sans oublier 

une dimension de prévention dans la fratrie ou dans le cas de la naissance d’un autre enfant. 

 Un placement fait avec l’accord des parents (sans cadre judiciaire) présente l’avantage 

d’une plus grande implication des parents dans la prise en charge de leur enfant et permet 

d’avoir une réelle alliance thérapeutique basée sur la confiance mobilisatrice de changements 

dans les relations intra familiales. Nous soulignons que cette approche nous a amené à 

considérer autrement la place des parents. 

 Cette expérience de travail avec les parents  nous a amenée à penser autrement le 

droit de visite dans le cadre des placements judiciaires avec un élargissement du droit de 

visite chez les parents parfois soutenu par l’intervention d’une Travailleuse familiale de 

prévention. 

Nous privilégions actuellement  les visites encadrées par notre équipe au domicile des parents 

ou sur l’extérieur plutôt qu’en lieu neutre. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 10 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

C) L’observation 

 Il s’agit de temps courts d’hospitalisation chez des assistants familiaux de notre 

service. 

 Nous privilégions des temps d’observation de trois semaines de façon à mieux 

identifier ce qui est induit par les troubles de l’enfant de ce qui est de la pathologie familiale. 

 Ces observations peuvent s’arrêter au bout de trois semaines mais encore s’orienter 

vers des propositions d’accueil relais couplées à un suivi en visite à domicile engageant un 

travail avec les parents. 

 Elles peuvent prendre  la fonction d’un nouvel éclairage par rapport aux projets de 

soins initiaux. 

Vignette clinique : Simon né le 18/12/1997 

 Simon, d’origine asiatique, a été adopté à l’âge de 1 an. Il est pris en charge, dans un 

CATTP, depuis ses trois ans. A l’époque, ce qui est repéré est un gros retard de langage avec 

une grande inhibition. Simon apparaît comme un enfant replié, accroché à sa mère. Il souffrait 

par ailleurs d’un problème de surdité. 

 Manifestant des troubles du comportement faisant évoquer un trouble envahissant du 

développement, le médecin du CATTP interpelle le P.F.T. pour une demande d’observation en 

famille d’accueil en raison de la discordance entre l’évolution observée, depuis un an au CATTP 

et à l’école, et de la persistance, voire l’aggravation des troubles dans le milieu familial. 

 A la maison Simon n’a pas d’initiative, ne peut jouer seul, est en collage avec ses frères 

et sœurs au point de les envahir. Crises à la moindre remarque, à la moindre frustration, au 

moindre changement. Simon peut crier durant une heure, une heure et demie, envahissant 

l’espace familial et mettant ses parents dans une incapacité à agir. 

 Cette observation sous forme d’un accueil de trois semaines a permis de mettre à jour 

les difficultés de séparation de Simon et de sa mère qui jusque là n’avaient pas pu être 

verbalisées. 

 L’enfant affichait une sorte d’indifférence froide à l’égard de son parent, alors que sa 

mère présentait une grande tristesse, dans un état de sidération. 

 La mère de Simon a alors pu évoquer la culpabilité qu’elle portait, qu’elle avait eu, lors 

de son toute première rencontre avec cet enfant. Durant ce moment, elle nous dit avoir été 

dans la situation d’arracher Simon aux bras de sa grand-mère pour se rendre à une visite 

médicale avant adoption. Quelque chose qui jusque là n’avait pas pu être élaboré a permis à 

cette femme de pouvoir s’inscrire en tant que mère. 

 Suite à cette première période d’observation nous avons proposé des accueils relais, 

chez la même assistante familiale sur des temps de vacances scolaires. Cela a permis de 

travailler la relation mère-enfant, ainsi que les relations parentales. 

 Simon a pu apprendre à verbaliser ses difficultés de séparation au cours des moments 

de départ et de retour dans sa famille. 

 Alors que la demande initiale était de travailler autour de la séparation et de la 

distanciation de Simon, nous avons permis une nouvelle rencontre entre Simon et ses parents. 

 En conclusion ce travail d’observation a permis à Simon  de faire l’expérience que l’on 

peut se quitter sans s’arracher, ou être arraché. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 11 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

D) L’accueil de jour 

L’accueil de jour fait partie de nos nouvelles pratiques. 

La meilleure connaissance de la psychopathologie infantile, l’action de sensibilisation conduite 

depuis plusieurs années auprès de nos partenaires (PMI, pédiatrie, Education Nationale, 

CMPP) détermine une augmentation de la demande de soins. 

Nous avons été amenés à diversifier nos outils thérapeutiques et à prendre  en compte de 

plus en plus le nécessaire  travail avec les familles. 

En effet, nous constatons de fréquents dysfonctionnements des interactions parents/enfants 

dès le plus jeune âge ou des parents eux-mêmes souffrants psychiquement ou de 

configurations familiales précaires ou in sécurisantes. 

Il a donc été envisagé de pouvoir proposer pour les enfants jeunes et leurs parents un accueil 

familial de jour pouvant avoir un rôle d’étayage, de mobilisation d’un fonctionnement 

interactif pathologique. 

 Vignette clinique : Mélissa, petite fille de 4 ans, née en mai 2001. 

 Mélissa présente des troubles autistiques avec absence de langage (mots en écholalie), 

hospitalisée en CATTP depuis septembre 2003. 

 Les deux parents présentent une pathologie psychiatrique. La maman souffre de 

troubles graves de la personnalité avec une symptomatologie dépressive (sa scolarité s’est 

faite en IME). Le père est porteur d’une pathologie obsessionnelle. Il est bien inséré 

professionnellement. 

 Mélissa est la seule enfant du couple. Le diagnostique de trouble autistique a été posé 

lorsque Mélissa avait deux ans et demi, date de son entrée au CATTP. 

 Une orientation vers un accueil de jour a été posée du fait de la difficulté parentale à 

assumer la prise en charge de Melissa telle qu’elle était proposée par le service. 

 Cela se traduisait par une irrégularité des temps passés par Melissa au CATTP ainsi 

qu’à l’école. C’était en fonction des disponibilités psychiques de la maman. Mélissa, 

parallèlement évoluait peu (troubles du langage, non acquisition de la propreté, troubles du 

sommeil et de l’alimentation). 

 Les parents de Mélissa ne parvenaient pas à s’occuper d’elle et la maintenaient dans un 

statut de tout petit. 

 La vie à la maison était rythmée par les troubles de l’enfant sans ajustement parental 

possible. Ainsi, pour palier aux troubles du sommeil de Mélissa les parents déplaçaient le lit au 

gré supposé des besoins de leur enfant. 

 La chambre était envahie de jouets telle une salle d’exposition. Et Mélissa ressemblait 

à une jolie poupée que l’on déplaçait, ou photographiait. 

 La mise en place d’un accueil de jour sur 3 demi-journées par semaines chez une 

assistante maternelle PMI, en complément de l’école, a permis à la maman de rompre avec son 

isolement et de sortir de son état dépressif. 

 S’appuyant sur le temps d’accompagnement et d’échanges avec l’assistante maternelle 

et l’équipe, elle a pu s’aménager des temps de séparation d’avec sa fille, des espaces qui l’ont 

aidée à prendre confiance en elle. Elle a alors été en plus grande capacité de prendre en 

compte les besoins de Mélissa, d’évoluer dans des interactions moins pathologiques, et vers un 

processus d’individuation. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 12 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

 Le papa a pu prendre une autre place. Mélissa quant à elle a pu rencontrer une 

personne qui a su s’ajuster à ses troubles et aider ses parents à faire de même. 

 La prise de conscience et l’acceptation du handicap ont fait partie de l’évolution de la 

situation avec une orientation vers un IME, projet qui était impossible à envisager pour les 

parents. 

 Au total cette observation pour laquelle à un moment donné il a été question 

d’un signalement a évolué vers la demande exprimée des parents d’un accueil relais en famille 

d’accueil ponctuel comme une aide à leur parentalité. 

E) Le travail en réseau 

 Le travail en réseau  constitue une part très importante du travail du placement 

familial puisque le service se situe au carrefour et  l’interface des prises en charges 

nombreuses dont bénéficient les enfants qui nous sont confiés. 

Nous sommes amenés à travailler avec les services sociaux (ASE, TFP essentiellement). Le 

tissage et le maintien de relations solidaires permettent un meilleur maillage autour de 

l’enfant, de ses parents. 

 Le travail se fait autour de rencontres régulières avec les référentes ASE, au service 

ou lors de synthèses externes. 

 Les liens avec les IME, les CLISS, l’école, leurs services de soins sont indispensables à 

maintenir et entretenir. Les oublis et les mal entendus étant extrêmement fréquents, tant 

parfois il est difficile de voir un enfant malade dans sa globalité et dans le quotidien d’une vie 

ordinaire (chez l’assistant familial ou dans sa famille). 

 Beaucoup d’écueils sont à travailler et à repérer comme les phénomènes de clivages, de 

rivalités, les répercussions des difficultés institutionnelles. 

 Les accompagnements de l’enfant dans l’écoute et les observations partagées 

participent à ce travail. 

 Ce travail en réseau constitue les conditions sine qua non à l’élaboration d’un projet de 

sortie cohérent et dans la continuité de ce qui à été travaillé. 

F) La sortie 

 Envisager une sortie n’est pas toujours une mince affaire. 

 Elle dépend de l’évolution de l’enfant, de sa famille, de l’orientation : des décisions 

judiciaires quand elles existent. Tout ceci ne s’harmonisant pas forcément. 

Nous sommes parfois, du fait de l’orientation en ITEP ou en IME, la seule référence 

psychiatrique institutionnelle (prise en charge préexistante). 

 De plus, la sortie se fait souvent au moment où le jeune doit quitter la pédopsychiatrie 

pour le secteur adulte (16 ans). 

 Dans ces cas, le travail en réseau doit être opérant afin qu’il n’y ait pas un sentiment 

de lâchage ou d’abandon (que ce soit du côté du jeune, de la famille, des institutions etc.) car 

autant un début placement est compliqué, autant l’arrêt se montre acrobatique. 

 Nous avons recours au réseau pour que cela se fasse le mieux possible. De nombreux 

montages sont utilisés. 

 Pour un placement judiciaire, le relais du suivi dans le cadre de l’ASE  reste simple 

parce qu’il y a maintien de la collaboration avec le référent ASE sur le temps de suivi par 

notre service et qu’il s’inscrit  dans la continuité. Nous avons accompagné l’enfant et sa famille 

ensemble, dans un même mouvement qui se continuera par la suite. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 13 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

 Pour les placements à l’amiable, cela est plus délicat. 

 Nous avons souvent assisté à une amélioration notable de l’état de l’enfant (régression 

ou stabilisation des troubles, capacités à s’intégrer dans un milieu scolaire ordinaire, bonne 

intégration en milieu spécialisé) sans qu’il y ait possibilité d’un retour dans la famille car les 

parents restent très démunis ou porteurs de pathologies importantes ; parents auprès 

desquels pourtant le placement à l’amiable a permis un énorme travail. 

 Dans de telles situations, nous les avons accompagnés à faire une demande auprès du 

juge pour permettre la poursuite du placement  sans rupture. 

 Vignette clinique : Etienne né le 17/01/1994 

Enfant suivi depuis ses 2 ans et demi, en CATTP (séances mère/enfant). 

Etienne a des antécédents lourds de pathologie organique. 

Maladie de Hirchprung, opéré à la naissance avec une hospitalisation sur 10 mois environ 

lors de la 1ère année. 

Il a eu un anus artificiel pendant quelques mois. 

Les parents sont très démunis : 

la mère est psychotique (avec ATCD de syndrome dépressif et passage à l’acte). 

le père est dans le registre psychopathique. 

Etienne est l’aîné de 4 enfants. 

La demande de placement intervient dans un contexte de difficultés majeures du couple à 

s’occuper de leur enfant. 

Madame étant persécutée par son fils. Elle rapporte la difficulté de la mise en place des liens 

avec celui-ci du fait des hospitalisations précoces et de la lourdeur de la pathologie. 

Etienne est un enfant également très persécuté par son entourage. 

Il a des idées délirantes, parfois critiquées, mais envahissantes. Ses capacités 

d’apprentissage restent bonnes. 

Il a été admis au P.F.T. en 99 dans un contexte contractuel avec les parents, avec un maintien 

de droits de visites et d’hébergement sur les week-ends et les vacances scolaires mais avec 

des variations en fonction de l’état de la maman (dans la qualité des accueils). 

La famille, pour laquelle, auparavant des interventions de secteur avaient échouées (car 

vécues comme persécutrice) s’est saisie de nos propositions de soins. 

Le papa a pu s’étayer sur nos interventions pour pallier aux difficultés de son épouse. Un suivi 

psychiatrique de Madame a pu se mettre en place ainsi qu’une mesure de protection pour les 

autres enfants. 

L’amiable a permis sans doute un travail que le judiciaire aurait contrarié et même empêché.  

Aujourd’hui, Etienne va sortir du P.F.T. Il est en ITEP. 

Pour permettre la faisabilité de ce projet, nous avons travaillé auprès des parents qui ont ont 

initié eux-mêmes une démarche auprès du juge pour enfant, afin de pérenniser le placement 

sur un mode judiciaire, dans l’idée d’un maintien en famille d’accueil sur un mode relais. Les 

parents étaient conscients de leur limite et de leur besoin d’être accompagnés. 

 

 Dans une autre situation, nous avons eu recours à l’hospitalisation à domicile (service 

de pédopsychiatrie). Cas de Laurent né le 15/01/1996. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 14 

Équipe AFT CHU Brest, « Placement Familial Thérapeutique un et pluriel » 

 Quelques fois, des solutions d’internat en ITEP ou IME solutionnent la sortie mais très 

souvent des placements relais restent nécessaires. 

 Les durées moyennes de placement sont longues : 7 à 8 ans, mais avec des évolutions 

possibles dans les modalités de placement (évolutions vers des placements séquentiels) au sein 

de cette durée. 

 

 

IV) Conclusion : 

Que dire au moment de conclure, après cette présentation ? 

Nous nous devons de dire quelques mots sur ce qui est le fruit de ce travail. 

Tout d’abord cette présentation est un parcours, donc un regard pris à un moment donné, 

dans une temporalité particulière, qui a été écrite à plusieurs. Il s’agit donc d’un travail 

d’équipe, un travail mettant en jeu trois professionnels de formation différente. 

Dire quelques mots de cette épreuve (celle de l’écriture, puis celle de la présentation de notre 

travail) montre à quel point la pratique du P.F.T. nécessite la prise en compte de ce qui 

s’appelle l’altérité8 : la différence à l’autre. 

Différence entre chaque professionnel en premier lieu, venant d’horizons divers, puis 

différence de tout un chacun, dans sa place d’enfant, de parents, de professionnels. 

Cette réunion ne va pas de soi, et peut, dans certains cas, s’avérer explosive. Pour autant, 

c’est dans une tentative de nouage, à notre manière que nous envisageons notre travail. C’est 

ce dont nous avons voulu témoigner auprès de vous ce jour. 

Un témoignage qui ne se veut en aucun cas une méthode, La méthode à suivre, comme de 

nombreuses sirènes le chantent à notre époque sous la version de protocoles ou de 

procédures. 

Lorsque les sirènes chantent, il faut tenir la barre9. C’est ce que nous tentons de faire, tenir 

la barre, afin de maintenir un cap que nous pensons cohérent, pour l’enfant. Lourd projet donc, 

lourde responsabilité. 

C’est la raison pour laquelle, la pratique qui est la nôtre se situe davantage dans un montage 

singulier, au sens d’un tissage, au cas par cas. 

Le P.F.T., quand il est proposé dans une souplesse dans les modalités d’accueil et de durée 

prend sa valeur thérapeutique en tant qu’alternative et parfois équivalence de 

l’hospitalisation. 

La famille d’accueil n’est pas un hôpital en vrai, n’est pas un lieu institutionnel en tant que tel 

mais c’est un lieu qui en prenant appui sur les dispositifs proposés devient un lieu de soins. 

Notre travail s’inscrit de fait dans un questionnement constant permettant que le chemin se 

dessine en même temps qu’il se pratique. L’accueil, le placement n’ont rien de naturel. Il nous 

appartient (en tant que nous en avons la responsabilité) de faire en sorte qu’il reste humain, 

un rapport entre humains. 

Dépasser la pathologie ne signifie pas l’effacer, bien au contraire, il s’agit d’un faire avec en 

tant que faire avec autrement, où le dispositif d’accueil familial reste un outil thérapeutique 

d’actualité. 

                                                        

8 

 Altérité : en philosophie, qualité de ce qui est autre in Encyclopædia Universalis 2004. 

9 

 Cf. le périple d’Ulysse dans l’Iliade et l’Odyssée d’Homère. 


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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 1 

M. et Mme Latourte, J.-J. Vauchel,  “Parcours de Françoise” 

M. Y. et Mme C. Latourte, 

Accueillants familiaux, Les Grands Ifs (76) 

Jean-Jacques Vauchel, 

Psychologue, Unité d’Accueil Familial Thérapeutique de l’Hôpital du Havre 

« Parcours de Françoise » 

 Cette intervention à propos d’une patiente accueillie en lieu de vie se veut être une 

intervention à plusieurs voix : - nous même, Mr Y. et Mme C. Latourte les responsables du 

lieu de vie et Mr J.J Vauchel, psychologue et responsable de l’unité d’Accueil Familial 

Thérapeutique pour adulte de l’Hôpital du Havre. Il évoquera pour sa part, la pathologie de 

la patiente accueillie puis en parallèle à notre propos le fonctionnement de son service et les 

diverses interactions entre le lieu de vie et l’équipe d’accueil familial.  

Le Lieu de Vie et d’Accueil Les Grands Ifs est situé dans un château. Ce lieu de 

vie travaille en étroite collaboration avec l’AFTA du Groupe Hospitalier du Havre filière 

Santé Mentale, représenté ce jour par Mr Vauchel. Des rencontres hebdomadaires ont 

lieu avec cette équipe afin de faire le point sur les résidents. 

Description rapide du lieu de vie. 

 Les résidents font l’expérience de la communauté pour un retour dans la vie 

sociale, en adhérent aux règles.  

 Ce groupe vit avec un système de règles cohérentes avec une attention 

particulière de nous-mêmes et des employés pour répondre à tous leurs besoins. Chacun 

recevra des responsabilités dans son secteur, apprendra à gérer ses émotions et ses 

besoins même en situation de stress. 

 Jour après jour, la vie dans la communauté les amènera à s’accepter, à s’occuper 

d’eux, à harmoniser leur vie dans le but de se préparer à l’intégration en société (pour la 

première fois pour certains). 

PRESENTATION DE FRANCOISE 

 

 Françoise a été hospitalisée en 1995 à l’age de 17 ans. Les années 1997 à 1999 

furent difficiles, elle était extrêmement violente ce qui la conduisait en chambre 

d’isolement. De 2000 à 2003 elle a fait des séjours dans une communauté thérapeutique. 

Le 6 septembre 2005, elle a été présentée au château, son traitement comprenait de  

fortes doses de neuroleptiques, anxiolytiques et  antipsychotiques. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 2 

M. et Mme Latourte, J.-J. Vauchel,  “Parcours de Françoise” 

  Anamnèse rapide (JJ V) : Cette patiente, Françoise, est âgée de 23 ans 

lors de sa présentation  à l’AFTA par son médecin psychiatre et les infirmières 

référentes du pavillon. 

 Le tableau qui nous en est fait alors,  mais aussi la réputation de la patiente qui 

la précède au sein de l’institution nous fait penser que  la prise en charge en famille 

d’accueil parait pour le moins assez improbable !  

Toutefois les éléments recueillis au cours de cette présentation ainsi d’ailleurs 

que la vitalité de l’équipe référente du pavillon nous fait penser, à nous équipe de 

l’AFTA, que même si l’enjeu est de taille, nous devions d’aller plus avant et au terme de 

cette 1ere rencontre, proposer à Françoise un 1er entretien, en conformité avec notre 

pratique, afin d’évaluer son adhésion personnelle avec le projet de soin élaborée avec 

elle. 

    Présentation clinique rapide : Psychose infantile décelée a 3ans 1/2 en raison de 

troubles du comportement. 

 Durant la même période il sera question de crises d’épilepsie avec convulsions et 

coma. Elle sera en parallèle régulièrement suivie en CMP.   

En raison d’une situation familiale qui interdisait le maintien à domicile (la mère 

présentait un syndrome dépressif et le père un alcoolisme chronique) elle sera accueillie 

en famille d’accueil.  

 A l’age de 7 ans, Françoise est placée dans une MECS, pendant 1 ans 1/2, puis 

dans une autre institution en raison de ses troubles du comportement.  

Dés lors, après un retour en famille entre 9 et 15 ans, durant laquelle elle suivra 

une scolarité jusqu’en 3eme SEGPA,   elle aura  un parcours assez chaotique, rythmée 

divers placements en institution. 

A 15 ans, elle sera notamment placée dans un foyer de l’ASE, suite à des 

problèmes d’agressivité. 

Lors de ses divers placements, il est noté une grande variabilité dans le 

comportement de Françoise, oscillant entre des phases où l’agressivité est au premier 

plan et des phase où une insertion sociale set possible et investie (ex. : il est question 

d’un stage de palefrenier en 1994). 

Toutefois en 1995, l’aggravation de ses troubles du comportement, à caractère 

violents, nécessite son hospitalisation en psychiatrie adulte, en placement pour mineur.   

Dans le service elle présente dés lors une symptomatologie psychotique nette, 

avec notamment un délire mal structuré, à thème de possession diabolique, avec des 

hallucinations visuelles et auditives, des bizarreries de comportements, avec un contact 

parfois fuyant et une ambivalence affective entraînant un comportement alternant des 

phases de violences auto et hétéro agressives et enfin une recherche affective intense. 

Lors de son hospitalisation il y aura des périodes de violences aigues qui aura pour 

conséquence son hospitalisation en UMD. 

L’évolution du traitement neuroleptique se fera progressivement, se traduisant 

par une diminution puis une disparition du délire, entraînant par la même une disparition 

de ses troubles du comportement. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 3 

M. et Mme Latourte, J.-J. Vauchel,  “Parcours de Françoise” 

Premier placement en communauté thérapeutique (lieu d’accueil de l’AFTA) en 

2000, Il s’agit de courts séjours (1 semaine). 2 séjours au cours du 2eme semestre. 

- 5 en 2001, dans le même lieu 

- 3 en 2002 

- 3 en 2003 

     En 2005 début de l’accueil dans le lieu de vie du Château. 

  

LES PREMIERS SEJOURS 

 

 Françoise est âgée de 27 ans. 

 La durée des premiers séjours est de 3 jours.  

 Elle est très lente, son poids est aussi un handicap : 138 kgs. Elle est 

envahissante et demande beaucoup d’attention. Avec diplomatie nous lui expliquons 

qu’elle ne peut monopoliser la conversation et que les autres résidents ont aussi des 

choses à faire partager.  Au fil des séjours, un lien se créé et nous essayons de 

combler son manque d’affection comme nous l’aurions fait pour une petite fille. Elle 

attache beaucoup d’importance aux petits mots doux que nous lui attribuons (ma puce, 

ma bichette…). 

 Réveiller Françoise le matin demande beaucoup d’énergie. Il faut s’y prendre en 

plusieurs fois. Entre le moment où elle accepte de se réveiller et le lever, il faut 

compter une heure en moyenne. Le temps peut paraître long mais nous essayons de la 

réveiller en douceur. 

 Aussitôt levée, du fait de son énurésie nocturne quotidienne, Françoise doit 

impérativement commencer par une douche. Elle n’aime pas faire sa toilette et préfère 

dormir davantage plutôt que se laver. Elle reste longtemps sous la douche, laisse l’eau 

couler sur sa tête, les yeux fermés, sans la force de se laver. Nous devons donc 

intervenir pour l’aider à la toilette ainsi que pour s’habiller. Le temps de lui servir son 

petit déjeuner, nous la retrouvons endormie devant son bol. Après avoir débarrassé son 

petit déjeuner, nous l’invitons à  changer les draps de son lit et ranger sa chambre 

qu’elle a très vite personnalisée. 

 Il est ensuite l’heure de passer à table pour le déjeuner. Lors des repas, 

Françoise se sert des portions considérables. Une fois le repas terminé, elle doit 

participer à la vaisselle avec les autres résidents, chose qu’elle fait avec une extrême 

lenteur. Elle intègre ensuite sa chambre pour y dormir jusqu’à 16H00, le réveil est moins 

difficile que celui du matin. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 4 

M. et Mme Latourte, J.-J. Vauchel,  “Parcours de Françoise” 

 Après le goûter, une marche dans le parc ou en ville lui est proposée, elle 

l’accepte sans difficulté mais toujours à son rythme. Lors de ses promenades, elle est 

seule avec l’un de nous pour privilégier ses échanges. Elle nous parle beaucoup de son 

enfance et de son adolescence difficile. Nous la réconfortons du mieux que nous 

pouvons. Au retour elle est épuisée et reste assise jusqu’au dîner. Elle se couche aux 

alentours de 20H30.  

 Nous constatons au fil des séjours que Françoise dit des mensonges, identiques à 

ceux d’un enfant, nous la corrigeons dans la même dimension. 

 Passionnée d’équitation mais trop forte pour monter à cheval, un cours d’attelage 

lui est proposé lors de chaque séjour à la place d’une promenade. Nous lui laissons 

entendre que si elle maigrit elle pourra monter à cheval. 

 Ce rythme a duré plusieurs mois car si au 3ème jour nous trouvions une légère 

amélioration, elle disparaissait durant son hospitalisation. 

 Chaque année, Françoise demande de passer les fêtes de Noël et Jour de l’An au 

château. Françoise les vit comme une petite fille émerveillée, nous la mettons dans la 

confidence des achats des cadeaux des autres résidents, elle participe avec nous à 

l’achat des décorations et de tout ce qui rend ces fêtes magiques. 

JUIN 2007 

 

 Françoise est demandeuse pour prolonger son séjour au château, elle vit mal les 

retours à l’hôpital.  Elle obtient un refus de son psychologue à cause de son énurésie, il 

attend un effort de sa part. Quelques séjours plus tard : disparition de l’énurésie du 

jour au lendemain, Françoise dit avoir travaillé dans sa tête.  

Nous ne manquons pas de la féliciter et de lui dire à quel point nous sommes fiers 

d’elle. Pour l’occasion, nous lui offrons un restaurant. 

 Progressivement son traitement se trouve réduit par son Médecin psychiatre 

réfèrent, du fait de son comportement plus apaisé.  

De la même façon, compte tenu de ses progrès constants et de son 

comportement ses temps de séjour sont prolongé, dans un premier temps à une semaine 

et cela durant plusieurs mois puis à 10 jours, sauf exception : 3 semaines en août 2007 

pour les vacances.  

  Au fil des mois le moment du réveil devient nettement moins difficile, deux voir 

trois rappels suffisent. Elle descend directement déjeuner, toujours lymphatique mais 

beaucoup moins qu’au début. Elle prend ensuite sa douche seule, se lave le corps, s’habille 

et nettoie sa chambre. Il est environs 11H00 lorsqu’elle revient dans les pièces 

communes où elle participe à la préparation des repas.  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 5 

M. et Mme Latourte, J.-J. Vauchel,  “Parcours de Françoise” 

 Mise en place des activités et des responsabilités. Sa passion nous amène à lui 

confier la responsabilité et le soin de 5 chevaux. Cette activité s’ajoute à ses 

occupations matinales. A présent, Françoise se lève entre 8H30 et 9H00 et sa matinée 

est occupée à cent pour cent. A table, elle restreint ses portions, ce qui lui demande 

beaucoup d’efforts. Après les repas elle participe plus activement à la vaisselle. Elle ne 

souhaite plus se reposer l’après midi et est demandeuse d’activités. 

JANVIER 2008 

 

 Elle s’est sentie très bien lorsqu’elle a quitté la psychiatrie pour un foyer. 

Actuellement Françoise vient 10 jours au château, repart 3 jours dans un foyer du 

Groupe Hospitalier du Havre « La barrière d’or » et revient 10 jours et ainsi de suite.  

  

 Françoise est transformée, son traitement est diminué de ¾ depuis son arrivée. 

Elle est gaie, sociable et beaucoup moins envahissante qu’au début. Les mensonges se 

sont estompés.  Elle sait qu’elle a sa place dans le lieu de vie et que nous sommes 

tous attachés à elle. 

 Elle occupe ses journées sans se recoucher, préfère être occupée plutôt que ne 

rien faire à l’inverse des premiers séjours. Nous mettons en application son expérience 

acquise à l’école de couture et lui confions tous nos vêtements à retoucher ou autre. 

C’est avec fierté qu’elle manipule la machine à coudre achetée spécialement pour elle. La 

encore, nous ne manquons pas de la remercier et de la féliciter de son travail. 

 Elle est motivée par sa perte de poids – 20 kgs. Elle fait davantage d’exercices 

physiques. Ses déplacements sont beaucoup plus rapides. Son hygiène corporelle 

quotidienne est devenue habituelle et n’est plus contraignante. Elle change de vestiaire 

pour des vêtements plus coquets et commence à se maquiller. 

 Elle peut aujourd’hui monter à cheval ce qui lui procure un bien fou et une grande 

fierté. Elle souhaite intégrer un groupe dans un centre équestre pour des cours 

collectifs. Elle commence dans quinze jours. 

 Les années passées, lorsque Françoise partait en vacances, elles se déroulaient 

obligatoirement dans un centre spécialisé. Cette année, à sa grande joie, avec deux 

autres résidents et moi même, elle a choisi son lieu de vacances et a opté pour la 

location d’un mobil home dans un terrain de camping aménagé. Depuis plusieurs semaines 

elle épargne pour pouvoir dépenser davantage en vacances. 

 Quant à son traitement, elle le gère parfaitement, est consciente de l’importance 

de la prise de ses médicaments et préparent elle-même ses piluliers. 

 Les parents de Françoise sont décédés durant son hospitalisation. La relation 

avec son frère a repris depuis peu. Elle y est invitée un week-end par mois à sa grande 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 6 

M. et Mme Latourte, J.-J. Vauchel,  “Parcours de Françoise” 

joie. Elle est très fière de lui et de sa réussite professionnelle. Sa belle sœur a 

également pris une grande place dans sa vie.  

 Aujourd’hui, Françoise se projette dans le temps. Parle de ses projets 

d’appartement, d’aménagement de celui-ci, de sa situation géographique. Ses efforts ont 

été considérables et toujours présents. En plus de prendre soin d’elle, elle s’intéresse 

aussi aux autres. Elle est serviable et agréable envers tout le monde. Elle est très 

attentionnée à deux personnes âgées qui intègrent le lieu de vie et veille à ce qui ne leur 

manque jamais rien. Elle aime les gens qui l’entourent et ils le lui rendent bien. 

Prochainement elle revoit son psychiatre et nous a fait part de son souhait de continuer 

à baisser son traitement. 


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8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 1 

Mme Benzidane, « Profession accueillante familiale » 

Meriem BENZIDANE 

Accueillante familiale, Roissy en Brie 

« Profession accueillante familiale » 

Faire en quelques lignes le discours d'une vie bien remplie, auprès de patients si 

différents dans leur vécu. Rassurez-vous, je ferai court. 

Cette profession, je ne l'ai pas choisi car je ne la connaissais pas. J'ignorais son 

existence. Il est vrai que la A.F.T. reste méconnu tant dans sa manière de 

fonctionner que l'intérêt qu'elle suscite auprès du public. 

Les personnes extérieures à la profession n'imaginent pas que des patients ayant 

des antécédents psychiatriques puissent être intégrés dans le quotidien d'une 

famille d'accueil sans pour cela s'interroger sur les dangers compte tenu de leur 

pathologie.  

Le mot « psychiatrie » fait peur. J'explique autour de moi que ces personnes 

fragilisées ont un suivi médical, traitement adapté, donc stabilisé. 

Leurs problèmes, nous pouvons tous les rencontrer à un moment de notre vie. Rien 

n'est dû au hasard, l'environnement familial, professionnel parfois sont souvent 

déclencheurs de la déstabilisation d'un être déjà fragile. Plus de repères, ils 

perdent tout contrôle et sont souvent déconnectés de la réalité.  

Cette fragilité remonte à l'enfance. L'entourage ne détecte parfois pas le mal-être. 

Pris par leurs propres préoccupations, les proches ne se rendent pas toujours 

compte des messages envoyés qu’ils ne décodent pas.  

Incompris, le patient se renferme sur  lui-même, se crée un monde, un univers où 

personne d’autre ne communique pas ou plus. Tristesse, mélancolie ou agressivité 

sont des signes avant-coureurs. La dépression fait leur quotidien, l'hôpital est un 

recours pour soigner les bleus de l’âme. L’accueil familial est un recours à la 

guérison. Afin d’emmener le patient vers l'insertion... ou peut-être pas. 

Les rechutes sont fréquentes quand l'émotion est trop difficile à gérer, le 

placement est le meilleur moyen pour la thérapie. 

Les changements de comportements sont flagrants, quand les cas difficiles étaient 

considérés comme désespérés. 

Une relation s'installe, ils reprennent confiance peu à peu. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 2 

Mme Benzidane, « Profession accueillante familiale » 

L'encadrement : l’équipe et la famille sont essentielles pour le bon fonctionnement 

du placement. 

La confiance entre toutes les parties est « primordial » le soutien de l'équipe en 

toute circonstance est « vital » pour préserver la famille accueillante. 

La fonction de l'hôpital est de soigner le patient et aussi de veiller à l'équilibre de 

la famille d'accueil. Le retour à l'hôpital n'est pas toujours une solution. L'équipe 

très compétente et humaine pour parer au plus urgent, recadrer le patient sans 

pour cela prendre une décision hâtive ou radicale dans l’intérêt de chacun. 

Dans mon travail, j'ai rencontré des difficultés au quotidien que j'ai réglées à ma 

manière.  

À la maison, des règles élémentaires sont instaurées pour le bon fonctionnement. 

J'ai vécu des moments intenses avec les patients qui m'ont été confiés depuis de 

nombreuses années (15 ans). Toutes sortes de pathologie : alcoolique, autiste léger, 

maniaco-dépressifs... 

Attachant, distant, en quête d'affection, en recherche de chaleur humaine tout 

simplement. Toutes les classes sociales sont touchées, toutes les professions. 

Artiste, fonctionnaire, médecin psychiatre, ouvrier, personne n'est épargné. 

Des anecdotes : des nuits blanches, des fugues, des nuits au commissariat, aux 

urgences hôpitaux, tentative de suicide, accompagnement dans une longue maladie. 

Douloureuses soit, mais il en ressort de belles leçons de vie. 

Sans domicile fixe et alcoolique : 

Dont personne n'aurait voulu.  

Ce monsieur portait dans son regard tant de souffrance que j'en étais touchée. Une 

visite à domicile pour faire connaissance. Je savais la réaction de chacun des 

membres de ma famille qui se demandait même si «  j'étais saine d'esprit ». Malgré 

tous les arguments, je ne pesais pas lourd dans la balance. Mari et enfants se sont 

ligués contre ma décision. J’ai souhaité faire un essai avant de décider. Je savais au 

fond « que j’avais raison ». <l’essai se fait, j’accepte le placement. Personnellement, 

son statut de sans-domicile fixe ne m’a pas effrayé. Ma famille « franchement oui » 

je vous laisse imaginer 

pourquoi. Le temps de faire connaissance, on passe aux choses sérieuses. 

Relooking, j’avais une journée pour épater la famille et leur prouver que j’avais 

raison. Une métamorphose garantie… Le soir venu, la réaction de chacun ne s’est pas 

fait attendre. Je n’étais pas peu fier du changement.  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 3 

Mme Benzidane, « Profession accueillante familiale » 

À ce monsieur, j’ai seulement redonné l’apparence humaine, sa dignité qu’il avait 

égarée en chemin. Il disait avoir passé ses plus belles années chez nous. Aujourd’hui, 

je dis que c’est ma plus belle réussite dans le placement A.F.T. 

Autiste que l’on croyait fugueur : 

qui en réalité était désorienté dès lors que sa trajectoire était modifiée. Il partait 

pour Paris mais ne savait pas revenir. Pendant six ans « j’ai tout essayé en vain ». Il 

y a quelques mois, j’étais sur le point de mettre fin au placement. Mais je ne baisse 

pas les bras si facilement, je n’aime pas les échecs, je suis donc donner une autre 

possibilité non explorée.  

Un dernier essai en sorte. J’ai expliqué au patient, sans être sûr d’être comprise 

que j’étais fatiguée, épuisée de passer des nuits à attendre son appel en pleine nuit 

pour aller le chercher. Je lui dis que dorénavant il fallait qu’il se débrouille tout seul 

pour revenir à la maison. Je n’irais plus à sa recherche, qu’ils demandent sans chemin 

à des passants qui lui indiqueront la direction puisqu’il  a nos coordonnées. J’étais 

décidée dans mon discours à tenir bon. Un jour, il part pour Paris… Mais à 20 h je 

vois arriver G.. Je reste sans voix. Il est là devant moi, souriant quand moi je reste 

surprise par l’exploit. Je le questionne afin de savoir comment il s’est débrouillé 

pour arriver jusqu’à la maison. 

 

 As-tu demandé ton chemin comme je te l’avais demandé ? 

 

 Il me répond : non ! Je sais revenir ! 

 

 Comment tu savais ! Et toutes ces années où je venais te récupérer. C’était 

quoi ?... Quelque chose s’est déclenché. Le temps sûrement, la patience sans 

doute, la volonté vous donne souvent raison. 

Un patient indépendant : 

N’acceptant pas les règles mises en place pour l’A.F.T. Départs violents et 

volontaires. Qu’il regrette aussitôt. Après son départ, il supplie qu’on le reprenne. 

Plusieurs départs, nous étions déstabilisés et décidons de cesser le placement.  

Mais un dernier essai accepté par toutes les parties. L’équipe a proposé un contrat à 

court terme pour que le patient ne se sente pas enfermé. 

Génial ! Aujourd’hui, le patient sollicite lui-même un contrat à plus long terme pour 

être assuré qu’il restera chez nous.  

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 4 

Mme Benzidane, « Profession accueillante familiale » 

Énormément de situations pour chaque patient, drôles quelquefois, douloureuses 

parfois. Mais toujours une issue adaptée. Les solutions se trouvent sur l’instant 

dans le calme, la sérénité pour ne pas perturber l’environnement familial. 

Une patiente fait une TS : 

Rien ne présageait un tel acte…une journée ordinaire… Le lendemain matin, étonnée 

de ne pas la voir se réveiller, je monte, frappe à sa porte, pas de réponse… J’entre 

donc. Elle dort profondément… Je ressors… Mais reviens à la charge cinq minutes 

plus tard. Étonnée tout de même. J’ai, comme un déclic et là je réalise qui se passe 

quelque chose. Je prends les mesures qui se doivent. Les pompiers, l’équipe pour la 

prévenir de la situation… Pendant ce temps, ma fille de huit ans à l’époque me fait le 

récit de la veille. Elle me dit avoir aperçu la patiente entrer dans la salle de bains 

avec des médicaments dans la main. J’en fais part aux pompiers, je fouille dans la 

corbeille de la salle de bain, trouve des boites vides. Les pompiers font un constat, 

nous rassurent sur l’état de santé de la patiente. Elle s’en sort avec un lavage 

d’estomac… Je venais d’apprendre dans cette épreuve que ma fille du haut de ses 

huit ans, observe, remarque autour d’elle les faits et gestes des occupants de la 

maison sans pour cela épier. On ne peut pas être partout, on ne peut pas tout voir, 

tout entendre. Instinctivement, elle venait de pratiquer la fonction de A.F.T. sans le 

savoir. 

Le quotidien du patient dans notre famille ou une journée type

Un règlement est mis en place, ce qui est autorisé,  les interdits, quelques menues 

tâches sont demandées aux patients. 

Participation à l’entretien de la chambre, courses, être le plus autonome possible. 

Préparation de leur petit déjeuner, dresser et desservir la table, sortir les 

poubelles, chacun sa tâche. Je sollicite leur aide le plus souvent possible. Ils 

prennent tant l’habitude qu’ils le font avec plaisir,  heureux de rendre service et de 

se sentir utile. 

Au commencement de la pratique de ma fonction, je m’étais fais un schéma bien 

structuré afin de tenir une ligne de conduite pour les futurs placements. 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 5 

Mme Benzidane, « Profession accueillante familiale » 

Les –à faire, et -à ne pas faire 

Pas d’amalgame entre ma vie de famille et ma future vie de famille d’accueil.  

Je découvre un lourd passé, je comprends et réalise pourquoi des êtres se 

fragilisent devant un tel parcours. 

Je me surprends à apprécier ma propre vie.  

-Est-ce que cela peut m’arriver ? 

-Est-ce que je saurai faire face, si je touchais le fond 

Je retrace mon passé, FLASH BACK !... 

J’ai vécu des secousses, des tempêtes aussi, des ouragans même, des cyclones 

beaucoup, tous traversés à contre courant et je suis là devant vous à vous faire 

des confidences. Aujourd’hui, je relativise en comparaison d’autres situations. 

Il faut avoir un passé pas simple pour être accueillante et pour bien comprendre 

l’autre. 

Il vous faut une dose de : maladie grave au sein de votre famille, pas une grippe 

ou une bronchite mais une belle malformation congénitale qui provoque un séisme 

de 10 sur l’échelle, dans tout votre être. 

Quand vous revenez à la réalité, vous avez subi des dégâts corporels et mentaux 

à un tel point que vous venez de toucher les abîmes. « Bienvenue à la réalité ». 

Je ne bois pas, ne fume pas, ne me drogue pas mais dans cet état, cela ferait 

sûrement du bien !!!... 

Je suis intransigeante devant tous ces artifices. Dans cette situation, c’est 

peut-être le moment d’essayer une évasion car mon corps souffre, mon cerveau 

est déconnecté de la réalit酠

Je suis en plein vol… J’ai trop de caractère, dommage, pour succomber. 

La tentation est séduisante, s’échapper, oui mais combien de temps. Est-ce que 

je saurai maîtriser la situation ? J’ai la faiblesse de croire que non.  

A cette réponse, mon fichu caractère reprend le dessus. Pas question de tomber 

dans la facilité. Je décide de prendre ma vie  à bras le corps, sans faire appel à 

ses amis qui me voudraient tant de bien  

« La médication ». 

Je nagerai à contre courant s’il le faut. Il le faudra bien mais je ne toucherai pas 

le fond mais la rive. Fini de verser des seaux de larmes, j’ai été tiré au sort pour 

vivre cette vie. Merci pour le cadeau.  

J’en ai eu beaucoup de beaux cadeaux de la vie, j’ai appris à les apprécier sous 

toutes leurs formes : du genre empoisonné, acidulé, amer ou sucré, de courte 

durée mais de tous j’ai tiré des leçons de vie qui ont fait de moi ce que je suis 

aujourd’hui. Debout devant vous ! 

8ème congrès du GREPFA France, Paris (29-30 mai 2008) 6 

Mme Benzidane, « Profession accueillante familiale » 

Mes douleurs d’hier me font compatir à la douleur des patients, en comparaison, 

je n’ose plus me plaindre. 

Sa propre douleur ne se mesure pas à la souffrance de l’autre. C’est ainsi 

pourtant que j’ai appris à relativiser. Pour se sortir du gouffre, regarder si 

l’autre est moins bien loti que vous.  

Ce parcours fait une famille d’accueil prête à relever tous les défis. 

Conclusion : 

L’intégration d’une personne étrangère à notre famille se fait naturellement.  

Un lien se créer, j’ai les mêmes inquiétudes pour mes patients lors d’une absence 

prolongée, une maladie que pour ma propre famille. Il en est de même pour notre 

entourage proche qui prend des nouvelles des patients sans distinction de parenté. 

C’est aussi cela l’accueil familial. Cette expérience nous a tous changé. 

 

 Données c’est si peu de chose 

 

 Recevoir c’est beaucoup 

 

 Humainement c’est énorme 

 

 Cela n’a pas de prix. 


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Mot d’accueil congrès 2008 

C’est avec beaucoup de plaisir qu’au nom de l’ensemble de l’équipe du GREPFA et du comité 

d’organisation je vous souhaite la bienvenue à ce 8ème congrès du GREPFA.  

Après quelques escapades provinciales, d’Annecy aux Sables d’Olonne en passant par Marseille, Lyon 

ou Nantes, nous revoici à Paris, ville chargée d’histoire et de modernité, lieu de rencontre et de 

diversité. Nos échanges autour de l’accueil familial thérapeutique, de ses indications et de ses 

évolutions y trouveront donc naturellement leur place. 

De même, nous retrouver au Centre Hospitalier Sainte-Anne pour évoquer ces questions nous a 

semblé cohérent tant l’histoire et l’évolution de la psychiatrie y sont associés. 

Le GREPFA s’est donné pour mission depuis ses début en 1986, de soutenir et de promouvoir cette 

modalité de soin originale et riche qu’est l’accueil familial de personnes, enfants et adultes, en 

souffrance psychiques. Dans cette perspective et afin de nous rendre plus accessible, l’association 

s’est dotée d’un site internet, pour partie encore en construction, sur lequel vous pourrez accéder à 

l’ensemble des travaux élaborés à l’occasion des précédents congrès du GREPFA. 

Dans la même dynamique de proximité nous nous sommes associés ces deux dernières années à des 

dynamiques plus locales ou régionales en participant à des rencontres inter-établissements autour 

de l’AFT, dans le Nord-Pas de Calais, en Isère ou à Paris, et nous souhaitons développer ces 

rencontres en les impulsant ou en les soutenant. 

Je profite d’ailleurs de cette tribune, pour vous inviter à assister, en fin d’après-midi, à notre 

assemblée générale et à l’apéritif qui suivra : nous pourrons échanger plus longuement sur ces 

perspectives et faire davantage connaissance. 

Fidèles aux traditions des congrès du GREPFA ces journées sont placées sous le signe des échanges et 

des rencontres entre personnes concernées par l’accueil familial. Après les 3 interventions 

introductives de cet après-midi, nous travaillerons demain matin en ateliers à partir des 

présentations réalisées par des équipes aux provenances multiples et aux pratiques diverses. [Merci 

de vous inscrire dans les ateliers qui vous intéresse lors de la pause de tout à l’heure sur les paper- 

boards situés dans le hall]. Afin de bénéficier du travail de chacun nous consacrerons un bon temps 

vendredi après-midi à une restitution de ces ateliers. 

Le thème qui nous réunit aujourd’hui, les indications en AFT, pourrait se décliner pour d’autre outils 

du soin en psychiatrie tant la mouvance actuelle est, au mieux, à la ré interrogation des pratiques et 

des philosophies du soin, au pire à leur maltraitance par des démarches itératives de gestion et de 

protocolisation à tout va. Dans un tel contexte de recomposition générale de la vie hospitalière, de 

son organisation, voire de ses missions, qu’en est-il de ces pratiques, a fortiori de l’accueil familial, à 

la marge du soin traditionnel, repérable, quantifiable et gérable ? 

Par ailleurs, depuis les colonies familiales et les déplacements de patients vers les campagnes pour 

vider les hôpitaux psychiatriques, l’accueil familial thérapeutique a bien évolué : comment 

déterminer aujourd’hui le caractère « positif » de l’indication d’accueil familial thérapeutique ? 

Quelles formes l’AFT prend-il en 2008 et avec quelles visées thérapeutiques ? Comment évaluons- 

nous ces indications selon que nous soyons soignants ou famille ? Qu’en pensent les premiers 

intéressés, les personnes accueillies elles-mêmes ? 

Je profite d’ailleurs de ce petit temps d’introduction pour souligner le plaisir qu’a été pour nous, au 

GREPFA, de travailler à l’élaboration de ce congrès avec les équipes de Sainte-Anne et plus 

particulièrement avec Mme Dominique Triquennaux et le Dr Alberto Velasco. Relais sans faille de 

l’enthousiasme et de l’intérêt pour l’AFT des équipes médicales et soignantes de psychiatrie du 

CHSA, je tenais à vous adresser mes plus chaleureux remerciements dès ces premiers instants de nos 

journées. 

Nous remercions également sincèrement M. Chassaniol, directeur du CHSA de nous accueillir au sein 

de ce lieu illustre ainsi que Mme Istria et son équipe à la direction de la communication qui 

contribuent également à la réussite de ces journées. 

De même nous remercions le laboratoire Lilly ainsi que les laboratoires Bristol-Myers Squibb et 

Otsuka Pharmaceutical France de leurs soutiens. 

Avant de laisser les intervenants du jour ouvrir le bal, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, selon 

l’expression consacrée, de fructueuses réflexions, et beaucoup de plaisir à celles-ci. 

Merci de votre attention. 


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